Mini-jardins et cultures hors-sol/comestible : une bonne fertilité en milieu urbain

Le milieu urbain impose souvent au jardinier de faire avec un sol bétonné ou très dégradé et du manque d’espace pour réaliser ses cultures. Je serai prudent avec l’affirmation des détracteurs de la culture hors sol qui disent que cela dénature le lien de  l’homme avec son jardin parce qu’il n’est pas en contact avec sa terre. Bien au contraire, ce type de cultures peut permettre de mieux comprendre la croissance des plantes, leurs développements, leurs comportements et leurs adaptations à des supports de cultures variées. De plus, ce type de cultures ne construit pas un homme hors sol indéterminé, mais un homme déterminé à recréer de la vie, là où il vit.

Par exemple, les « mini-carrés potager » peuvent produire sur 9 à 12 mois et permettent de mieux comprendre la « rotation des cultures » ; les « bottes de paille » qui servent de coffrage, vont se gorger d’eau et seront une sorte de tampon pour garder une humidité raisonnable sans trop chauffer ; l’évolution des cultures sur « lasagne »  ou sur une « palette » permettent de mieux mesurer la décomposition et la transformation finale en humus… Toutes ces techniques d’adaptations ont pour but de mieux appréhender la culture du potager dans un contexte urbain à péri-urbain, avant de se lancer sur de plus grandes surfaces en pleine terre (en comparant les interactions des plantes, leur croissance, la résistance aux maladies et aux attaques d’éventuels bioravageurs). En ce sens, cela permet de mieux déterminer la surface de son futur potager en pleine terre, selon ses capacités physiques, ses objectifs et le temps disponible. Ainsi, dès qu’on cultive sur peu d’espace, il s’agit d’être plus soigneux et plus ingénieux.

L'espace "agriculture urbaine" à la ferme de Paris, avec un impressionnant artichaut au premier plan.

L’espace « agriculture urbaine » à la ferme de Paris, avec un impressionnant artichaut au premier plan.

La taille standard d’un potager familial pour nourrir 5 personnes sur une année est en moyenne de 100 à 150m2 en appliquant les rotations, les successions et les associations. Justement, le défi est d’arriver à produire presque autant sur des surfaces entre 40 à 60m2. C’est le cas de Joseph Chauffrey à Rouen qui nous explique que son jardin n’a pas tant besoin d’énergie pour fonctionner par rapport à des intrants, à des traitements répétés, au travail du sol et au désherbage qu’aux nombreuses informations qu’il aura récolté au préalable pour mieux comprendre son contexte et l’énergie qu’il mobilisera. Il faut faire avec ce que l’on a, à proximité de son terrain. On le voit avec Damien Dekarz qui, en déménageant n’avait plus un accès immédiat à de la paille, et qui, pour pailler ces zones de cultures et ces chemins, a utilisé du foin, différent de la paille dans sa nature, mais qui couvre les mêmes besoins.

Les méthodes exposées permettent de mieux vivre la permaculture intégrée à l’urbain. La permaculture est une « auto 2 CV » qui marche partout, alors qu’elle n’est pas spécialement adaptée à entrer dans un circuit de formule-un » dixit Franck Nathié. C’est une réponse qui favorise la reconstruction des écosystèmes à échelle locale et vivrière, et cela est d’autant plus probant dans des contextes urbains dégradés.

Pour finir, cet article résume des méthodes et explique des cas concrets à appliquer afin de ne pas se focaliser sur les plantes que l’on fait pousser, mais pour observer comment celles-ci interagissent avec leur environnement. Il est temps d’expérimenter, d’échanger et de pratiquer comme on peut, en se donnant à 90% : le mieux est l’ennemi du bien. Chaque jardinier  aboutira à sa propre disposition de ses cultures, en gardant comme ligne de conduite l’observation de son contexte.

 


Les bases : cultures en pots

La première remarque de la culture en pots, c’est qu’elle demande un arrosage et une fertilisation plus fréquente qu’en pleine terre. De plus, le choix est plus réduit en gamme de légumes en raison d’un volume plus réduit en terre. Cependant, Il n’y a point de règle sans exceptions.

La culture en pots dans un jardin n’est pas antagoniste et contradictoire avec des cultures en pleine terre, on peut allier les deux avec une certaine réussite, comme nous le présente Georges André dans ce témoignage. Ce jardinier amateur nous prouve même qu’ils sont parfois plus adaptés pour certaines cultures. Ici, les pots sont réservés pour des pieds de tomates et des courgettes. Cette méthode de culture surélevée permet – dans certains cas – de mieux protéger les cultures sensibles à des climats humides, notamment les problématiques du mildiou pour les tomates, et de l’oïdium pour les courgettes. En outre, les plantes adventices se développant à leurs pieds ont deux utilités principales : fournir une réserve de déchets azotés, à disposer en paillage pour donner de la fertilité (passage de la tondeuse sur les orties et la consoude, récupérées dans le panier) et former une protection, comme régulateur thermique pour les pots. Les plantes plus indésirables que sont le liseron, le chiendent sont semi-grimpantes et s’enroulent autour des pots, formant un cocon protecteur ; cela évitera par conséquent le dessèchement des racines en cas de forte chaleur. Une bonne observation a permis de traiter ces problèmes comme des solutions.

Le dessèchement des racines mais aussi du substrat est la principale contrainte de la culture en pots. Néanmoins, les balcons et les bords de fenêtre ne sont pas des domaines exclusivement réservés aux pensées et autres géraniums. En prenant en compte l’exposition, les microclimats, l’arrosage, les besoins des plantes et les substrats adaptés, il est alors tout à fait possible d’y cultiver des légumes et aromatiques exigeants, voire des fruits.

Toujours à la Ferme de Paris: dans cette baignoire pousse un groseillier rose de champagne, un choux semi naturel et chicorée/blettes.

Toujours à la Ferme de Paris: dans la baignoire pousse un groseillier rose de champagne, accompagné de semis spontanées: choux, chicorées et blettes.

 


L’optimisation de l‘espace

En moyenne, un légume a besoin de 4 à 5 heures d’ensoleillement minimum par jour; pour la gamme des « légumes chauds » de type solanacées, c’est 8 à 10 heures. Pour que les plantes puissent surtout bénéficier d’un ensoleillement optimal, il faut penser à bien associer et densifier les supports et les plantes. C’est pour cela qu’il faut agencer ces cultures 3 dimensions, en prenant en compte les murs et la place au sol.

Horizontal :

Le design en « trous de serrures » permet de minimiser et de centraliser ses cultures (sur une superficie de 3m de diamètre). Tout se passe au centre et il n’est pas forcément nécessaire d’en faire le tour. On peut aussi se lancer dans la création de plusieurs zones à thème: légumes « feuilles » pour la récolte immédiate, « racines » pour la conservation (avec les pommes de terre de conservation) et les « perpétuels/vivaces » ; ou simplement de planter en association. La disposition est simple, les plantes aromatiques/salades seront plantées en bordure (récoltées régulièrement), mélangées avec les plantes fertilisatrices/pollinisatrices que sont la consoude/la bourrache (protectrice) ; celles récoltées le moins souvent seront disposées au centre : ce sont les haricots, les poivrons, les tomates, etc.

Pour cultiver aisément sur une plate-bande en trous de serrure, il faut compter 2,5 à 3m de diamètre

Pour cultiver aisément sur une plate-bande en trous de serrure, il faut compter 2,5 à 3m de diamètre

Cette zone appelée aussi « Keyhole Garden » peut accueillir en son centre, un composteur adapté. Cette technique de culture est réputée dans les pays chauds et secs, à désertique. Le tas de compost en son centre permet de garder l’humidité, de donner un amendement au sol et un engrais, pour les plantes.

Le compost grillagé ou découpé (support latte en bois récupérer et tailler) dans la structure permet d’arroser par capillarité la zone de culture et d'en améliorer son sol

Le compost grillagé ou découpé (support latte en bois récupérer et tailler) dans la structure permet d’arroser par capillarité la zone de culture et d’en améliorer son sol

Pour le montage, les incroyables comestibles étant des habitués de ce type de mise en place hors-sol nous en livrent la recette, en 5 étapes. Pour l’orientation de cette zone de culture, le trou (l’accès) sera orienté nord pour que les cultures soient exposées au sud.

Au niveau de la durabilité, on peut faire un premier bilan de la structure à partir de la 5e année. Il est peut-être mieux de privilégier la pierre selon la région, où les pluies sont violentes pour protéger cette zone de l’érosion.

  • Les mini-carrés potagers – les petits chevaux des cultures

Ce sont de mini-zones en cultures intensives. A la différence des trous de serrures, on cherche moins à implanter des cultures pérennes mais à appliquer une rotation et une succession à petite échelle. Car la « rotation » et la « succession » au potager demande une bonne expérience du terrain,justement sur une petite zone c’est le meilleur apprentissage pour se familiariser avec ces savoir-faire, en particulier avec les cultures intercalaires pour gagner en place et connaitre les besoins en soleil et en nutriments. Par exemple, un oignon, une salade et une carotte ont des profondeurs de racine, des formes de feuilles très différentes, ce qui les rend compatibles physiquement. Un mini-carré potager se divise en 9 parcelles de 40 par 40 cm dans des carrés surélevés, de 1 m 20 de côté environ. Selon le besoin et la consommation, on peut partir de 3 à 9 voire 12 carrés. Rendu célèbre en 1981 par Mel Bartholomew, un jardinier américain; le principe très simple a été amené et amélioré en France en 2003 par Anne-Marie Nageleisen (ref. « ouvrage de référence » à la fin de l’article)

Pour commencer, il faut bien planifier ces carrés par saison, voici un exemple expliqué par le centre terre vivante :

Un carré pour mars à gauche (gauche à droite et haut en bas) : navet, pois, carotte, laitue, pois, radis, persil et ciboulette, roquette, laitues; et le carré pour juin: tomate, laitue, carotte, radis, poireaux, haricots, persil et ciboulette, aubergines, haricots. ©Terre-vivante_HS.16

Un carré pour mars à gauche (gauche à droite et haut en bas) : navet, pois, carotte, laitue, pois, radis, persil et ciboulette, roquette, laitues; et le carré pour juin: tomate, laitue, carotte, radis, poireaux, haricots, persil et ciboulette, aubergines, haricots. ©Terre-vivante_HS.16

 

  • Botte de paille – une culture dans une botte de (paille)

On utilise la botte de paille comme un bac de plantation, elle est très modulable. Il faut être vigilant si on l’installe sur un balcon, il est important de disposer en dessous une bâche imperméable pour éviter toutes coulures et évacuer la botte quand elle sera totalement décomposée. C’est une culture qui n’est pas spécialement évidente du fait qu’elle  demande une préparation par amendement, durant 15 jours avant plantation.

Une botte de paille avec des cultures de choux et de tomates chez Joseph Chauffrey

Une botte de paille avec des cultures de choux et de tomates chez Joseph Chauffrey

La paille est un substrat 100% carboné et très compacté qui ne permet pas la croissance des végétaux. C’est pourquoi, il est nécessaire de l’amender en misant sur la décomposition : par un apport important d’azote (en comptant 100g par botte selon Joseph Chauffrey), les apports peuvent être des purins de plantes, d’urine et de sang séché vendu dans le commerce , suivis d’un arrosage faible à détremper tous les 2 jours ; au bout du 10e jour, dès qu’on aperçoit des points blanc et noirs (mycéliums et bactéries), le processus de décomposition est lancé comme dans un compost, la température augmente. Ensuite, on peut planter/repiquer ses plants au bout de 15 jours. Les semis sont plus délicats. Les grands avantages de ce type de cultures sont d’une part le gain précieux en désherbage car les plantes indésirables n’ont pas le temps de s’installer dans un tel support, d’autre part ce support permet à certains plants de type tomates, courges, aubergines de s’installer plus tôt (support plus chaud par la décomposition) et les semis sont moins sensibles à la fonte.

Joseph Chauffrey constate que la culture sur botte de paille n’est pas une culture si évidente, celui-ci nous dit qu’elle donne de bons résultats pour les courges et les tomates mais non pour les pois et autres légumes racines.

 

Vertical :

  • Les mini-murs végétaux : la palette

C’est une installation incontournable en jardin urbain.

Elles sont souvent laissées ici et là et sont faciles à récupérer. Il sera idéal de les trouver « lourdes » en format standards, de 80 cm de l et de 1m20 de L. De surcroit, on peut appliquer un traitement résistant à l’humidité, en appliquant deux couches de lasure bio à l’extérieur comme à l’intérieur. Vigilance toutefois à ce qu’elle soit de provenance européenne, étant donné que le bois est non traité (du même acabi que le recyclage du carton pour le compost et les lasagnes).

Durant la phase de montage :

– On dispose de deux type de bâche, le géotextile « film frein vapeur » (texture respirante où l’eau peut s’évacuer) qui maintiendra la terre et sera disposée d’une part et d’autre de la partie centrale et une bâche étanche à mettre derrière, si cette structure doit être adossée à un mur, pour le protéger de l’humidité.

– On arrose tout le support, on peut disposer deux tubes en PVC aux deux extrémités de la palette (en bouchant le tube pour éviter que l’eau ne s’échappe) et tous les 5 cm, on perce des petits trous. Les tubes se placent avant la mise en place du substrat.

Croquis d'une palette de culture_©Terre-vivante_HS.16

Croquis d’une palette de culture_©Terre-vivante_HS.16

– Pour le remplissage et le choix du substrat : un bon mélange terreau/compost. On arrose avant et pendant le remplissage, car la palette s’assèche vite avant la mise en fonction des tubes PVC.

– On attend une semaine avant de la redresser, afin que la terre se tasse bien et que les plantes prennent racine. Pour la disposition, il est aisé de s’aider d’un diable pour la bouger.

Même jeu, même couleur, que pour la composition de la spirale aromatique. En haut de la palette, il sera disposé des plantes pour temps sec ayant besoin d’un enracinement profond comme les poivrons, les tomates cerise, etc. Les plantes réclamant plus de fraicheur, aux systèmes racinaires plus superficiels que sont les radis, les fraisiers et autres laitues, les aromatiques et les fleurs annuelles (tagètes, capucines, etc.) seront associées et disposées en dessous, sans placement précis. Enfin, on n’oublie pas le cutter à la plantation pour faire la croix, et planter dans le film.

On peut en réaliser plusieurs et jouer ensuite au lego, en les disposants dos à dos ou deux par deux, les agencer pour marquer des angles ou juste séparer des espaces. De mon côté, j’ai une préférence pour le montage en « cascade ».

Un montage de palette de culture_©Terre-vivante-Carine-Mayo

Un montage de palettes de cultures_©Terre-vivante-Carine-Mayo

Ce schéma en « cascade » nous incite à cultiver à différentes hauteurs pour une bonne répartition de l’ensoleillement. A titre d’exemple, les paniers suspendus avec des associations : fraises et menthes, des balconnières peuvent accueillir des petits radis et si elles sont assez profondes (à partir de 10 cm), on peut tenter la culture de panais, de betteraves en semis alignés, associée à des laitues et des roquettes (attention au coup de chaud)

  • Les tipis

Ces structures sont adaptées à toutes plantes grimpantes et chez les légumes, on peut nommer en particulier les haricots à rame avec les variétés ‘Melissa’ (très bonne en goût) ou ‘Fortex’ (très productive) et des concombres, et bien d’autres. De plus, on peut concevoir à plus grande échelle une véritable maison de feuillages, la hutte des contes de fée à la Peter Pan, – « une cabane-tonnelle » selon les mots de Michel Beauvais, entre l’ornement pour le jardin et l’abri pour les enfants.

Tipi-plantes_Schéma_DIY

Pour la confection de ces tipis, je conseille les bois de bambou, de saule et de noisetiers, car ces bois sont solides et souples. Les tuteurs se récupèrent partout. Pour le bambou, Je conseille par exemple de réserver une place dans son jardin pour une « bambouseraie », si les barrières anti-rhizomes sont correctement installées, il n’y pas de risque d’empiètement de rhizomes, il s’agit simplement de tailler régulièrement à la base. Il faut distinguer les variétés à racines semi-traçantes ou cespiteuses, pour la gamme des Fargesias et les traçantes, pour les Phyllostachys. Ensuite pour les noisetiers, on récolte les cannes après recepage (taille de la cépée) à la sortie de l’hiver tous les 3 ans. Enfin, le saule se taille aussi en recepage, il est conduit en trognes (cépée en hauteur) on récolte ce dernier en plein hiver, pour les stocker à l’abri. Ces espèces citées permettent de réaliser selon moi tous types d’armatures : pergolas, palissades, arceaux pour mini-tunnels et cloches en guise de protection anti-froid au potager.

 

Les haies bien fournies et taillées au bon moment sont de véritables structures pour faire monter des plantes jusqu’à être des pistes d’atterrissage pour certains légumes/fruits.

Certaines haies sont de très bon support pour des cultures annuelles.

Certaines haies sont de très bon support pour des cultures annuelles.

 

  • Stère de bois
Un voisin inspiré avec sa stère de bois, pour faire monter des cultures de courges, de haricots et de capucines.

Un voisin inspiré avec sa stère de bois, pour faire monter des cultures de courges, de haricots et de capucines.

 

  • Arbre à pots
L'arbre à pots de Kurt Forster

L’arbre à pots de Kurt Forster

On empile des pots de même format mais de taille différente, ceux-ci sont maintenus à l’aide d’une tige métallique qui traverse les pots. Toujours la même logique de plantation que pour la spirale, en haut, les plantes qui aiment la chaleur (plantes méditerranéennes) et en bas, les plantes qui affectionnent l’ombre et l’humidité (menthes, ciboulettes, etc.)

 

  • Gabions de légumes ou sac potager
Le gabion de légumes de Kurt Forster

Le gabion de légumes de Kurt Forster

Cette structure est adaptée pour les terrasses en rez-de-chaussée en raison d’un poids important. Un cadre de 4 grilles métalliques assemblées, le tout recouvert d’un film solide que l’on remplit par un mélange terre/compost ou terreau. Le support illustré dans l’image ci-dessous est d’une surface de 70cm de diamètre environ, pour une hauteur de 1m.

Ces gabions peuvent aussi  être en forme ronde. On peut intégrer au cœur de la structure, une colonne d’irrigation composée de billes d’argiles. La structure est toujours maintenue par un feutre géotextile et un grillage. Cette technique de sac potager à colonnes d’irrigation a fait ces preuves dans les pays dit « du sud » pour nourrir les populations des bidonvilles et mise au point par l’ONG Solidarités internationale qui a créé un jardin potager permettant de multiplier par 8 à 10, la surface cultivable. En voici le manuel technique.

Dans le bidonville de Kiberan au Keyna, en 2012, Geoffroy de la Tullaye et son frère Loïc en rapportent un compte rendu intéressant pour surligner l’importance de ces cultures, quand l’accès à l’eau est très fortement limité.

La tour végétale à lombricompostage. Le premier bac contient des vers de terre. Les vers de terre dégradent les déchets déposés à la surface du bac et transforment ceux-ci en terre riche. Une autre manière de recycler ces déchets quand il manque de la place pour un composteur.

La tour végétale à lombricompostage. Le premier bac contient des vers de terre regroupés dans une colonne de lombricompostage où sont déposer les déchets. Les vers de terre dégradent et transforment les déchets en terre riche. Une autre manière de recycler ces déchets quand il manque de la place pour un composteur.

Vous trouverez d’autres idées, ici. Je vous conseille d’en sélectionner une, réalisable selon vos moyens.

 


Favoriser les microclimats

Historiquement, c’est entre le XVIIe et le XIXe siècle qu’on développe des jardins en micro-climat. A l’époque, des jardiniers-agronomes chercheurs comme Jean-Baptiste de La Quintinie, créateur du potager du roi à Versailles qui expérimente un certain « contrôle de la nature » par une approche intelligente et non polluante. Il met en place alors, des « jardins clos en chambre ouverte » dans le but de cultiver des fruitiers venant de tous climats (à cette époque non mondialisé, c’est à l’échelle des différentes provinces du royaume de France), en ouvrant une sorte de cabinet de curiosité en plein-air. Ce type de jardins est dessiné avec un mur d’enceinte extérieur et à l’intérieur, on multiplie d’autres murs. On peut évoquer à ce sujet d’autres exemples de jardin de ce type, implantés à ces périodes que sont les « murs à pêches à Montreuil », « les jardins maraichers de la petites ceinture » au XIXe avec les  fameuses cultures sur couche chaude ou « le jardin Salomon » à Thomery près de Fontainebleau avec la production du raisin de table : le « Chasselas ». Emile Michel en 1909 décrit dans son livre Forêt de Fontainebleau dans la nature, dans l’histoire, dans la littérature et dans l’art qu’on comptait jusqu’à 300km de mur au plus fort de la production. Ces fameux murs jouaient et continuent à jouer un rôle d’accumulateur thermique en emmagasinant le rayonnement solaire en journée et redistribuant la chaleur durant la nuit.

Cette mise en contexte historique nous permet de mieux comprendre l’impact positif des murs, si on sait comment les exploiter. En effet, la mise en place de stratégie en micro-climat dans les jardins a pour but d’allonger les saisons ou de hâter les semis et de protéger les plantes des extrêmes froids et de la chaleur. Par conséquent, on améliore la résistance des plantes aux aléas climatiques : météo et bio-agresseurs.

Des supports pour tous types de plantes grimpantes, sur la maison

Des supports pour tous types de plantes grimpantes, sur la maison

En résumé sur l’exposition, les façades exposées « sud » et « est » accueilleront davantage les plantes grimpantes « caduc comestibles », les fruitiers en espalier/fuseau que sont les poiriers et les pommiers, ainsi que les rosiers et les figuiers par exemple. Les façades exposées « nord » et « ouest » accueilleront de leur côté davantage les plantes grimpantes « persistante feuillage », comme le lierre et la vigne sauvage. Ainsi à titre d’exemple, sur une façade sud, on peut tendre des câbles entre les fenêtres pour faire courir du raisin de table, des kiwis et des kiwaïs, des concombres, des courges, etc. 

Dans les climats méditerranéens, les plantes grimpantes comme le lierre et la vigne sauvage peuvent être intéressantes à planter pour grimper sur des murs, étant donné que ceux-ci, recouverts de végétation, améliorent sensiblement le micro-climat  en refroidissant l’air chaud et en humidifiant l’air, tout en offrant de nombreux refuges pour les oiseaux, les papillons et les autres pollinisateurs. En face de ces murs, sur la pergola, on peut faire monter de la  vigne de table qui s’acclimate très bien avec des kiwis/kiwaïs.

Joseph perfectionne les micro-climats dans son jardin avec la pose de ce miroir

Joseph perfectionne les micro-climats dans son jardin avec la pose de ce miroir

Le jardin de Joseph Chauffrey est assez ombragé et le peu de rayons de soleil doit être canalisé. De ce fait, ce dernier a installé un miroir qui permet de renvoyer une partie de la lumière sur les légumes ou végétaux demandant beaucoup chaleur, comme les poivrons et les physalis.

 

Par ailleurs, d’autres ressources peuvent valoriser les micro-climats, j’apprécie les « pavés napoléons » qu’on peut trouver en grand nombre et qui sont extraordinaires pour tempérer le climat. En raison de leur densité, ils ne surchauffent pas la terre et gardent bien la chaleur la nuit.

 


Récupération : des substrats et des contenants. Ton jardin est aussi une quincaillerie

 

Le jardin doit être ludique et non un simple espace à entretenir parce que devenu trop envahissant. La récupération au jardin va dans cet esprit permaculturel où tous les déchets doivent être transformés en ressources pour égayer et apporter un autre regard sur le jardin. Avant de passer en jardinerie, pour un oui ou pour un non avec sa famille, on peut regarder ensemble autour de soi ce dont on dispose et ce qu’on peut fabriquer.

Au bureau ou ailleurs, les cartons usagés et autres objets du quotidien sont très faciles à récupérer. Les sacs de billes d’argiles onéreuses peuvent être remplacés par des gravats ; l’eau de cuisson (aliments riches en nutriments) est à garder pour arroser les plantes quand elle sera revenue à température ambiante et les caisses de polystyrène récupérées chez le poissonnier sont de très bon supports pour composteur d’intérieur (maintient l’humidité de celui-ci).

Toujours à la Ferme de Paris: Voici un système de butte surélevée sur palette. À l’intérieur, des planches en bois plastifié centralisent et ramènent l’eau à la gouttière. Pour les plantes, on aperçoit des fougères, des ciboulettes, des radis d’hiver qui se sèment toutes les 2-3 semaines.

 

 Les substrats

Les sacs de terreaux et de terre végétale des jardineries sont chauffés afin d’éliminer certains éléments pathogènes et autres nuisibles de type vers blancs, vers gris, hannetons, taupins, etc. Cependant, on tue aussi tous les organismes vivants qui décomposent la terre.

C’est pour cela que j’encourage à créer son substrat. Certaines plates-formes de recyclage où des fermes bio fabriquent leurs substrats, le substrat en vrac provenant de ces lieux peut revenir moins cher que des sacs de terreaux provenant de jardinerie.

– Le mélange idéal classique pour tous types de contenant : 1/3 de bonne terre de jardin (la meilleure est celle soulevée par les taupes) selon la disponibilités de celle-ci et 2/3 de compost.

C.Gatineau_vdt– Pour avoir du compost en intérieur, certains jardiniers utilisent le système de « compost à deux chambres » qui nécessite une boite polystyrène assez longue, min 50cm de L. Une première chambre est réservée au compost mûr et la deuxième pour les déchets de cuisine : fruits, marc de café, etc. Quand le 2e bac est plein, on applique la rotation et ainsi de suite pour remplir vos pots. Le polystyrène aux parois épaisses isole bien et favorise le développement des organismes décomposeurs : les vers de terre endogés et épigés en maintenant la matière légèrement humide – La texture d’un compost se doit d’être comme une éponge après essorage.

Créer son substrat : à quelle sauce ta lasagne ?

On vient d’acquérir un terrain et au premier regard, le sol n’est pas disposé à accueillir des cultures. En raison de la présence de gravats avec quelques dalles de béton disséminées qui ne proposent que des conditions de réverbérations extrêmes et de surchauffe imprévisible et d’un sol qui est peut-être pollué ? On n’a pas le temps d’analyser sa terre ou de mettre des stratégies de dépollution dans l’immédiat (les sols urbains sont deux fois plus chargés de métaux lourds que les sols agricoles) et on souhaite commencer à produire sans s’arrêter de respirer. La « culture en lasagne » est une solution pragmatique et incontournable pour commencer à cultiver en s’adaptant à tout type de terrains et permet, les années suivantes, d’apporter de la matière organique au terrain par épandage. C’est-à-dire que les premiers supports serviront de distributeurs de substrats pour d’autres cultures et pour recréer du sol (biomasse) destiné au terrain que l’on prélèvera sur le support au bout de la deuxième année quand celui-ci commencera à s’affaisser. Il est intéressant alors de créer plusieurs lasagnes pour coloniser un espace dégradé.

La lasagne se fait généralement en « andain » qui va se décomposer progressivement à l’instar d’un compost. Après le montage, on pourra immédiatement planter et repiquer les plants sur un peu de terre – même de mauvaise qualité – en haut de la lasagne. On pourra disposer au bout de quelques mois d’un sol très fertile et humifère assez rapidement.

Matériaux pour une culture en lasagne_©Terre-vivante_HS.16

Matériaux pour une culture en lasagne_©Terre-vivante_HS.16

D’autres informations sur cette technique, ici.

*Quelques conseils :

Où se procurer les matériaux ? En cherchant dans les plates-formes de recyclage intercommunales de ce type, demander au voisin ses feuilles mortes et ses déchets de tontes, amener ses déchets de cuisines en grande quantité ;

– La taille de la zone de culture fait environ 1m20-30 de large et 40 à 50 cm de hauteur. On peut disposer des rebords (botte de paille, buches, planches, etc.) pour mieux garder l’eau et éviter un affaissement trop rapide ;

– Pour le montage,  on respecte une alternance des matériaux verts et bruns, par couche de 10cm maximum.

Mini-culture en lasagne. Chantier participatif avec la revue limite_Aout-2017

Mini-culture en lasagne. Chantier participatif avec la revue limite_Aout-2017

– On peut recycler des matières qui ne sont pas spécialement évidentes à la décomposition dans un petit compost domestique et les disposer entre les couches, comme la litière des animaux, les branchages non broyés mais coupés, les terres argileuses ou du sable, les résidus de bassin. il est bien également de rajouter un peu de matière argileuse, bentonite et litière naturel (Zeolithe) qui donnera du minéral et stabilisera le complexe argilo-humique favorisant la rétention d’eau.

– On arrose régulièrement entre les couches

– Pour la simple raison qu’il n’y a pas d’échange avec le sol, il faut constamment apporter de la matière organique en surface, pour alimenter la micro et macro-faune, tous les ans.

– On peut les faire dans des pots et des bacs


On peut remarquer les premières années que les légumes qui s’épanouissent le mieux sont ceux de types « fruits » et « feuilles ». On peut implanter des arbustes, néanmoins il faudra choisir ceux à racines traçantes ou fasciculés, comme le cassis et autres petits pommiers ou poiriers domestiques, en « fuseau ».

* Addendum : Pour les couche vertes au milieu (4e couche) les engrais verts de type consoude, ortie et Bardane sont vraiment les bienvenue pour activer la décomposition. Pour les repères de terrain, une lasagne mesure entre 40 et 50 cm de haut (ce qui fait 8 couches de 5cm sans tasser). Pour la plantation : on repique directement, en ajoutant du compost mûr (min 9 mois) ou terreau. On repique à 40-50cm selon les espèces. On peut maintenir cette lasagne comme certaines buttes, par des bordures en plessis ou pas.

 

Les contenants

Le choix du matériau aura une influence non négligeable sur la condition de croissance des plantes. Quelques règles en résumé :

– La terre cuite est de loin la plus esthétique, cependant c’est un matériau poreux qui tient assez mal l’eau en l’absorbant et ne la restitue pas correctement en capillarité (mais certaines matières du même genre sont constituées d’argile ont une meilleure capacité à restituer l’eau avec les oyas. En effet l’arrosage doit être plus régulier et la terre cuite est fragile au gel.

– « Le plastique c’est fantastique » comme dirait la chanson, parce qu’il est plus léger et facile d’entretien mais à l’inverse, il chauffe très vite et peut brûler les racines tout comme le métal qui est à proscrire dans ce genre de cas. Cela joue bien entendu avec les couleurs des potées, une teinte foncée absorbe davantage le rayonnement ce qui augmente la chaleur et le dessèchement du substrat. Pour éviter cela, en prévention, le recyclage du polystyrène pour isoler les parois internes de vos contenants est efficace.

– Le composit : C’est un bon équilibre suite aux problématiques exposées et qui en résout certaines comme la résistance au gel, la solidité, la légèreté.

D’autres contenants

En y ajoutant un peu de folklore, on peut utiliser une grande diversité de contenants, comme les mini-bag à big-bag de chantier, les sacs de riz, les caisses ou corbeilles tapissées, les emballages et les bidons, les bassines, les caisses en bois, les grandes boites alimentaires, les auges et autres baignoires, tout est possible selon les goûts de chacun et les contenants disponibles.

Des pneus pour plein d'usages

Des pneus pour plein d’usages

Un pneu peut avoir plusieurs utilités, aussi je conseille de les garder. La culture sur pneu est loin d’être esthétique, toutefois elle est très utile. Le pneu permet de créer des lasagnes et autres petits massifs dans de petits espaces, ressemblant aux tours à pommes de terre. Il emmagasine la chaleur et crée un micro-climat ; on peut l’installer pour protéger les troncs des arbres fruitiers quand on passe un rotofil ou quand on élève des poules qui peuvent grignoter vos amendements, disposés au pied.

Par ailleurs, il est préférable selon moi de ne pas utiliser trop de petits contenants, mais d’en utiliser des plus grands (plus de 30 cm de diamètre en moyenne) : ils se dessèchent moins vite, ils peuvent contenir plus de terre, ils stockent mieux l’eau et les nutriments et favorisent un sol humifère, si on paille généreusement. Ensuite, l’entretien est plus limité et on est moins dispersé, enfin, on peut planter plus diversifié et plus densément. En ce qui concerne les profondeurs : une salade a besoin de 15-20 cm, une carotte 25cm et les légumes chauds (aubergines, tomates, courgettes, etc.) ont besoin en moyenne de 30 à 40cm.

Tout est adaptable, Kurt-Forster

Tout est adaptable, Kurt-Forster©

Encore plus adaptable, Kurt-Forster

Encore plus adaptable, Kurt-Forster©

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La palette végétale, ma sélection

L’idéal est d’opter pour le tout comestible, des baies aux petits arbres en passant par les arbustes, jusqu’aux fleurs et aux légumes perpétuels. Un élément remplit plusieurs fonctions et inversement ; en effet, ces végétaux doivent être également mellifères et esthétiques.

Bases et autres conseils

On taille avec modération les plantes à l’automne pour qu’elles puissent s’économiser en hiver, au printemps on les rempote et on les taille pour stimuler la croissance. Au « rempotage », je préfère le « surfaçage » en rajoutant du compost en surface et en disposant un paillage léger, à la sortie de l’hiver. Le terreau trop desséché peut se mettre au compost.

Les plantes méditerranéennes n’ont pas besoin d’une terre de très grande qualité, il faut veiller à ce que les plantes soient bien drainées avec du sable (un pour deux de terre)

Les plantes acide comestibles : les myrtilles, les airelles, les canneberges et chez les ornementales : les azalées, les hortensias, les rhododendrons etc. ont besoin de « terre de bruyère » mais si on désire ne pas passer en jardinerie, on peut très bien prélever de la terre sous les résineux et se servir des épines (pour le paillage). Le fumier de bovin (lisier) en faible quantité, si disponible, fait un bon substrat acide.

– Il n’est pas forcement utile de tailler les  légumes, surtout si on ne gère pas une exploitation professionnelle (qui cherche à avoir de plus gros légumes) et qu’on a besoin de maximiser la production sur une petite surface. A ce sujet, les fameux « gourmands des tomates » dont la définition n’est pas exacte donnent des fruits. Les tomates non taillées sont plus résistantes au mildiou et autres maladies, voici le témoignage de Gilles Dubus ici.

 

Le kiwi si vigoureux, photo pépinière Atmosvert

Le kiwi si vigoureux, photo pépinière Atmosvert (FR, Creuse)

Ma sélection de plantes :

– d’été (à planter au printemps): tomate, basilic, tagette, amarante et capucine. Des pots suspendus avec des tomates, fraisiers, et des haricots d’Espagne avec la baie de mai (Lonicera kamtschatica) pour les grands pots.

– grimpantes : Avant toute chose, il est intéressant de discerner quelle plante pour quel support ? D’une part, nous avons les plantes en « vrilles » dont les tiges forment de petits fils qui s’accrochent sur des supports ronds, représentées par la passiflore et les cucurbitacées, etc. ; d’autre part, les plantes « volubiles » dont les tiges poussent en mouvement concentriques, ce qui permet de s’enrouler facilement sur leur support, représentées par le haricot, l’Ipomée, le kiwis/kiwaï, etc.; ensuite, les « lianes » dont les tiges sont munies de ventouses ou de crampons pour s’accrocher, représentées par le lierre, la vigne sauvage, l’hortensia, etc. et enfin, les « plantes à palisser », que sont le rosier, la ronce avec ou sans épines (Rubus fructicosus), le jasmin, etc. et qui ont besoin d’un support.

Voici ma sélection pour les légumes annuels : les pois, les haricots à rames en particulier le ‘Melissa’, ‘Fortex’, d’Espagne (le haricot est un fabacée dont la particularité est de fixer l’azote de l’air dans le sol, grâce à une symbiose végétal-bactérie qui est bénéfique pour les cultures à coté), les concombres, melons et petite courges ‘baby boo’, ‘sweet dumpling’, ‘délicata’, pour faciliter la cueillette.

Pour les fruits : la ronce fruitière ‘Thornless Evergreen’ (elle est dépourvue d’épine et n’est pas drageonnante) ; les kiwis et les kiwaï (prudence, la liane est très vigoureuse et peut devenir envahissante et aussi résistante qu’une glycine) ; Le raisin de table : ‘Perdin’ et ‘Zilga’, ces deux variétés sont très bonnes à la bouche et particulièrement résistantes aux maladies d’origine cryptogamiques (mildiou, oïdium). Dans les plantes grimpantes insolites, notons la liane chocolat ou akébie à cinq feuilles (Akebia lobata), le fruit est quasi introuvable dans le commerce, elle est vendue comme plante ornementale volubile et ligneuse (les mêmes propriétés que la passiflore) mais son fruit est comestible, il est blanc à pulpe bleue. Dans un gout plus salé, la christophine ou chayote (Sechium Edule) originaire du Mexique, elle a besoin de beaucoup de soleil et préfère les vérandas ou mini-serres, elle est très rustique et peut donner des dizaines de kg de fruits sur un seul pied.

Les bonnes alliances à coté des murs : Murier sans épines avec tomates cerise ‘petit moineau’, Murier à épine qui permet d’accrocher les haricots à rame ‘mange tout’ et Raisin ‘Perdin’ et ‘katharina’.

Pour les fleurs, on peut garnir avec de la capucine grimpante (annuelle, elle dure une saison et toute la plante est comestible), le volubis ou ipomée (annuel), la clématite à fleurs de préférence des montagnes (Clématis montana) et la clématite des haies (Clématis vitalba) mais attention elle peut devenir envahissante, le chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum), l’hortensia grimpant, le jasmin, la passiflore, le houblon, le pois de senteur qui peut être bisannuel (durer deux saisons), les vignes vierge japonaises (du vert clair au printemps au rouge feu à l’automne) et l’incontournable lierre qui pousse partout et sous toute exposition.

– pour les parties à fortes chaleur (réverbération) : Dans les pots, on peut cultiver des légumes qui aiment la chaleur : le physalis, le melon, ainsi que les premières tomates précoces, la tomate cerise semi-grimpante, avec un coup de cœur pour la « miel du Mexique », qui apprécie particulièrement ces conditions.

– faciles à cultiver : les légumes perpétuels : le chou Daubenton, la ciboule de Saint-Jacques, l’oignon rocambole, le poireau perpétuel, la rhubarbe, la livèche (attention à l’étalement de ceux-ci) ; les salades à cultiver toute l’année comme la laitue (la ‘feuille de chêne’ supporte bien la chaleur), la roquette, la mâche, la chicorée et la batavia (la ‘romaine’ supporte bien la chaleur); le radis est très facile à cultiver avec des variétés pour chaque saison, il se glisse partout au pied des salades et des haricots.

– d’association : La tagette, le souci et la capucine pour combler les trous et apporter de la couleur ; Le basilic et le persil au pied des tomates ; la salade et le radis ; les liliacées : l’oignon et l’ail à planter en densité, au pied des concombres et des tomates pour chasser les maladies cryptogamiques. Cependant, il est prudent de ne pas prendre comme argent comptant, les associations résumés dans les livres en particulier dans celles dit « allopathiques ». Jérome Boisneau dans sa pratique du maraichage pense qu’il faut prendre en compte la réalité: « dans le temps et dans l’espace ». En effet,les plantes ne poussent pas à la même vitesse et elles n’ont pas le même étalement au sol et au niveau du port. De plus, la réalité est à prendre en compte au niveau de la récolte.

– couvres-sols : le pourpier (comestible), le cresson (comestible), le physalis (fruits comestible), le lierre, le lamier (tous comestibles) la pervenche et la menthe. Ils couvrent les sols et retombent en cascade sur les pots. La rhubarbe pour créer des impacts.

– à tout faire : le trio fantastique que forment la consoude, l’ortie et la bourrache. Elles sont toutes les trois fixatrices d’azote, mellifères et comestibles. On peut en faire du purin, on peut s’en servir en paillage et elles offrent bien d’autres utilisations…

– de fruitiers adaptés : il faut privilégier les formes « fuseau » ou « espalier » et être vigilant à ce que le porte greffes soit adapté au sol et à sa profondeur. En l’occurrence avec une bonne exposition, je privilégie en ville l’abricotier, le figuier, le poirier/pommier. Il faut respecter les 10cm de distance entre le mur et la plante au moment de la plantation.

– de haies pour association avec grimpantes: Je privilégie les arbustes à petit feuillage supportant bien la taille, fixateurs d’azote et polinisateurs : chalef (Eleagnus X ebbingei), arbre aux fraises (Arbutus unudo), abélie à grandes fleurs (Abélia grandiflora), berberis, cotoneaster franchetti, lavandula, pittosporum tobira, Photina x fraseri, Lonicera nitida, Aronia arbutifolia et la famille des Ilex.

un récupérateur d’eau de 200L permet d’arroser des surfaces jusqu’à 60 à 100m2 si bonne gestion de l’eau.

un récupérateur d’eau de 200L permet d’arroser des surfaces jusqu’à 60 à 100m2 si bonne gestion de l’eau


 

Si vous avez des questions et des retours d’expériences; n’hésitez pas à laisser un commentaire, ci-dessous.

 

Sources article :

Magazine Les 4 saisons du jardin bio (ed. terre vivante); Joseph Chauffrey : Mon petit jardin en permaculture (ed. terre vivante); Carine Mayo : guide de la permaculture au jardin (ed. terre vivante) et Permaculture en Ville de Toby Hemenway

 


Pour aller plus loin, autres pistes

Ouvrage de référence :


 

Je cultive en lasagnes partout et toute l’année de Brigitte Lapouge

Potager urbain de Nicolas Bel pour l’entreprise Topager qui conçoit des projets sur toit

Cultiver ses légumes hors-sol, guide pratique du potager productif en ville de Yohan Hubert pour l’entreprise Sous les Fraises, pour des projets également sur toit des galeries Lafayette et du BHV

Je démarre mon potager bio de Jean Paul Thorez

Le potager en carrés, la méthode et ses secrets de Anne-Marie Nageleisen

– Le manuel des jardiniers sans moyen de Eric Pradine pour la SCOP SaluTerre

– Le jardin urbain de Nicolas, pour la chaine youtube « Autrement », ci-dessous :

Lieux (associations et entreprise, fermes, particuliers) & Retour sur expérience


– La ferme de Paris : Située dans le bois de Vincennes, la ferme de Paris est une exploitation de 5 hectares. Elle se veut  avant-gardiste sur l’approche permaculturelle et s’inscrit dans le programme « nourrir Paris » initié par Mme Penelope Komites. Plus d’info, ici.

Bio-T-full : une association en agriculture urbaine à Nantes proposant des ateliers à thème sur l’aquaponie, le recyclage, le compost et  la fabrication de supports de cultures, etc.

L’aquaponie est un système qui demande un certaine exigence au niveau de l’entretien, cependant elles offrent un grand potentiel en culture résiliente en circuit fermé permettant de cultiver des végétaux et d’élever des poissons simultanément. Les déjections des poissons servent d’engrais pour les végétaux et les végétaux servent de filtre pour l’eau des poissons. Si vous passez à coté d’Anger, n’hésitez pas à rencontrer Valérie installée à Morannes depuis 26 ans qui dirige la ferme aquacole d’Anjou couvrant 25 hectares de bassins (les légumes poussent sur des billes d’argiles, les bacs sont équipés de siphon, qui se vide régulièrement quand l’eau arrive à un certain niveau, dans le but d’éviter l’asphyxie des racines) qui fonctionnent en circuit fermé.

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De plus, Valérie me faisait part que les plantes sont toutes plus ou moins phyto-épuratrice même dans la famille des légumes.

ville résiliente : Réflexions sur les villes résilientes et permaculturelles.

Pépins Productions : une association qui installe des pépinières de quartier à Paris, pour contribuer à la végétalisation.

– Les classiques : La fédération nationale des jardins familiaux et les jardins partagés (et le portail: jardinons ensemble)

Prêt de parcelles à jardiner en échange de production alimentaire : pretersonjardin.com, plantezcheznous.com et jepartagemonjardin.fr

– Réseau social et d’échanges: recrutement, chantiers participatifs, stages et bénévolats dans toute la France: fermes d’avenir

Association de végétalisation avec les habitants,  par la plantation de haies et d’arbres fruitiers : haie-magique et  vergers urbains

Un potager urbain en fonction, un exemple parmi tant d’autres, c’est ici dans le 15e à Paris.

– Un mini-potager hyper-productif sur un balcon. Hervé Chabert a fait pousser en 2017 plus de 150 variétés de légumes, plantes aromatiques et médicinales avec quelques arbustes ornemental et fruitiers sur un balcon de 30m2.

– Les projets sur les toits, les références: Sous les Fraises et Topager

– Une forêt-jardin sur balcon avec Franck Nathié en produisant dans le même pot 12 plantes comestibles, retour sur expérience.

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