Au jardin résilient : principes permaculturels, bon sens et astuces

 

Principes résilients pour mieux appréhender la permaculture


 

Le jardinier peut commencer et mettre en œuvre des solutions à petite échelle sur une petite parcelle à défricher en pleine ville et périurbaine, avant de partir en campagne. Cet article à pour but de valoriser le petit et le bon sens qui revient naturellement au gout du jour du fait que la fin de l’énergie à bas prix, favorisera mécaniquement des systèmes à petites échelles qui pour appréhender la permaculture, et de la rendre abordable de par des méthodes de résilience sur vos terrains :

– Une petite surface bien gérée limite les besoins en fertilisant  (l’utilisation des déchets organiques suffit)

– On utilisera les outils moteurs plus rarement

Ce n’est pas la taille du terrain qui en fait sa production mais la qualité d’informations qui inspirent sa conception et les soins qu’on va y apporter. Comme le constate Joseph Chauffrey, 1m2 de potager bien soigné peut offrir 10kg de légumes quand la moyenne est aux alentour de 3kg !

– Quand on fera l’acquisition de plus grandes terres, le but est au final de réintroduire des mécanismes forestiers et un système de cultures régénéré par l’humus. Dans une forêt, il n’y a pas d’engrais, ni de biocides et malgré une forte concurrence entre les plantes, le jardinier peut aider à développer la complémentarité entre les strates arbustives pour créer sur le long terme des espaces nourriciers et régénératifs :

Il faut au moins dix ans pour qu’une prairie devienne un taillis dense (les pionniers en surnombre: saules, ronces, bouleaux et frênes) et vingt à cinquante ans pour qu’elle évolue en forêt comportant les essences plus nobles : chênes, hêtres, charmes et châtaigniers qui bénéficieront d’un terrain propice grâce au taillis.

La permaculture n’est pas une extraordinaire technique de jardinage, c’est une méthode visant la conception progressive d’environnement plus durables et plus vivables : les jardins, les terrains agricoles et forestiers à se régénérer, à se réconcilier entre eux pour créer in fine des écosystèmes résilients où l’être humain et la nature sont en harmonie : l’ »économie symbiotique » d’Isabelle de Lanoix ou l’« écononomie vivante » selon Patrice Valentin. On observe, on comprend, on questionne, on sait se désarmer face à la nature pour mieux l’écouter  et trouver les stratégie pour la régénérer et éviter de tomber dans le piège de l’immédiateté actuelle.

Finalement, on mettra en place des paysages comestible mais aussi vivrier. Le but du jeu est d’arriver à aménager des lieux avec des méthodes simples et peu coûteuses. La véritable permaculture exige de ne rien exporter et importer : tout le vivant présent est valorisé et utilisé. Ainsi, le bois qui a poussé dans un sol doit, de préférence, ne pas être exporté et sa matière organique doit, dans la mesure du possible, retourner au sol qui l’a vu naître (même si je n’ai pas de broyeur pour créer du BRF, les branchages seront utilisés pour faire des clôtures, des cabanes, des silos ou pour le barbecue…).

Extrait d’un entretien avec Xavier Mathias sur son ouvrage « Le temps du potager : de la culture bio à la permaculture » (Éditions Flammarion).

Pouvez-vous expliquer la permaculture et préciser si les deux pratiques permaculture et jardins biologique sont interdépendantes ? Par ailleurs, vous semblez un peu irrité par la vague médiatique de la permaculture qui est systématiquement intégrée à tout sujet en lien avec le jardin : pourquoi ?

Xavier Mathias : « Dans les règles de permaculture, on est en bio, mais en bio, cela ne signifie pas du tout qu’on va être en accord avec la vision permaculturelle. Cette idée de permaculture, extrêmement à la mode, est ancienne. Aujourd’hui, on fait de la permaculture un schéma de professionnalisation agricole ; ce n’était absolument pas le cas initialement. La permaculture aide à penser des systèmes de production agricole dont on peut s’inspirer, mais elle n’est pas faite pour se dire qu’on va devenir agriculteur et que ça va être bien.

Après, comme on est toujours un peu réducteur, on a schématisé et on a réduit la permaculture à 2 ou 3 actes symboliques : faire des buttes, ce qui est complètement absurde sous nos climats et dans nos sols pour 80 % du territoire, ou des mandalas, ce qui est un manque de respect total pour les pratiquants du bouddhisme, puisque, pour eux, cela demande des années pour prétendre à l’honneur de faire un mandala. Je ne supporte pas des bêtises pareilles. Le pire, c’est que l’on est en train de faire croire que la permaculture dispense du besoin d’être jardinier avant tout : on ne va pas réussir à jardiner grâce à la permaculture ; quand on est jardinier, on peut commencer à s’intéresser à la permaculture mais pas l’inverse. On assiste donc à des dérives, c’est une mode comme tant d’autres. Heureusement, on s’aperçoit que même si la pratique est dévoyée, il en reste toujours quelque chose de bon.

 

 On mise sur la polyculture

C’est une lettre ouverte et percutante qui est une invitation à réfléchir aux voies alternatives dans lesquels, il est désormais essentiel que l’agriculture paysanne s’engage.

C’est une lettre ouverte et percutante qui est une invitation à réfléchir aux voies alternatives dans lesquels, il est désormais essentiel que l’agriculture paysanne s’engage.

L’agriculture avant les années 1950 a toujours produit de la polyculture.

On a fait croire que ce mode de culture n’était pas rentable et que grâce au libre-échange la spécialisation donne une forte valeur ajoutée aux pays exportateur. L’agriculture change alors de statut : elle ne sert plus (seulement) à nourrir une population mais à être compétitif sur des marchés internationaux. La France est un pays béni qui peut produire et cultiver une grande part de la diversité agricole du monde par ailleurs cela est moins évident pour d’autres pays, comme par exemple certains pays du sud qui fonctionnaient sur une économie vivrière basé sur la polyculture comme ce fut le cas du Burkina Faso, quand on impose des productions standardisés avec cacao, café, bananes: ce pays devenant exportateur deviennent dans le même temps esclave des prêt du FMI. L’agriculture standardisée a cassé les structures d’autonomie et de souveraineté alimentaire de ces pays.

Pour approfondir ce thème, je vous invite à lire cet article.

 

 

 

 

« On a accepté beaucoup trop souvent la nature humaine comme une donnée à laquelle il faut adapter les conditions extérieures. La vérité est naturellement que les conditions extérieures modifient la nature humaine et que l’harmonie des deux se réalise par leurs interactions. » Bertrand Russel, cité dans le petit traité du jardin punk d’Eric Lenoir.

 

Des espaces en polyculture face à de nouveaux défis

 

La polyculture permet de générer une flore et une faune importante : cela est important pour équilibrer un écosystème et éviter la présence de ravageurs exclusifs et mieux faire face à la transition climatique. Un animal devient un « ravageur » lorsqu’il se trouve en surnombre… du fait de l’allongement des saisons de reproduction mais, faisant partie intégrante d’une biodiversité équilibrée, il ne fera pas de dégât et aura un rôle important dans la chaine alimentaire.

En attendant de retrouver sa biodiversité, avant d’avoir son purin de tanaisie, ou sa barrière de fougère, de cendre de bois, des pieds de bourrache ou de rhubarbe (plante hôte) et autres traitement naturel (et ceux autorisé en agriculture bio: souffre, bouillie bordelaise et pyrèthre), il est important de valoriser le savoir des anciens sur les mesures préventives qui marchent. Un exemple : la mise en place de planches de bois pour piéger les limaces : elles iront s’y réfugier pendant la nuit, ce qui permettra une collecte facile au petit matin.

Dans un verger, les arbres fruitiers sont souvent touchés les premiers par des dysfonctionnement climatiques entrainant des maladies cryptogamiques (champignon) et autre ravageurs. Le design de verger permaculturel proposé par Stéfan Sobkowiak insiste sur le fait de planter diversifié. Cela permet de mieux échelonner les floraisons, donc la pousse des fruits, et d‘éviter de grandes pertes lors de dérèglement climatiques: comme cet épisode de gel tardifs, comme nous avons pu avoir au début du mois de mai 2019, où les saintes glaces avaient 8 jours d’avances. Néanmoins, la réduction des périodes de gels donnent des hivers plus doux et humides qui favorisent les maladies cryptogamiques avec la monoliose pour les fruitiers, les chancres et le pourridié des racines pour le potager. Les insectes ravageurs sont en recrudescence du sud vers le nord et s’acclimatent : perruches à collier, bactérie Xylella fastidiosa, cochenilles et aleurodes de serres vivent dorénavant dehors et plus sous les serres, les sècheresses à répétions qui après les canicules font des ravages en forêt, elle dissèque les arbres en particulier les hêtres qui ont besoin de beaucoup d’eau. Ces problématiques arrivent toutes à la fois, ainsi tachons de commencer par observer et à noter, avant de chercher à traiter par tous les moyens. En prenant le temps de regarder un problème, on trouve souvent de nouvelles solutions, en menant de petites enquêtes sans se précipiter. Laurent Tillon, chargé de la mission biodiversité à l’ONF constate avec la maladie du frêne : la chalarose que certains arbres parents plus vite que vite prévus; il faut ainsi avoir en conscience actuellement qu’avec le réchauffement climatique global on voit apparaitre des germes : champignon et insectes  arrivés souvent d’autres continents qui progressent plus vite que prévus et posent un problème à tout un tas d’essence, ainsi le travail du forestiers va être de surveiller les individus de chaque essence qui vont résister à ces germes, pour les protéger et récupérer les graines qui redonneront la vie de demain, c’est ce que l’on appelle l’épigénétique ou avec les mots d’Hervé Coves : le vieil arbre est une bibliothèque vivante.

Des outils pour aider : Ephytia.inra.fr et jardiner autrement

C’est un mauvais arbitrage du temps quand a un temps limité, de passer 50% à poser un problème et 50% à le résoudre, il vaut mieux passer 95 % du temps à le poser et 5% à le résoudre. Jean Marc Jancovic

 

Des espaces cultivés demandant peu d’entretien

 

Un micro-climat dessinée en "fer de cheval"

Un micro-climat dessinée en « fer de cheval »

Eric Lenoir nous révèle que l’artificialisation des milieux naturel à des fin fonctionnelles ou d’agrément a crée dans notre inconscient de nombreux atavismes, des automatismes développés dans nos petits jardins privés : je dois tailler parce que c’est écrit ici, je dois tondre et désherber pour faire propre. Or, les rosiers et la pelouse ne mourront pas si nous n’intervenons pas cette année !

C’est ainsi qu’au jardin, il faut reconsidérer le désordre. Peut-être que là, où pousse cette plante indésirable est un atout ! Les plantes sauvages endémiques – coquelicot, marguerite et acacia – sont une bénédiction qui passent souvent inaperçue.

Les zones lisières sont des zones qu’on oublie trop  souvent. Elles permettent d’augmenter la productivité d’un potager et d’un verger, grâce aux engrais verts, aux prairies et à ces plantes hôtes, aux haies multiétagées, aux plantes biofertiles notamment l’ortie et la consoude. Ces haies de lisières peuvent très bien faire office de micro-climat. Pensons à planter aussi pour le bénéfice des oiseaux en tant qu’auxillaires des pommiers à petites pommes tels le malus domestica ‘ballerina’, malus sargetii ‘tina’, malus ‘pom zaï’. On peut laisser s’épanouir les aubépines et les merisiers sauvages, les sureaux et les noisetiers, les prunelliers ainsi qu’en deuxième strates, les cassissiers et les framboisiers.

Ces haies donnent de nombreux avantages :

– les vents sont filtrés et ne génèrent donc pas de mini-tornades qu’on trouver quand la délimitation est un mur ;

–  c’est une réserve pour de futurs portes greffes pour des confitures avant ou après l’hiver ;

– je bénéficie de petits fruits sauvages comestibles, de cannes de noisetiers pour les tuteurs.

– Les arbustes tels qu’un sureau, une aubépine, un fusain, un chalef, un frêne, un laurier noble, un pin sylvestre, une ronce, un églantier ont une résistance générale très bonne, un intérêt écologique et alimentaire. Ils sont à valoriser dans nos espaces. Bien d’autres sont référencés par Eric Lenoir dans son petit traité du jardin punk.

– Les branches d’un sureaux qui sont remplis de moelles et seront laissés en tas pour les insectes auxiliaires et bien entendu le reste des tailles pour des réserves de copeaux pour le paillage. Cet arbrisseau multifonction: à des feuilles qui se mangent au printemps, ces fleurs se récoltes pour les tisanes et fraiches pour les limonade et, ces fruits pour les gelées. C’est feuilles macérés seraient assez efficace pour repousser les rongeurs, à tester dans le compost.

En stimulant la régénération spontanée d’espèces indigènes on peut prendre du recul sur celles à valoriser et à laisser, en attendant de savoir ce que l’on va faire. Par exemple, des semis spontanée de plantes vivaces rudérales comme le « géranium herbe à robert » ou la « vergette de Karvinsky », sont des plantes qui s’installant entre les pavés sont du plus bel effet durant le printemps et tout l’été !

 

Penser un design à juste proportion

 

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Illustration de Joseph Chauffrey pour Terre vivante

Le zonage est incontournable et invite à réfléchir au positionnement des éléments principaux qui composeront son jardin. Pour implanter son potager/verger, ses animaux, sa serre et autres manufactures écologiques. La maison est le centre d’activité principale du système, c’est la zone 0. Les zones suivantes 1, 2,3, etc. s’en éloignent progressivement. On positionne ces zones selon l’intensité d’utilisation : un potager et un compost visités au quotidien seront installés en zone 0, un verger en zone 2. Une serre peut devenir aussi un élément central : on peut l’adosser à la maison. Pour trouver la taille idoine, on peut partir sur 10m2 pour un terrain de 200m2, à la campagne, on visera une serre de 100m2 pour 2-3 hectares.

Il faut faire toutefois attention aux dogmes : l’aménagement des zones 1 à 5 ne doivent pas forcément suivre un ordre préétabli qui ne bougera pas (la nature est constamment en évolution) et elles ne sont pas forcément concentriques et de taille équivalente, comme l’explique Grégory Derville.

Autre point non dogmatique : la diversité d’une haie multi-étagée et d’une prairie ne sont pas réservées exclusivement à la zone 5 ! Quelques soit la zone, laisser au sol les souches d’arbres ou d’arbustes anciennement coupés (les racines se décomposent dans le sol), laisser les murs en pierres recouverts de lierres comme sur les arbres, à juste proportion. Nous avons trop d’idées reçues sur le lierre : il ne détruit pas forcement les murs si ceux-ci sont en bon état et sans fissures. En outre, cette plante grimpante peut protéger le mur, les arbres et devenir un isolant vert donnant gite aux oiseaux. On peut même s’en servir pour faire monter des baies grimpantes. Un lierre peut vivre 500 ans…

D’autres méthodes de désign :

– le FORECARE pour valider et répondre aux grandes questions de ce que je peux ou ne pas faire et comment interagir avec les ressources déjà présentes sur le site.

– la méthode YEOMAN est intéressante pour organiser ces priorités d’aménagement.

À partir d’un hectare, un maxi jardin peut s’envisager comme une micro-ferme : passer du grand jardin à la micro-ferme, c’est associer de petits élevages domestiques comme les caprins avec des productions végétales encore et toujours plus variées : les céréales et un potager associer à un verger, les plantes fourragères et  sauvages, des engrais verts (luzernes et trèfles) à forte production de bio-masses, des vignes voir des oliviers selon son terroir. De plus, des mares et une pelouse qui évoluera en prairie naturelle, la pelouse même la plus proche de la maison ne sera pas tondue en dessous de 5-7 cm et les pourtours seront réservés aux espèces champêtres : coquelicots et achillées…

Attention à ne pas confondre maraichage bio-intensif et jardin-ferme en permaculture qui englobe bien d’autres espaces que le seul potager-maraicher. La méthode bio-intensive est une méthode très interventionniste qui demande une rigueur sans faille pour bien gérer les plannings, tant au niveau des semis directs, des associations de légumes serrés, que des successions des planches de cultures pour arriver à produire très densément sur de petites surfaces, comme l’a démontré la ferme du Bec Hellouin et Jean Martin Fortier influencés par les travaux des fondateurs que sont Alan Chadwick et John Jeavons. Ce maraichage biologique intensif sur petite surface demande les vertus de persévérance et de patience pour commencer à trouver son rythme et à dessiner avec grande précision, un plan de rotations et d’associations.

Contiguë à la serre adossé à la maison, les couches chaudes permettent des cultures potagère précoce et ceux des janvier.

Contiguë à la serre adossé à la maison, les châssis développés en couche chaudes permettent des cultures potagère précoce et ceux des janvier. Avant l’installation d’une pépinière, elle servira de pépinière permettant de maintenir des températures à 18-20°C. On peut très bien, remplir le coffrage par la technique de lasagnes ou selon disponibilité : mélange de terre et de fumier de cheval : pour donner plus de chaleur a la couche. Notre couche chaude aura un toit en plexiglas. Il faudra attendre un mois avant de faire ses semis pour que la température redescende à 20-25°C. Idéal pour les légumes qui ont besoin de chaleur des le début : tomates, poireaux, piments, céleris…

 

Nous devons concevoir des systèmes et organiser nos vies de façon à travailler, à chaque instant, le plus utilement possible » De David Holmgren dans l’ouvrage permaculture One.

 

Pas de dogmatisme:  La butte en permaculture n’existe pas en soi

 

Les fameuses buttes peuvent être très intéressantes sur terrain un peu encaissé, bien humide et un sol à tendance argileuse. Dans ce cas, les buttes sont appropriées : on augmente le drainage tout en aidant la terre à se réchauffer au printemps. C’est tout l’inverse pour un climat sec, chaud et venteux : dans ce cas, il vaut mieux les oublier dans un premier temps. Ainsi, il se peut que ces principes de cultures sur buttes offrent des déconvenues, c’est pour cela que la permaculture est pragmatique : il nous faut observer, comprendre et nous adapter à notre milieu et à chaque situation. Elle n’est pas une boite magique ou un dogme, aux préceptes intangibles.

 

Un sol à connaitre et à analyser, vers un sol vivant

 

Les plantes sont des messagères : chardon, liseron et chiendent nous donnent des indications précieuses sur l’état du sol. Il peut être intéressant d’être à l’écoute de ces plantes dites bio-indicatrices.

Toutefois, un sol ne sera jamais à nu même dans les parties du jardin non cultivées. Il devra être protégé du lessivage des pluies et à l’abri des grands froids. Voici quelques conseils pour bien choisir son paillage.

Ce sol sera amendé en grande quantité de matière organique qui viendra de mon jardin ; aucun déchet vert ne doit sortir du jardin – même les plantes malades – tout se transforme !

 

Un stockage d’eau adapté, selon la typographie de mon jardin

 

Les pluies violentes et imprévues dans un jardin en pente… il faudra être vigilant à garder son sol : mieux garder l’eau certes, mais aussi et surtout, conserver la matière organique. On parle alors de mettre en place des baissières dit aussi « swale » ou encore « noue paysagère ». Il s’agit d’une sorte de fossé creusé le long d’une courbe de niveau dont le but est de rattraper et de garder les eaux de ruissellement.

Dans leur conception, les baissières s’adaptent au terrain. Elles suivent les courbes de niveau et sont creusées perpendiculairement grâce à un niveau égyptien. Le fond des baissières est horizontal : pas de pente sinon l’eau s’évacue trop vite. La règle commune est la suivante : la profondeur est établie en fonction du degré de la pente ; plus elle est raide, plus les baissières sont profondes, étroites et rapprochées. Et s’il y a peu ou pas de pente, les baissières sont larges et peu profondes. Bill mollison nous dit que la distance entre des baissières doit être trois à vingt fois leur largeur moyenne, selon la pluviométrie de la région, donc si vous avez une pluviométrie de 900mm par an, l’espacement est d’environ 12m pour une baissière de 0,90 cm de large. En creusant les baissières, on garde à part la bonne terre (la plus humifère) pour la redisposer en haut des buttes et les stabiliser ces buttes en y semant des engrais verts. Sur le moyen terme, on peut pailler les talus avec du BRF et installer un goutte-à-goutte et y planter sur le côté, en amont du fossé, des arbres pour fixer le sol et faire de la mi-ombre en effectuant une taille verte. Au-dessus de cette pente, si vous avez l’espace pour installer des animaux d’élevage, c’est l’idéal : leurs excréments mélangés à l’eau usée seront une source de fertilité remarquable.

En complément, je vous invite à regarder les travaux de Geoff Lawton « Greening the Desert » et au Maroc de Tori Suzuki.

 

 Implication et ressources dédiées

 

Il s’agira de connaître le temps réel dont on dispose pour éviter d’aller au jardin à contrecœur. Le jardin est un plaisir avant tout ! Dans ce type de projet, on mobilise 80 % d’énergie dans la phase de conception et d’observation et 20 % pour l’entretien : semis, repiquage, désherbages, taille haies, etc.

Posons-nous ces questions : combien de temps puis-je consacrer à mon jardin ? Ai-je les compétences et la santé physique suffisantes pour me lancer ? Il est inutile de démarrer un potager de 100m2 si l’on n’a que deux heures par semaine. Par expérience, il faut compter 1 à 2 heures par jour entre mars et mai, pour une personne qui souhaite être autonome en légumes toute l’année et veut nourrir 4 à 5 personnes (surface idéal de 400 à 500m2). En dessous de 100m2, une demi-journée par semaine suffit. Et quand c’est au-delà de 100m2, c’est plus de deux heures quotidiennes…

On peut aller voir les anciens qui font du maraichage dans son voisinage, pour connaître les spécificités de son environnement. En particulier, les arbres fruitiers présents dans la région afin d’anticiper les futurs porte-greffes nécessaires à la création d’une haie. Cela dit, il n’est pas forcement conseillé d’intégrer des arbres fruitiers à palmette sans compétence de taille.

Avant de démarrer, on peut s’inscrire dans un SEL (système d’échanges local) et repérer quelques sites pour le partage d’outils dont la fréquence d’usage ne justifie pas un investissement comme un scarificateur, un broyeur ou une débroussailleuse…

 

Enfin, mon jardin commencera à toucher la permaculture

 

Quand mon jardin et mes lieux de vie commenceront à être connectés et à devenir résilients.

Dans mes productions,  je commencerai à disposer de légumes, de fruits et aromates toute l’année, sans l’aide d’intrants même biologique et que ma production de nourriture me permettra de réduire mes dépenses en adoptant de préférence un régime flexitarien et frugale. La conversion écologique qui n’est pas si évidente par rapport à nos habitudes civilisationnelles, nous sommes nés consommateurs !

Je serai faire des réserves et ne pas gaspiller mon surplus de récolte en faisant des conserves c’est pour cela que je favoriserai divers moyens de conservation naturelle : silo, bocaux et séchage…

 

 

 

Bien choisir ses outils : soin, solidité et « low-tech »


 

Les outils sont le prolongement de notre corps et doivent être adaptés à nos morphologies. Au jardin, nous avons perdu les bonnes habitudes d’emploi et d’entretien. Par conséquent au jardin résilient, un entretien régulier évite le gaspillage en énergie et en achat de matériel et penser qu’on va garder ces outils un certain temps, sans avoir spécialement de « rémouleur » accessible et disponible à proximité.

Trop souvent, ces points sont mis de côté et en visitant nombre de jardins, je constate à chaque fois une certaine négligence des outils et en particulier ceux de jardin.

« On ne perd pas son temps en aiguisant ses outils » dit le proverbe.

Quelques règles simples pour augmenter la durée de vie de ces outils :

Désinfecter son sécateur: il est important de procéder après chaque taille si possible à cette manipulation. Au-delà de l’eau de Javel ou de l’alcool à bruler. Il y a l’huile essentielle de Tea-Tree (Melaleuca alternifolia) dont deux gouttes aseptisent à mélanger dans du vinaigre d’alcool;

– Je passer régulièrement la pierre pour aiguiser et je remets si besoin le fil de la lame avec une pierre à carbone si besoin, toutes les 5 à 10 utilisations;

– Tous les ans, je  passe de l’huile de lin sur  les manches.

 

Pour aiguiser un simple couteau pour diverses cueillettes et récoltes, un fusil à aiguiser convient parfaitement.

Comment on procède ? La lame face à vous : on place sa base sur la base du fusil en respectant un angle d’environ 20°C et on fait glisser la lame en appuyant un peu et en remontant sur l’axe du fusil et pour l’autre côté on place le fusil sur le couteau. A la différence d’un sécateur, on aiguise les deux côtés.

Vous trouverez ma sélection en tutoriel de terrain : pour les sécateurs et pour les scies.

 

Choisir ses outils, le low-tech et le manuel en priorité.

Actuellement, l’énergie fossile c’est a peu prés 80% de l’énergie consommée, moitié de pétrole et le reste en charbon et le gaz. On est toujours en croissance de consommation d’énergie fossile malgré le « pic oil » (on ne pourra produire autant de pétrole qu’avant, on en trouve moins qu’on en consomme) annoncé, c’est un risque insensé de continuer à être aussi dépendant du pétrole quand il faut 30 ans pour changer des habitudes et mettre en œuvre, une véritable politique énergétique.

Face à ce constat, il est préférable dans un premier temps de choisir des outils manuels et solides (qu’on garde toute sa vie) et dans un second temps à l’intégration d’outils « low-tech » adapté qui ne demandent pas forcement d’essence voir peu d’électricité et si électricité, on peut les recharger avec le solaire. Par exemple, pour remplacer une tondeuse à moteur 4temps, une tondeuse hélicoïdale ou appelée « débroussailleuse sur roues » devient une vraie alternative et certains outils oubliés sont véritablement efficaces : le croissant, les faux, les serpes, les machettes, ou même les couteaux à isolant écologiques, etc. à condition de les entretenir régulièrement par un affutage, un huilage en règle, de prévoir des petites pièces de rechange. Prenons l’exemple des cantonniers avant l’arrivée massive des outils motorisés dès les années 1970 ; qui sans nuisances olfactives et sonores ont entretenus des kilomètres de faussés et de bas-côté avec de très beaux résultats, dans les campagnes ils sont regrettés.

 


Ma sélection :

  • Broyeur

Les broyeurs électriques sont très maniables et passent partout, comme les broyeur Bosch à turbine AXT 25 TC qui est d’une efficacité redoutable pour des gros rameaux, on peut aller jusqu’à 5cm de diamètre, il n’est pas bruyant et consomme peu d’énergie, sinon un nouveau broyeur manuel serait sur le marché, je ne l’ai pas testé.

  • Grelinette et campagnole : le mieux pour le sol

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On ne la présente plus, elle a plusieurs appellation: Bio-bêche, Biogriffe ou Biofourche, elle permet d’ameublir un sol avant des cultures de semis et autres plantations, mais aussi pour dessoucher, diviser sans passer par la bêche, qui demande plus d’efforts. Je conseille d’investir dans plusieurs tailles. La biobêche d’Hervé le Gal me parait la plus solide. Pour des plus grands surfaces en maraichage, c’est la Compagnole qui prendra le relais, c’est une Grelinette améliorée avec des contre-dents et des roues pour améliorer l’efficacité sur terrain plat et travaille sur des largeurs de 50 à 80cm, c’est ici chez la fabriculture.

 

 

 

 

  • Sécateur et scie pliante: 3 outils pour tout tailler au jardin

Les sécateurs Felco 2 ou 3 restent les plus légers et résistants. Les pièces sont toutes remplaçables et leurs ergonomies sont adaptées à des travaux de taille répétitifs. Ces sécateurs peuvent durer toute une vie, en changeant les lames en acier trempé tous les 10 ans, voir 20ans si l’entretien est constant. En complément, il est utile d’investir dans un sécateur de force Fiskars L78 à crémaillère et à lame franche sera un peu moins solide au temps, mais est redoutablement efficace pour couper de très grosse section jusqu’à 5cm de diamètre et une scie pliante de poche Ars modèle 210-DX (passe vraiment partout, avec une lame de 15cm) ou Silky pocket boy. Avec ces 3 outils, on peut presque tout tailler dans son jardin avant de passer par la case « tronçonneuse ».

 

  •  Sarcloir oscillant et gouge désherbeur pour un désherbage facile

Ce type de sarcloir est adapté pour des parcelles semées en rang ou pour les allées, la lame garde toujours l’angle idéal et l’oscillation facile le cisaillement des racines. On les trouve chez Magellan. Pour ne pas se faire au mal au dos, on peut les fixer sur un long manche d’1m60.

La Gouge leborgne permet d’extraire les plantes indésirables les plus encrées comme le chiendent et liseron, mais elle est parfait aussi pour aller extraite les pissenlits et les chardons pour faire ses remèdes à base de racine.

D’autres outils de désherbage sont adaptés pour des parties en gravier comme la machine thermique waipuna, le vaporail pour désherber les voies de chemin de fer, les binette à manche longue et les rabots tractés.

 

  • Croc et griffe pour les finitions

Après le passage d’une Grelinette, il est important de niveler le sol avant de semer ainsi, les cultivateurs light de Fiskars se révèlent très ergonomiques et légers pour ce type de travail, il ne pèse que 700g.

 

  • Transplantoir lame acier pour les plantations

Les modèles avec manche en bois et en angle droit sont très solides, voir ici.

 

  • Pulvérisateur avec lance télescopique : traitements naturels sécurisés

Soyons réaliste, les traitements naturels aussi sains soit-il nécessite plus de passage et il est nécessaire d’investir dans un pulvérisateur de qualité, à forte pression et à lance télescopique pour les grands arbustes/arbrisseaux et arbres fruitiers qui profiteront jusqu’à la cime des macérations de plantes, de bicarbonate de soude et de bouille bordelaise fongicide, etc. cela évite d’utiliser un escabeau pour traiter ce qui est dangereux.

Je vous recommande le modèle Elyte 8 SDV de la marque Berthoud avec une contenance de 6l. Il y a plusieurs modèles de lance télescopique : jusqu’à 3,60m

 

  • Un brass’compost

brass-compostLa fourche bêche ou une fourche à foin avec un grand manche en bois peut suffire, mais certains préfèrent accéléré d’avantage et donner un aspect ludique au compostage, c’est pour cela que je conseille le gros tire bouchon breveté et fabriqué dans un ESAT près de Quimper, c’est ici pour s’en procurer.

 

 

 

 

  • Tondeuse hélicoïdale

Cette tondeuse manuelle rotative a été oubliée dès l’arrivée de la tondeuse rotative en 1960. Transition écologique non démagogique et conjoncture obligent, les tondeuses hélicoïdales reviennent pas à pas dans les jardins. Dès lors, elles sont totalement adaptées pour des petits à moyens/grands jardins de 100 à 500m2. Il y a bien d’autres avantages : elle n’est jamais en panne, il n’y a plus de bruits et un entrainement cardio-muscu est offert. En effet, l’ayant expérimenté dans des jardins en pentes sur 400m2, même sur de hautes herbes, elle ne bourre que très rarement et une qualité de coupe incomparable en comparaison au disque des tondeuses à moteur, c’est comme comparer la taille d’une haie entre un taille-haie et une cisaille. Malgré les efforts physiques requis, une coupe sera toujours plus nette pour une bonne cicatrisation des rameaux et éviter les maladies, idem donc pour l’herbe.

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Comment ça marche ? Les deux grandes roues font tourner par démultiplication un cylindre équipé de 5 lames qui passe à tour de rôle contre une lame fixe à hauteur réglable et coupe tout ce qui dépasse. En ce qui concerne l’entretien, on s’assure que l’écartement est bien réglé entre les lames mobiles et fixes, pas trop hautes et pas trop basses ; et de temps à autre, on peut prendre des bandes de papiers que l’on fait passer dans la tondeuse, pour s’assurer que les lames soient bien aiguisées.

En modèle de tondeuse, je conseille les Fiskars « StaySharp max » sa hauteur de coupe varie de 2,5 à 10cm pour une largeur de coupe de 45cm. Chez ces mêmes Finlandais, un modèle plus léger et un peu moins large existe le « StaySharp plus », il est plus adapté pour les pelouses/prairies gérés en gestion différenciée, de plus, ces modèles envoie par devant les déchets de coupes pour un parfait herbicyclage sans ramassage.

Dans les autres marques, je recommande Gardena pour le modèle « Comfort 400C » pour un largeur de coupe de 40cm.

 

  • Faux et débroussailleuse électrique

Les cheminements réalisés à la faux, au Jardin le Flerial d'Eric Lenoir.

Les cheminements réalisés à la faux, au Jardin le Flerial d’Eric Lenoir.

La faux ou le faucon demande pour une bonne utilisation d’acquérir le geste du golfeur et de bien les aiguiser. Dès l’acquisition du rythme, on peut en une 1/2 journée faucher 1500 à 2000m2 de chardons et autres taillis un peu ligneux. La faucille japonaise et la serpette pliante sont aussi efficaces.

La débroussailleuse électrique à batterie est intéressante, mais pas n’importe lequel. Avant investissement, il est important de trouver un bon rapport entre l’AH (ampérage) et le voltage (V) puissance. Il faut alors partir pour le jardin sur des batteries de 36V de puissance et 5-6 AH d’autonomie. La plus puissante reste les Stilh FSA 130, mais en rapport qualité prix la Makita DUR 365 UZ est plus adapté.

 

 

  • Escabeau pour la récolte

Sans risquer une chute, il est bien d’être munis d’un vrai escabeau arboricole, solide et toute alu sur fee-shop.com

 


*Notes : retardez la tonte dans un verger

 Je conseille de tondre ou de faucher à la fin de l’été/automne, en particulier au verger sous les arbres fruitiers. Une graminée n’ayant pas fini son cycle va repousser à chaque tonte et va concurrencer en eau et en azote l’arbre fruitier qui produit des fruits à ce moment-là. De plus, les auxiliaires et autres insectes qui aiment les herbes longues ne résistent pas bien aux tontes trop rapprochées.

Au jardin, je réalise juste deux tontes par an : une à la fin du printemps et une dernière à la fin de l’été/début de l’automne.


 

  •  L’éco-pâturage

On ne parle pas plus de tondeuses, mais d’équipes de moutons qui se chargent de ralentir la croissance des herbes. Ils ont fait leurs preuves dans des parties compliqués d’accès. Voici une gestion différencié pragmatique depuis la loi grenelle II et surtout la loi Labbé qui préconise le « zéro phyto » dans les jardins publics.

La Campagne  la ville

Pour les grands espaces, l’éco-pâturage revient moins cher que la tonte mécanique, notamment en « zone plus industriel », la présence de ces caprins apportent calme et améliore les ambiances de travail. En outre, un âne est aussi parfaitement rustique et adapté pour entretenir des prairies voir des taillis.

Contacts :

Association Clinamen

–  La bêle solution créer en 2011. Cette entreprise propose des services d’entretien de tonte. Ici, les moutons viennent d’élevages locaux, l’éleveur partenaire touche en moyenne 10000 euros par an et gagnent en sécurité fourragère en période de sécheresse. Ici, à la différence d’autres entreprises et associations en éco-pâturage qui ont cheptel dédié, on loue des cheptels locaux adaptés au biotope, ce qui permet un complément de revenu aux éleveurs locaux. C’est un bon principe d’économie circulaire.

 

 


*Notes : Des poules pour désherber ?

Il est important de les compartimenter surtout quand elles sont lâchées dans un jardin potager en dehors du poulailler. On le remarque assez souvent, mais elles ont une mauvaise tendance à creuser et à faire des trous larges, pour faire la sieste ou pour chercher des vers de terre. Les poules remplissent de nombreux services au jardin : elles remplacent les outils de type aérateur, donnent de l’engrais fortement azote composé de 3 à 5 % d’azote et de phosphore par leurs défections et picorent notamment les chenilles (piéride du chou, pyrales), limaces voir frelon, mais pas de façon régulière et ne distinguent les ravageurs et les auxiliaires utiles : vers de terre, carabes et cloportes…

 

Je recommande le « tunnel à poules » qui sera déplacé selon son besoin.

 

©poulailler-bio.fr

Design de poulailler-bio.fr©

Je ne recommande pas tout de suite de prendre des poules pour nettoyer un potager, quand on ne connait pas trop bien son terrain. Dans les petits espaces en dessous de 500m2, il est impératif de prévoir ce type tunnel sans les laisser plus deux journées, en raison que les plantes risqueraient d’être brulées par des fientes trop riches qui sont utiles que si elles sont bien dosées et homogènes. La meilleure période pour un lâcher de poule est au début du printemps quand on commence à découvrir le paillage pour réchauffer son sol et quand les limaces ont pondu à la surface du sol.

 


 

  • Autres idées: outils low-tech et auto-construits

Poulailler mobile, planches à désherber, tracteur à pédales, etc., des exemples et les idées ne manquent pas à vous de les chercher, quelques exemples ci-dessous :

 

– Le tracteur à pédales d’Emmanuel Mury (cliquer sur l’image)

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– Des outils pour son jardin et sa maison, quelques inventions et expériences dans un village d’éco-inventeurs

 

Pour aller plus loin :

Collectif: low-tech LAB

Livre : L’age de la low-tech de P. Billoux, Jardiner ça ne peut pas faire de mal de Blaise Leclerc

– La revue du XIXe : la « maison rustique » :

– Formation : Se former en affutage et aussi des formations plus proche, à Paris intra-muros. Remouleur est un métier, il existe une école nationale.

 

Ton jardin est une quincaillerie – suite


 

Guetter, récupérer, débarrasser ses amis ou voisins de ce qui les encombre : attitude idéale pour un jardin résilient. Voici des astuces pour cultures en milieu urbain et difficile.

 

  • Les assemblages – mon jardin en 3D

Quand on souhaite concevoir un jardin, notamment dans des petites espaces, il est essentiel de le penser en 3D pour bien comprendre la densification et le chevauchement des cultures. Comme l’explique Joseph Chauffrey : « une bonne conception permaculturelle (ou design) vise à intercepter toutes les énergies entrantes sur le site que sont la lumière, la pluie, le vent et en particulier l’énergie lumineuse […] La meilleure manière de piéger cette énergie est de faire en sorte qu’aucun rayon de soleil n’atteigne le sol, sans avoir rencontré une surface végétale ». On privilégiera donc les cultures aériennes, ce qui facilitera la récolte et limitera le risque d’oïdium pour les concombres, courges et potiron tenus ainsi éloignés de l’humidité du sol.

Voici quelques bons-plans « assemblages » :

 

Les tipis

Si comme moi vous avez des affinités avec le bivouac, vous pouvez en faire profiter le jardin.

 

– Tipi « tête de bigue »

 

Tipi, assemblé en "tête de bigue"-Scoutorama©

Tipi, assemblé en « tête de bigue »_Scoutorama©

 

– Tipi « système D »

Dans ce cas, ce sont les chambres à air qui remplacent les cordages. Cette technique permet d’assembler plus facilement vos tuteurs. Si l’on a des chambres à air en trop, on en coupe des bracelets en caoutchouc de 2 cm de largeur. Cela se fait pour deux perches, en « V » comme pour trois perches en « Tipi » ou tripodes.

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Tipi_ »chambre à air », on peut joindre des barres latérales et verticales avec de vielles balles de tennis percées_Terre-Vivante©

 

Montage en miniature

Montage en miniature

Montage en miniature

Montage en miniature – debout

 

Palette végétale : je conseille les haricots à rames, Fortex et Mélissa ou les pois de senteur agrémentés par quelques capucines. C’est en hiver, quand les cannes sont bien rigides, qu’on prélève les tuteurs de bambou et de noisetier.

Où trouver les tuteurs ?

Dans un jardin résilient, il est pratique d’avoir une bambouseraie ou des cépées de noisetiers. Ces deux espèces sont les plus souples et résistantes et tiennent bien dans le temps. Pour les bambous, on privilégiera les variétés Phyllostachys, variétés qui doivent être implantées et encerclées par des barrières anti-rhizomes (pour garder ces racines traçantes dans un certain périmètre et éviter qu’elles ne soulèvent des pavés).

Sans tuteurs, on peut très bien réaliser une toile d’araignée :

 

Spiderman sans tuteurs

Spiderman sans tuteurs_Ferme-Paris

 

Les attaches : pourquoi ne pas revenir à l’osier ?

Si le raphia, la corde ou la chambre à air viennent à manquer, les rameaux de saule taillés en têtard chaque année au jardin seront de parfaits remplaçants ; comme en vannerie, les longues pousses sont idéales pour servir d’attaches. On peut d’ailleurs en faire un ruban encore plus souple en prélevant délicatement sur la tige une étroite bande d’écorce, à l’aide d’un couteau ou à la main.

Il est important de compter le nombre d’attaches dont on a besoin : en séchant, les rameaux de saule peuvent se rigidifier ce qui est parfait, une fois sec, pour tenir un nœud plat mais plus dur pour enrouler des tuteurs. Il faudra donc les fixer quand le bois sera vert ; en attendant, on peut les garder dans le sable non coupés.

 

 

 

Les jeunes pousses d'Osier

Des jeunes pousses d’osier venant d’un saule et leurs rouges caractéristiques, elle se bouturent très bien en pleine terre à l’automne

 

Les éclisses de Ronce, Illustration au jardin-centre terre-vivante

Les éclisses de Ronce_Terre-vivante©

Autres bonnes attaches : les éclisses (fines lanières) de ronce. Comment faire ? Fendre la tige en deux, puis encore en deux et gratter les quarts de tiges pour enlever la moelle avec un couteau pour assouplir davantage le lien.

Pour les ronces comme pour l’osier, on peut en faire des rouleaux et, avant chaque utilisation, il s’agira de les ré-humidifier.

Dans un cadre plus institutionnel, on utilisera de tomatoclips pour lier le végétal à une ficelle, ce système a peu de chance de blesser la plante.

 

 

Des pneus pour une colonne de cultures

07-la_tour_de_salades_v1_BATpptxDes pneus, des piquets et du grillage, une tour recouverte de jute et remplie de terre avec en complément une colonne de compostage. On découpe des fenêtres et bingo la plantation de salades, choux, capucines, etc. Enfin, on oubliera pas, d’introduire 3 tuyaux percés de trous tous les 10cm. Voici un modèle assez perfectionné (on peut faire plus simple), sur ce lien.

 

 

 

 

 

  • La circulations dans mon jardin, éviter les stagnations d’eau

Les périodes cévenoles ne sont plus réservées exclusivement au sud de la France. Comme nous avons pu l’observer, le climat tend à se modifier : les pluies sont plus fortes et plus soudaines, comme en zone tropicale. Cela crée davantage de poches d’eau et de glissements de terrain. Il faut couvrir le sol, mais pas uniquement dans les massifs et dans les zones de cultures. Si vous devez repenser la circulation dans le jardin, les allées en broyat sont bien plus économiques que les allées en matière stabilisée et tout aussi intéressantes pour éviter les inondations et les stagnations d’eau. Elles sont très souples et agréable à la marche et elles peuvent être recyclées tous les 2-3 ans, en grattant la couche de broyat et récupérant les parties bien décomposée qui constitue un « paillis composté » pouvant servir aux cultures du potager et aux massifs. C’est un amendement plus pauvre en azote aux cultures du potager pour retenir l’eau et aérer le sol (cela ne remplace pas le compost venant du composteur plus riche en minéraux et en azote).

On renouvelle avec des feuilles, maintenues par divers broyats, notamment les tailles de haies de conifères, plantes persistantes, voire malades, qui seront parfaitement adaptées à ces allées. En bref, vous pouvez renouveler vos allées avec tous les déchets broyés qui n’iront pas dans les petites cultures (potager et massifs de fleurs).

La création de ce type d’allées apporte un grand nombre de services écosystémiques et seront un parfaits réceptacle de BRF si l’on dispose de ressources abondantes d’arbres/arbustes à receper et de ressources forestières près de son jardin. Et parce qu’un jardin évolue sur tous ses cheminements, une allée en broyat peut bouger et s’adapter aisément.

Une allée en broyat: bordure en rondin de pin_ Jardins-centre terre-vivante

Une allée en broyat: bordure en rondin de pin_ Terre-vivante©

Mode d’emploi :

– On compte 1m de large pour un décaissement de 5-7 cm et proche des bordures : 10 à 30 cm (maintien du géotextile)

– Au tout début, pour éviter une trop grande concurrence, on peut poser un feutre géotextile qui se décomposera au bout de 2-3 ans comme de la toile de jute ou de la paille de coco, lin, chanvre ;

– on recouvre de broyat de 5 à 20 cm

– Pour les bordures : on peut partir sur trois options : le rondin de bois (cf. schéma ci-dessus), des planches épaisses (on préféra l’acacia après le châtaigner ou le mélèze) et des fascines (barrières tressés) en noisetier, en châtaigner ou en osier, qui sont plus durables mais moins facile d’accès.

Fascines (barrières tressées) en noisetier

Fascines (barrières tressées) en noisetier

Pour les planches et les fascines, le bâton qui servira de pilier sera plantés à 30 cm de profondeur pour garder à la surface 40 cm de haut.

*Notes : le broyage des allées peut être apporté en surface tous les ans, avec, éventuellement, l’investissement dans un brûleur thermique. Mais il est important de comprendre que cette technique permet, au bout de quelques années, de retirer les adventices sans trop de difficulté et en venir à bout sans s’épuiser avec la binette et sans polluer avec le glyphosate.

La meilleure saison pour la mise en place est l’automne.

 

  • Astuces en vrac

 

On ne peut pas planter tout de suite : si on a de la mousse venant de la scarification du gazon, on peut garder celle-ci pour la mettre en dessous des godets et des pots avant plantation, dans une cagette.

Cela peut aussi se faire avec les vieilles éponges de cuisine ! (Rien ne se perd, tout se transforme !)

 

Illustration jardin-centre terre vivante

Terre-vivante©

Les bouquets de fleurs : on peut garder un bouquet un bon mois en cautérisant avec un briquet, juste après la coupe, la base de la tige. Cela maintient la sève, puis on met les fleurs dans l’eau. Les couleurs seront radieuses plusieurs jours.


 

Faire des tabourets et petites installations rustiques pour le jardin, en reprenant quelques bases du « froissartage scout », sans clou, ni colle, ni vis, à partir de bois rond.


Faire du mobilier jardin en palettes. On croise toujours des palettes abandonnées. (cliquer sur l’image: livre de 16 modèles à aménager au jardin)


Récup’, récup’ : comment récupérer dans son jardin ce qui est disponible pour s’épargner un voyage à la jardinerie ?

Pour remplacer vos contenants à semis, en particulier les plaques alvéolées coûteuses :

les boîtes de viennoiseries : elles ont l’avantage de présenter un fond assez profond et un couvercle translucide : une mini serre idéale pour les semis précoces. On n’oublie pas de percer leurs fonds de quelques trous et d’ajouter un petit feutre éviter le mélange terre et cailloux drainant.

– Les boites à œufs : elles ont des formes alvéolées qui sont idéales pour recevoir une graine par compartiment. Durant la montée en graine, l’arrosage se fait par capillarité, on remplit d’eau un plateau et on pose les boites à œufs, cela peut marcher avec les rouleaux de papier de toilettes vides. Au moment du repiquage, le carton étant biodégradable, il n’y a plus qu’à découper chaque alvéole et à les planter directement en pleine terre.

– Les buses de 180 à 200 mm de diamètre peuvent servir de godet et les bombonnes d’eau en plastique peuvent, elles, servir pour protéger certains plants en préservant des micro-climats (insérer photo portable).

– Les caissettes à poissons : déjà percées dans leurs angles, elles constituent de parfaites terrines pour les semis. On peut tenter de monter un lombricompost, en imbriquant ces caissettes les unes sur les autres.

Detournement compost

Détournement compost

– Les poubelles, les mannes noires (poubelle concentrique) pour faire des purins, des réserves d’eau, mais aussi un composteur en retournant une poubelle et en découpant le fond. On obtient de cette chute un couvercle, on perce des trous réguliers pour favoriser l’aération et on prélève par démoulage.

Les poubelles de grand volume peuvent tout à fait être utilisées comme des réservoirs d’eau de pluie, une fois disposées sous les conduites de gouttières, il suffit de percer dans le couvercle un trou de taille adéquate, avec une scie cloche.

– Les fers à béton : ces grillages soudés récupérés sur les chantiers constituent de parfaits tuteurs pour vos légumes au potager, fèves, pois et haricots, comme au jardin d’ornement pour les plantes hautes comme les asters, les grands delphiniums ou les cosmos, les grande marguerites et les grimpantes annuelles ou bisannuelles que sont les capucines, les pois de senteurs… Ce grillage soudé est en général haut de 1m.

 

– Les couverts en bois : plantés dans la terre, cuillères, couteaux et fourchettes deviennent de parfaites étiquettes pour le nom des plantes.

– Si on n’a pas d’abris de jardin au début, on peut ranger tout son matériel dans une armoire récupérée dont on pourra allonger la durée de vie en y posant un toit.

 

  • Autres astuces d’adaptation

 

– Préparer ses zones de cultures juste avec du foin

– Préparer un massif de terre de bruyère (ou tourbière), sans terre de bruyère (TB) ou très peu : On va creuser une fosse plus large que profonde (les végétaux de TB apprécient des trous de plantation de 1,5 m de large et de 60 cm de profondeur), on y dispose un feutre biodégradable pour ne pas mélanger la terre d’origine et les matières qu’on va ajouter : épines de conifère, feuilles mortes, tout cela mélangé au compost. Dans un peu de TB, on plante son azalée ou son rhododendron, etc. Le but ici est de faire des économies de sac de TB à cause des problèmes de surexploitation des tourbières qui sont devenus des milieux naturels protégés. Si on n’a pas de sac de TB, on peut réaliser un substrat à tendance acide : 55 % d’écorces décomposés, 15 % d’engrais organique, 15 % de compost de déchets verts et 15 % de sable.

– Au balcon, je peux utiliser des miroirs pour une réflexion pour les plantes potagères qui ont besoin de beaucoup de soleil et sur un temps plus long. On aussi s’en servir pour diffuser l’hiver, de son plafond, un chauffage plus naturel. On en trouve ici : espaciel.com. Cette surface réfléchissante, peut être remplacée par un miroir (lien hypertexte jardin urbain), mais également une couverture de survie fixée sur des tuteurs.

– Pour les sols compliqués et avant d’améliorer sa terre, d’autres types de cultures hors-sol :

 

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Le jardisac de secours_Terre-vivante©

 

– Un jardin de barricades, pour commencer à cultiver hors-sol si le sol est pollué et que l’on souhaite aussi cultiver en hauteur.

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*Notes : le robinier faux-acacia, des tuteurs très solides

L’acacia est encore considéré comme invasif mais il est, selon moi, d’une grande valeur pour la résilience au jardin. C’est un des arbres le plus présents en ville, en particulier dans les sols ingrats et tassés.

C’est une des variétés de bois la plus résistante pour les structures extérieures. Les vignerons en font des tuteurs et les ostréiculteurs les utilisent en mer. Sa durée de vie, quand il est planté au sol, est de 25 ans en moyenne (le chêne, le châtaigner et le noisetier ont un durée de vie moindre quand ils sont plantés au sol). Ses fleurs sont comestibles, du même acabit que le sureau, pour les limonades et sirop, et il fixe l’azote pour aider les autres plantes qui poussent autour de lui.


 

Les bases de la taille


 

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Exemple d’un « Shakkei »_Paris-2019

À la suite de cet article, évoquant les différents types de tailles au jardin, je préconise les tailles douces de transparences qui se pratiquent sur tous les arbres et arbustes. C’est un juste équilibre entre des tailles de « formation » trop régulières et le « laisser-aller » qui ne permet pas d’avoir des fruits dans un jardin résilient/comestible et qui n’incite pas à y circuler. La taille est sanitaire mais pas seulement : on peut transformer le paysage d’un jardin, lui offrir une nouvelle circulation, de nouvelles perspectives, dégager un paysage – ouvrir des haies sur des montagnes – juste par la taille des arbres et des arbustes, en créant des « fenêtres végétales ». Les japonais appellent cet art de la capture, le Shakkei.

 

 

  • Pourquoi on taille

– La taille permet de laisser rentrer la lumière : elle met en valeur les branchages et atteint les cultures du dessous, en particulier si on a aménagé dans son design (voir ci-dessus) des forêts-jardins et des haies multi-étagées.

– On joue avec les perspectives, on assainit les arbres / arbustes afin de faire circuler l’air et d’éviter les maladies cryptogamiques, on enlève le bois mort et on donne des formes harmonieuses ;

– les arbustes n’ont pas forcément besoin de tailles sévères pour fleurir (à l’exception des rosiers) ;

– Vive les formes souples, discrètes et arquées ! On évite de tailler en boule, à part si l’on veut créer des formes topiaires et géométriques;

 

  • Quelques règles

– Avant de tailler, on vérifie qu’il n’y ait pas des nids d’oiseaux ;

– Comme dit plus haut, on taille toujours avec un sécateur affuté et désinfecté ;

– on préfère la cisaille que le taille-haie. Les coupes nettes se cicatrisent vite et proprement. (Le taille haie est à éviter car ses coupes ne sont pas nettes, ce qui favorise l’invasion de multiples champignons) ;

– Si une plante est malade, avant de pratiquer des pulvérisations, une taille peut suffire à la redémarrer.

– Pour les grosses tailles et élagage : on peut appliquer à certaines branches des baumes naturels à base d’argile et de bouillie bordelaise (si risque de champignon en climat humide) : dilution d’argile à 20g/L, additionnée de bouillie bordelaise à 7g/L (en théorie, la bouille bordelaise est dilué à 2% et mettre un mouillant au savon noir pour coller.

 

  • Les tailles principales et les moments clés

– Les fruitiers

Une taille de formation destinée aux fruitiers pour une bonne ramification et une généreuse récolte se fera au mois de février-mars en particulier pour les fruitiers à pépins (pommes, poires, etc.). Les abricotiers et surtout les pêchers ne se taille que très rarement, si on peut éviter c’est mieux. Au mois de mai, pour favoriser des fruits plus gros, il est nécessaire d’éclaircir les pêches quand elles ont la taille d’une belle noisette et tous les 15-20cm.

* la taille de formation : les premières tailles de mise en forme (gobelet, fuseau, demi-tiges) on évite de le faire fructifier pour construire la charpente de l’arbre en sortie de pépinière.

* la taille de fructification : on alterne cette taille une année sur deux en laissant certains arbres en repos. On réduira jusqu’à 1/3 de bois sur les blanches charpentières tout en respectant la branche maitresse avec le bourgeon apical.

* la taille d’éclaircie : on simplifie les ramifications des branches, on coupe les branches qui vont à l’intérieur et on coupe les MAM (malades, abimés ou mortes) et les ramifications en trop grand nombre.

* la taille de rajeunissement/simplification : on enlève les ramifications dans le but de favorise des rameaux ployés en vue des futures fructifications et si besoin, pour enlever des vielles branches, mais attention à ne pas en couper en trop grand nombre et laisser juste un tire sève au somment d’une arcure.

Bien-couper_Taille

 

* Reconnaitre et garder sur une branche : la « brindille » qui détiens le bourgeon à fleurs terminal dit couronnée et plus rond,  la « bourse » qui une partie boursouflée qui porte deux rameaux : un fruit et un rameau à bois et la « coursonne » (image ci-dessous) qui concentrera tous les organes cités et à ne pas  tailler et qui portera les  fruits au fur à mesure de l’âge de l’arbre :

 

Reconnaitre les bourgeons sur un arbre fruitier

La coursonne

 

* Enfin, un fruitier mûr doit garder entre 9 à 15 branches « charpentières » arquées, pour avoir les fruits accessibles, on doit toujours tailler les gourmands verticaux qui peuvent former de nouvelles charpentières et enfin, il faut voir ou les arbres font les fleurs pour savoir ou sera les fruits, c’est-à-dire à la base ou au bout des branches ? Cela permettra de mieux limiter la croissance de l’arbre qui peut vite devenir incontrôlable ( pour les pommiers et les poiriers, les fruits se formes sur le bois de deux ans).

* La taille de fin d’été qui est la « taille en vert » vaut pour tous les fruitiers qu’on veut éclaircir et rajeunir, c’est une taille à privilégier et cela favorise la production des fruits sur la production de bois et les arbres cicatrisent mieux, par ailleurs, cette taille est surtout adapté aux « fruitiers à noyaux » (prunier, pêcher, etc.). On évite de tailler : l’abricotier, le cerisier, l’amandier, le kaki, le figuier, l’asiminier et même les noyers à part s’il faut faire des tailles de confort (gêne pour le public ou intervention d’hygiène pour branches malades ou mortes).

Pour des fruitiers palissés, une taille très interventionniste est indispensable.

En conclusion, il faut équilibrer vigueur et production tout en respectant le développement et le port naturel de l’arbre.

 

 

 

-Les arbustes

Je conseille une taille d’entretien/formation qui se réalise une fois par an.

* à feuillages persistants (les feuilles restent sur l’arbuste durant l’hiver) : Eleagnus, Choisya, Buxus, Ilex…

Ces tailles se réalisent en fin d’été et en fin d’hiver, cela permet de redonner des formes et de stabiliser la croissance. On peut dans certains cas, rabattre au ras du sol à la fin d’hiver pour régénérer l’arbuste en son entier, s’il y a un problème sanitaire.

* à feuillage caduc (les feuilles tombent l’hiver), qui fleurissent l’été : de juin à octobre et fleurissent sur le bois de l’année : Althéa (dit aussi Hibiscus ou mauve en arbre), le buddléia (arbres aux papillons) Caryoptéris, céanothe d’été, millepertuis, Hydrangea, hortensia, spirée, vitex (qu’on taille régulièrement au ras du sol), Potentilla, pérovskia, fuchsia, etc.

On les coupes à la sortie de l’hiver dès le mois de mars. (Avec les redoux hivernaux plus fréquents et les courtes périodes de gels, ils peuvent être taillés dès le mois de février). On les coupe plus court que les autres, mais pas trop pour ne pas en faire des « manches à balais ». La règle est de laisser une charpente en faisant attention à ne pas tailler les rameaux de l’année au même niveau pour éviter les « têtes de chats » et les jeunes rejets incontrôlés. On rajeunit les vieux rameaux de plus de 3-5ans et les autres, au tiers de la hauteur.

* à feuillage caduc qui fleurissent le printemps : mars à juin et fleurissent sur le bois de deux ans : Forsythias, cassis, deutzia, seringat, spirée de printemps, weigelia, etc.

Il n’est pas obligatoire de les tailler après floraison chaque année, c’est selon l’espace disponible dans son jardin. Par contre, il est conseillé de les tailler tous les 2 à 3 ans pour enlever les vieilles branches.

 

taille 6Pour plus de renseignement sur les différentes formes de taille, vous pouvez consulter cette page synthèse.

 

 

 

 

 

– Les vivaces

Je conseille une taille d’entretien/formation qui se réalise une fois par an.

* l’entretien au printemps : on les rabat (couper aux ras du sol) et on divise pour les reproduire.

* l’entretien en été : on taille les fleurs fanées soit pour stimuler une seconde floraison ou pour éviter que la plante ne se fatigue, si on ne désire pas une seconde floraison et la montée en graine.

 

 

 

Reproduction des plantes, les grandes lignes


La bouture consiste à obtenir de nouvelles racines par prélèvement de rameau sur un pied mère, c’est un moyen intéressant quand la reproduction des graines n’est pas simple.

Pour un jardinier qui cherche un paysage comestible, il préféra les arbustes mellifères, ceux donnant de petits fruits, et les aromatiques. Cependant les boutures ne sont pas tout le temps une réussite. Les arbres fruitiers (demi-tige/tige) à noyaux et à pépins, par exemple, prendront mieux racines en plantant des scions âgés de 1 à 2 ans en octobre-novembre (un jeune arbre de 1 à 2 ans a 90 % plus de chance de reprendre qu’un arbre en motte planté à n’importe quel saison), on se fournira alors chez le pépiniériste local et, si possible, on favorisera des plantes indigènes.

Boutures dans l'eau particulièrement adaptés aux plantes vertes.

Boutures dans l’eau particulièrement adaptés aux plantes vertes.

La majorité des boutures se réalisent en période estivale en prélevant des rameaux de 5 à 8 cm de long. On sectionne une base d’un rameaux qu’on coupe juste au-dessous d’un nœud, on supprime toute les feuilles pour ne garder que celles du haut et l’on peut recouper en deux celles du haut, pour limiter l’évaporation.

Les « contenants et substrats DIY » des boutures : on repique dans un petit godet ou une plaque de culture alvéolée assez profonde, en privilégiant un « substrat léger » et bien drainant, fait maison si possible : 1/3 terre jardin, 2/3 compost mature (pour remplacer le terreau spécial multiplication), 1/3 sable (pour remplacer la vermiculite). On placera des billes d’argiles ou des cailloux au fond des pots séparés par une toile de jute ou un kraft récupéré. On va arroser une fois pour tasser et pour favoriser l’apparition des racines, on va juste vaporiser pour maintenir humide sans détremper (sinon pourriture des racines). Il faut entre 10 et 30 jours pour faire apparaitre des racines.

À titre d’expérience, les boutures de plantes vertes d’intérieur (papyrus, bégonia, misère, ficus, arum, chlorophytum, etc.) dans l’eau ou par « feuilles » directement posées sur substrat sont plus faciles pour débuter et appréhender cette méthode.

 

  • Les boutures faciles à réaliser et les plus communes

 

– Les « boutures de tiges » ou « rameaux feuillés » :

On prélève sur des rameaux d’arbustes peu ligneux – ils forment du bois à l’âge adulte sur les bases des tiges -. Cela se fait sur la majorité des arbustes caducs, persistants. On bouture en milieu et fin d’été quand les tiges se lignifient ou s’aoûtent, les tronçons feront entre 10 à 20 cm. Il faut les enterrer à 3 cm au niveau des feuilles conservées, après avoir éliminé toutes les feuilles et en ne gardant que 3 feuilles.
Les « boutures aoutées », dites aussi à talon, qui s’adressent aux conifères, sureaux et vignes, se réalisent au même moment.

 

– Les « boutures de tête » ou « herbacées » :

On prélève des jeunes tiges molles à tissus tendre, de type impatientes, bégonias, fuchsias, géraniums, etc. les vivaces et sur les aromatiques : menthe, mélisse, etc. Les tronçons feront entre 5 et 10 cm. On ne conserve que 4-5 feuilles autour du bougeons terminal. Ces boutures peuvent se faire dès fin mai-début juin. Pour les vivaces et aromatiques, je préfère parfois la « divisions racinaire ».

– Les « boutures à bois sec » :

Elles sont destinées à tous les arbustes à fleurs caduc ligneux mais aussi et surtout à une grande partie des petits fruits.
Elles ses réalisent en automne. Le bois n’est pas sec, mais en repos hivernal, on prélève ainsi en début de l’hiver (15 jours après la chute des feuilles) des tronçons de 10 à 20 cm de long et épais de 5 mm et on les place en oblique dans du sable ou sous un tas de feuilles mortes. Dès début mars, on replante dans des pots contenant un substrat léger et drainant  pour commencer le processus de boutures.

  • Astuces boutures

– les regrouper dans le même pots ou godet, par trois pour économie de place;

mini-serres– les « boutures de tiges » et « plantes d’intérieur » apprécient des micro-climats chauffées de type mini-serres (photo ci-contre) ou une micro-pépinière qui pourra accueillir les « boutures secs » et stratification des noyaux. Permaculture désign nous propose un modèle intéressant.

– On peut très bien réaliser ces boutures dans des bouteilles d’eau récupérées / coupées comme pour les semis ;

– Exposition : mi-ombre et pas toute  la journée et près d’une fenêtre ;

Les rameaux pour boutures se prélèvent plutôt le matin, en lune descendante ;

– L’hormone, c’est mieux mais pas obligatoire. C’est même à éviter pour les boutures de têtes destinées aux plantes molles ;

– On arrose pour plomber (tasser) la bouture, la première fois ; après il s’agira de juste vaporiser/pulvériser pour maintenir humide.

– L’enracinement commence au bout d’1 mois, dès que la tige émet des feuilles.

– Si l’on n’a pas de substrat à portée de main, les boutures peuvent se faire dans des pommes de terres limite de consommation on rentre la bouture de 1 cm. On peut les laisser à l’extérieur, on sera alors vigilant à placer la bouture et la pomme de terre, dans un godet et idéalement protéger avec un couvert de type pailles.

  • La division des souches

La division des racines est mieux adaptée que la bouture pour la famille des plantes vivaces comme les Aster, Marguerite, Sedum, etc. Au potager pour la famille des légumes dits perpétuels – plants de ciboulette, livèche, menthe, ail des ours, mélisse, rhubarbe. À éviter toutefois pour certaines aromatiques de type lavande, romarin, sauge, thym, verveine qui peuvent aussi se bouturer en talons, entre juillet et août. La famille des graminées, par exemple, le bambou supporte bien ce type de reproduction, comme les plantes à rhizomes qui se sectionnent au couteau durant l’été de type Iris. Enfin, certaines graminées comme la « Stipa tenuissima » peut se diviser jusqu’à 5 fois !

Le moment ? Au début ou à la fin du printemps, s’il ne fait pas encore trop chaud et avant les grands froids. On divise tous les 5 ans, si nécessité pour rajeunir un massif. Pour les plantes d’intérieur cela se fait à toute saison, quand on divise, on rempote.

 

Que faire si on n’a pas trouvé d’emplacement avant plantation définitive ? On peut planter directement en pleine terre des jeunes éclats/plants ou les rempoter pendant 2-4 semaines en serre, micro-serre ou proche d’un mur exposé sud (mi-ombre) avant plantation définitive.

  • Le marcottage

Le marcottage réussit très bien aux fraisiers, ces stolons qu’on peut diviser à l’infini et couper, pour offrir. Les jeunes plants souples d’un figuier se tordent aisément. Il faudra ensuite les enterrer et les maintenir dans un pot récupéré ou un tuyau PVC qu’on coupera, pour offrir ou planter ailleurs.

Le moment ? À la reprise racinaire, durant le mois de novembre.

Ils sont naturels pour certaines espèces et pour certains vieux arbres, comme ici avec ce Cyprès localisé au jardin de l'observatoire de Meudon

Ils sont naturels pour certaines espèces, comme pour ce vieil arbre: un cyprès localisé au jardin de l’observatoire de Meudon

 

  • La reproduction des graines

Au potager, on les récoltes courant septembre / octobre pour l’année suivante, on peut commencer avec les tomates, c’est assez simple.

Au verger, la récupération des noyaux de fruits que nous consommons et en faire une stratification (les graines qu’on lave pour se débarrasser de la pulpe peuvent se placer dans du sable à l’extérieur, dès novembre pour permettre durant toute la saison hivernal de laisser le froid agir sur celles-ci et dès février, les noyaux lèvent. On pourra alors planter ceux-ci dès début mars) en plaçant dans du sable durant l’hiver, dans un pot exposé au nord-ouest ou dans une mini-pépinière à châssis.

 


*Note: Dans un verger, le cumul de température basse est importante pour une bonne floraison des arbres fruitiers. Ce phénomène se nomme la vernalisation : c’est une période de froid subie par une plante qui est nécessaire pour la faire passer du stade végétatif au stade de floraison.


 

 

  • Greffes

La greffe, c’est délicat et demande de l’expérience. Mais dans une démarche de jardin résilient, il faut la tenter. La greffe qui ne demande par un doigté d’expert est la « greffe à l’anglaise », plus simple que celle en « T » et « écusson ». La technique ? On coupe en biseaux 2 branches qu’on assemble par un mastic à greffer ou argile, c’est plus naturel. On évitera juste que les branches ne s’assèchent en humidifiant avec un tissus.
Les bons portes greffes : pour les pommiers ce sont les « franc de Metz » ; on peut greffer des abricotiers sur des amandiers et des cerisiers sur des Merisiers.
Un vieux prunier peut se greffer avec une reine claude et un mirabellier.

Le moment ? La meilleure période est au mois de mars-avril.

Dans quel but ? Pour régénérer des vieux arbres fruitiers dans un verger et étoffer une haie bocage.

 


* Note: conseil d’implantation d’un verger résilient

– On implante des fruitiers à floraisons tardives comme le pommier ‘reinette de Savoie’ mais aussi des espèces mi-tardive et précoce.

– L’analyse de son sol est vital pour éviter ainsi d’installer des fruitiers en marge de leur biotope, les cas les plus connus seraient par exemple les abricotiers /pêchers dans des terres lourdes, un amandier à l’ombre, un châtaigner dans un sol superficiel et un myrtillier dans un sol au PH basique. D’autres conseils avec les croqueurs de pommes.

– Choisir un bon porte greffe, se renseigner dans la pépinière de sa région

– Laisser pousser au pied des arbres, voir semer des engrais verts et des bandes fleuries.

– Enfin, on prévoit un espace pour des fruitiers comestibles et pollinisateurs de type malus ‘perpetu everest’ qui est un pollinisateur universel, le malus ‘golden délicious’ pour la ‘reinette clochard’ ou la ‘grise du canada’, etc.


 

  • Exemple d’aménagement de boutures pour une haie de petits fruits

On souhaite implanter une haie multi-étagées qui sera forcément pourvue de petits fruits. Ce chantier se réalisera dès début novembre et peut se faire jusqu’à la fin février, tant qu’il ne gèle pas. Les cassissiers et les groseilliers (les framboisiers se divisent plutôt) sont les boutures qui racinent très bien en « bois secs » et ce, directement en terre !

Grelinette-action

Grelinette-action

Avec la grelinette, on prépare le sol sur une profondeur de 20 cm et une largeur allant de 1m50 à 3m, si on souhaite faire 2 rangées en quinconce.

Les boutures sont des rameaux de l’année de 30 cm de long et d’environ 1 cm de diamètre.

On repique les boutures dans un sol aéré et ameubli, par groupes de 3 boutures espacés de 1m20 voire 1m50 (étalement arbustes à taille adultes, mais avec les tailles de saison, on peut réduire cet écartement à 1m), ces boutures hors du sol seront à 20cm de haut.

Pour le final, on déposera un épais  « paillis de compost » sur toute la longueur et sur 5cm d’épaisseur et on recouvrira d’une deuxième couche composé d’un « paillis de paille ou de copeaux sec » (soit 10 cm au final). N.B : en ce qui concerne la succession des paillis ou des « mulchs », je vous conseille de regarder les travaux de Dominique Soltner.

L’apparition de racines pointe dès la fin février-début mars, les jeunes pousses atteindront les 50 cm. À savoir : les cassissiers et les groseilliers fructifient sur les pousses de 2 à 3 ans. Soyons donc patients et évitons de tailler.

 

[wpanchor id= »eau »]Le stockage de l’eau et l’arrosage


 

  • Quel stockage ?

Dans les gestes résilients au jardin et durant sa phase de désign, il sera vital de prendre en compte la récupération de l’eau de pluie. Par conséquent, pour envisager l’arrosage au jardin, les bassins pour remplir une mare, l’installation de capteurs d’eau, il est judicieux  d’estimer la surface de captage (un toit, des puits, des bassins natures, un sol en dur…).

Sur un balcon, on peut être autonome en eau et arroser peu en forte chaleur :

– Au pied des bacs, on dispose du paillage. Avant les copeaux, on peut commencer avec des cartons, de sacs krafts;

– Des plantations au pied des bacs de plantes couvres-sols avec des fraisiers, les pervenches, du lierre, etc. (à ne pas planter au dernier moment, le temps qu’elles prennent racine) ;

– Installer un collecteur d’eau*, avec son arrosoir, pour aider les plantes en pots si on n’a pas de jus de lombricomposteur, il existe un engrais naturel : notre urine ! (l’urine libère très rapidement l’Azote et le Phosphore)

– Les bacs et les pots sont très vites assujettis à la sécheresse, la traditionnelle soucoupe est très bien pour récupérer l’eau d’arrosage et la réutiliser, de plus une majeur partie des pots sont pourvus de réserve d’eau en dessous. Ensuite, si on opte pour la récupération, on perfore sur les côtés des trous, dans le but d’avoir une réserve d’eau sur 10 cm de hauteur, ce qui évite d’arroser trop souvent et de privilégier la méthode de la capillarité. Les jardiniers-permaculteurs évoquent le nom wicking bed.

 

*Collecteur d’eau : installer un clapet dans le tuyau de descente d’eau situé à côté du balcon et insérer une bouteille découpée (entonnoir), le goulot est raccordé à un tuyau qui conduit à un collecteur d’eau, il y un grand nombre de modèles en plastique de 100l, 300l, etc. ou de grandes cuves de 10m3 pour couvrir tout au long de l’année, une surface de 100m2. On regardera si le balcon peut supporter ce poids et on l’installera exposé sud-est ou ouest, le collecteur d’eau donnera une eau d’arrosage ambiante et préchauffée pour éviter les écarts de températures, les plantes n’aiment pas l’eau trop froide.

Un collecteur d'eau en récupération palette adapté à des terrasses plein pied_ chez Joseph Chauffrey

Un collecteur d’eau en récupération palette adapté à des terrasses plein pied, on peut aisément plongé son arrosoir. On récupère 4 palette de type « Europe » (plus solide). On les dispose en tranche (la face du dessus vers l’extérieur), on joint celle-ci avec des équerres métalliques. On fixe les planches à l’intérieur en les vissant donc sur le dessous des palettes. On découpe un bâche (liner de 0,8 mm d’épaisseur) pour obtenir un carré de 3,5m par 3,5m. On dispose tout cela dans le récupérateur de façon homogène et il n’y pas besoin de l’agrafer parce que le poids de l’eau maintiendra l’ensemble. Un habillage de la partie haute n’est pas que esthétique, mais aussi pratique du fait qu’on peut poser des objets et faire courir des légumes grimpants_ Montage de Joseph Chauffrey

 

  • Comment arroser ?

Arroser n’est pas si instinctif que cela, il y a des périodes préférentielles d’arrosage selon les saisons.

Pendant les fortes chaleurs, il est préférable d’arroser le soir pour une meilleure absorption et une évaporation moindre en évitant les arrosages en milieu de journée, en plein jour et au soleil, près de 80 % de la quantité d’eau s’évapore et ne bénéficie pas aux plantes. Si les chaleurs sont précoces au printemps : on arrose d’avantage le matin parce que les risques de « gel localisé » durant les nuits ne sont pas totalement écartés. En été, l’arrosage la nuit, conjuguée à la fraîcheur nocturne, a un effet bénéfique pour les végétaux. Les pluies d’été ne suffisent pas à suspendre les arrosages, à part exception sur plus de deux semaines de précipitations si celles-ci dépassent les 10 L/m2. En outre, l’installation de pluviomètres dans plusieurs parties du jardin est utile, à l’ombre et dans d’autres parties plus ensoleillées. D’une manière générale, il est mieux d’arroser abondamment lors de chaque arrosage et de les espacer sur quelques jours. Un arrosage copieux apporte 8 à 15 litres d’eau par m2 (on compte 15mm par m2 soit plus d’un arrosoir), en comptant une distance de 3 à 5 jours. Cette pratique de l’arrosage permet de mieux imbiber la terre en profondeur, encourageant ainsi les racines à descendre pour y trouver de l’humidité.

Pour limiter l’évaporation on dit qu’un binage vaut deux arrosages ». Ce dicton populaire n’a aucune portée si on ne saisit pas l’ensemble des techniques suivantes. Oui, il est mieux de biner le sol, mais de quelle manière ? Comme développé dans l’article sur les sols vivants, il est fortement déconseillé de casser la croûte du sol ou de le retourner. Ainsi, la grelinette (ameublir et aérer le sol sans retourner la terre) ou une fourche bêche bien utilisée sera un outil parfait pour aérer le sol et favoriser une meilleure pénétration de l’arrosage : l’oxygène arrive aux racines et les micro-organismes profitent aussi de l’arrivée de l’air.

Entretenir un taux d’humus par l’apport de compost permet également de mieux garder l’eau au niveau des racines et éviter un gaspillage d’écoulement dans les profondeurs du sol.

Enfin, il n’y a pas que pour les rosiers que la règle s’applique : on n’arrose pas le feuillage et les fleurs dans le but d’éviter l’apparition de maladies cryptogamiques.

 

  • Quelques bons gestes

L’eau domestique se récupère en récupérant les eaux grises de la cuisine (éviter l’eau de vaisselles trop grasse) à transférer dans des arrosoirs. L’eau de douche pour un bac de 80 X 120cm qui sera transférée dans des sceaux et ensuite dans les arrosoirs.

– Selon l’histoire du lieu : remettre en valeur des puits traditionnel où l’eau est remontée manuellement ou, mieux, la récupération des eaux d’arrosage par des systèmes d’acheminement : Martellières

– Aération du sol assez régulière entre le printemps et l’été.

– Le paillage pour la couverture du sol.

– Habillage de jeunes plantes (en réduisant la longueur du feuillage) pour certaines vivaces et annuelles.

Connaître son sol permet de mieux arroser et de faire des économies d’eau : un sol lourd et argileux retient trop l’eau et risque d’asphyxier les racines, il faut donc laisser plus de temps entre deux arrosages ; un bon arrosage toutes les semaines devrait suffire. Pour les sols sablonneux, c’est l’inverse : on n’arrose pas copieusement et de façon espacée mais plus régulièrement et en plus petites quantités.

– Actuellement, le système d’arrosage reconnu écologiquement est l’irrigation ou goutte à goutte. Il est bien plus économique par rapport à l’arrosage à main qui est vite fastidieux dès que le jardin dépasse les 100 m2.

– Planter des Oyas : cette jarre de terre microporeuse permet un arrosage astucieux, elles sont d’usage très anciens dans les régions du monde soumis à la sécheresse, on appelle aussi ces jarres « canari ». Elle est revenue récemment dans les jardins. Le principe est simple : on la remplie d’eau tous les 2-3 jours et elle diffuse lentement l’humidité nécessaire aux plantes sans stress, ni excès.

Oyas Environnement ©

Oyas Environnement ©

Associé à un bon paillage, ce système prévient tout gaspillage. Il maintient la terre souple et favorise même une vie intense au niveau bactérien et ce, même en été, si le sol reste frais et humide.

La mise en place ? On préconise des modèles recyclés de pots de terre, assez haut. Il suffit alors de boucher le fond à l’aide d’un bouchon en liège et de l’enterrer jusqu’au bord et de remplir d’eau, il faudra y placer un couvercle pour éviter l’évaporation, cela peut être une vielle assiette. C’est particulièrement idéal pour les cultures au potager restant en place sur plus de 3 mois.

  • Pour aller plus loin

– Livre : J’économise l’eau à la maison (donc au jardin)

 

 

Soigner des plantes avec des plantes


 

Dans ce chapitre, vous trouverez les grandes lignes pour garder vos plantes en bonne santé. Pour creuser ce sujet, vous pouvez consulter cet article.

  • Une plante restera fragile

Et végétera voire dépérira si elle ne peut s’enraciner dans son véritable biotope. Mais avec un regard attentif, des connaissances et des gestes précis, on peut éviter les désagréments suivants :

– les pourritures du collet (base de la plante) : on paillera avec un amendement organique à partir d’un compost bien décomposé (à partir de 6 mois environ).

– les pucerons et les cochenilles : ces herbivores attaquent les plantes trop assistées : trop souvent arrosées et trop enrichies d’engrais azotés. À l’inverse, les plantes moins assistées développent des tissus plus rudes et seront donc moins appétissantes.

– les limaces et escargots : il sera impossible d’y venir à bout avant que la biodiversité du jardin ne se rééquilibre et ne retrouve des auxiliaires suffisamment nombreux pour les limiter. Il y a néanmoins plusieurs stratégies pour les piéger. À essayer selon votre contexte : des tas de plantes arrachées ou autre déchets verts en décomposition les attirent (donc le compost peut être une solution), les planches à coté de certaines cultures pour les ramasser régulièrement et les plantes hôtes de type bourrache, hosta et rhubarbe ont également beaucoup de succès.


*Note : L’hosta, une plante oublié pour les jardins-forets comestibles.

Avec la rhubarbe et la fougère, cette plante est particulièrement adaptée pour des ambiances humides et ombragées. Elle n’est pas trop exigeante au niveau du sol et de l’exposition quand elle est bien installée et rend une multitude de services. Une pépinière au Canada, nous en dresse toute une collection et vente ces vertus comestibles tout comme les asperges. Ces plantes vivaces sont particulièrement intéressantes à implanter en bordure ou angle de potager, dans les massifs d’ornements en densité.


 

 

 

– Les gestes de prévention : on doit idéalement [wpanchor id= »sécateur »] désinfecter son sécateur après chaque taille sur les plantes pour éviter les maladies. Avant de passer à la solution du « traitement de tel symptôme pour tel plante », il faut poser le problème. Il s’agit de regarder son environnement et ne pas faire les mêmes erreurs que dans le passé où l’on ne voyait que des symptômes à soigner et pas vraiment le biotope dans son ensemble. Ainsi, souvent, une maladie se développe sur un végétal parce que la plante n’est pas adaptée à son environnement : un sol trop riche, une mauvaise ventilation (pas taillée), trop d’humidité dans l’air, pas assez d’ensoleillement, etc. Dans un jardin résilient, on préféra selon ses gouts le développement de plantes indigènes spontanés avant l’implantation de plantes horticoles, comme des buddleias, des oxalis, etc. Enfin, avant les traitements, on adopte de bons gestes en protégeant ses cultures avec un voile anti-insectes, en sarclant sous le paillage au début du printemps pour limiter les œufs de limaces, etc.

 

  • Faire des extraits fermentés (purins)

sera un complément utile pour aider les bons gestes. Un purin et extrait de plantes c’est la même chose au niveau de l’extraction, à la différence d’une huile essentielle. Je dirai que les purins renforce les plantes plus qu’ils la soignent, ils renforcent leur système immunitaire. On récolte de préférence le matin C’est à ce moment, que les plantes sont le plus chargées en principes actifs. On préfère la plante fraîche, à la différence que s’il est séchée et plus adapté à la tisane pour les molécules aromatiques.

Vous trouverez ici, le récapitulatif des recettes, en attendant je préconise ces 3 plantes : l’ortie, la consoude et la prêle, avec celle-ci on peut rééquilibrer les carences et permettre aux plantes d’être plus résistantes.

Elles sont toutes les trois complémentaires et équilibrées en azote, phosphore et potasse organique et sont pourvues d’une grande diversité en éléments minéraux : bore, cuivre, fer, zinc, etc.) qui apporte la résistance aux plantes.

Le moment ? On utilisera d’avantage l’ortie en début de printemps, la consoude en été et la prêle au moment où on le souhaite.

Outre la fabrication de purin, la consoude qui permet de générer une biomasse assez spectaculaire en allant jusqu’à 4 coupes par an, pour donner du paillage et s’incorporer comme pour l’ortie, dans un trou de plantation en y déposant une poignée de feuilles – on dépose les feuilles, 3 semaines avant la plantation, sans refermer le trou, afin de permettre aux feuilles de se décomposer avant la plantation sinon, sans air, elles ne se décomposeront pas et des racines en contact avec des plantes non décomposés peuvent pourrir – qui remplacera les engrais bio du commerce de type corne broyé.

 

Mode d’emploi:

Illustrations_mag-Kaizen

Illustrations_mag-Kaizen

– on dépose dans un bac plastique (en terre ou en bois mais jamais en métal) à raison de 1 kg de plantes fraiches (en séchant, les plantes perdent une grande partie de leurs vertus) pour 10 litre d’eau.

– on remplit le bac d’eau de pluie et on referme avec un couvercle percé de petits trous ou recouvert d’un tissu de type moustiquaire, en le maintenant avec une pierre. Le but est qu’il y ait un minimum d’aération (l’oxygène facilite un peu la fermentation pour le cas des purins qui sans air, peuvent pourrir). En effet, comme pour la limonade, certains font leurs purins sans air, mais la réussite est plus aléatoire.

– On remue une fois par jour et, au bout de quelques jours, c’est la présence de petite bulles qui indiqueront le top départ de la fermentation. Elle se finit lorsque les bulles disparaitront (on comptera alors 5 à 15 jours selon la température)

– On filtrera ce purin assez grossièrement dans un vieux panier à salade par exemple ou autre chinois de taille importante. Et pour finir, on stockera en bidons, à température ambiante.

– Dosage : en pulvérisation, c’est de 5 % à  20 % et en arrosage, on reste à 10 %.

Le récipient utilisé est de préférence en plastique, l’idéal étant ces bidons de 50 l. Pour les infusions et décoctions qui se font simplement dans une casserole, l’embouteillage se fait directement après refroidissement

Si l’on dispose de moins de temps, on peut faire des décoctions (24h dans l’eau puis porter à ébullition durant 30 minutes) ou des infusions (1,5 kg de feuilles pour 10 l. d’eau chaude. On porte à ébullition et on laisse infuser pendant 24h). Ces deux méthodes sont davantage prévues pour pulvériser, un arrosage ne sera pas assez efficace. En effet on les utilise plutôt en pulvérisation  mais principalement pour une question pratique : on ne peut préparer de grosses quantités de décoctions ou d’infusions d’un coup (à moins d’avoir de très grosses marmites); or, en pulvérisation, on va pouvoir traiter beaucoup plus de plants qu’avec des arrosages

Un purin de consoude peut se préparer avant l’automne pour être stocké au frais tout l’hiver. Ce purin de consoude est surtout utile pour renforcer les jeunes semis en serres, qui commence à grandir dès le mois de mars/avril.

Pour les personnes qui sont en apparentement ou sur un balcon voici de petits bacs à purin, déjà prêt de la même esthétique que le bokashi mais qui laisse passer un minimum d’air.

 


*Note : le Buis, des grimpantes pour les ressusciter

Depuis 5 ans, le buis rafle à lui tout seul un record d’attaques en tout genre : ravageurs herbivores avec la chenille pyrale et maladies cryptogamiques avec le Volutella buxi. Pronostic : ils pourront disparaître comme repartir, on ne sait pas ! En attendant, pour ne pas s’apitoyer devant ce spectacle désolant, on peut leur donner une deuxième vie en faisant courir sur les ramures desséchées des plantes grimpantes, annuelles de préférences, pour ne pas les étouffer : capucines, ipomées, pois de senteur mais aussi rhodochiton volubile sont du plus bel effet. Parmi ces annuelles, les légumes du potager sont aussi concernés et même plébiscités comme les courges, potirons et autres plantes coureuses et volubiles.


 

Pour un désherbage sélectif


 

Pour désherber efficacement, il faut désherber le moins possible et pour cela, il faudra acquérir une bonne connaissance des plantes adventices devenant parfois indésirables, permettant de mieux comprendre le déséquilibre de son sol, ces plantes devenant alors « bio-indicatrice » également, ces plantes dit adventices sont loin d’êtres toutes néfastes pour les hommes. En effet, dans les milieux fortement urbanisés et dans une certaine mesure, elles assurent la régulation de la pollution, elles absorbent une partie des gaz toxiques, elles dépolluent les sols. Ce sont les trésors de nos rues qui apprécient les mouvements crée par l’homme. Les plantes rudérales “aiment” les perturbations.


*Note: Mauvaise herbes, on vous aime

Petit almanach introduisant les vertus des mauvaises herbes qui soignent, qui nourrissent les hommes et la faune, qui améliorent et couvre les sols et par ailleurs, protègent les autres plantes.


 

 

Prenons l’exemple du Liseron et de sa racine, située à une profondeur d’environ 1 mètre et idem en largeur. Pour le désherber, il faudrait constamment creuser à 1 mètre de profondeur. Il n’y a pas de recette miracle : il faut être obstiné dans l’arrachage, à partir du mois de septembre, au moment où la sève commence à redescendre. Les désherbants « spécial liserons » et leurs actions systémiques ne servent pas à grand-chose (les herbicides sont tous composés d’acide 2,4D et de glyphosate qu’on nommait « agent orange » et qui étaient utilisés pour défolier les forêts du Vietnam. Cela a entrainé la naissance d’enfants mal formés).

Liseron des Haies (plus vorace que le Liseron des champs

Liseron des Haies (plus vorace que le Liseron des champs

Le développement de ces plantes indésirables comme le liseron, chiendent, chardon, etc. dépendent souvent de l’état du sol. Les plantes bio-indicatrices (lien C.Vert) prévient d’un sol déséquilibré : trop acide, trop tassé, etc. Il faut écouter le message de ces plantes et voir comment rééquilibrer son sol.

Quelle méthode pour bien désherber ?

La meilleure période est l’automne et la toute fin d’hiver : on extirpe les racines de la terre via une grelinette (sans les casser : elles se dédoublent) et les sortir une par une. Par ailleurs, avant de mettre au compost ou de remettre en paillage au sol, on laisse sécher ces plantes, sur un tamis ou une planche pendant 1 semaine, pour brûler les graines.

De même qu’avant d’arracher des plantules sans savoir ce que c’est, il est sage de les déterminer et d’attendre qu’elles grandissent. On pourra avoir de belles surprises : tomates, capucines, pissenlits, bourraches, consoude, etc. ces semis spontanés seront plus résilients et adaptés à votre milieu, et repartirons mieux après le repiquage !

On pourra alors contrôler les herbes dès leur naissance en arrachant certaine dès que possible, dans le but d’éviter qu’elle ne grainent.

Dans le contexte d’allées gravillonnées, le désherbage thermique avec un brûleur propane peut être intéressant : il dessèche la plantes sans trop déranger la vie dans le sol. À l’automne,  l’emploi de bâches pour préparer des futurs zones de cultures (cela se fait aussi avec du foin, de la paille et autres paillis, comme nous l’explique Dominique Soltener) évitera un long et fastidieux travail d’élimination de la végétation en place, à la sortie de l’hiver ; on tond court, puis on installe à l’automne une bâche opaque (ou moquette récupérée en déchèterie)   ou encore un paillis épais, qu’on enlèvera à la fin février : l’essentiel du travail sera fait, il ne restera plus qu’à décompacter, amender et affiner.

En complément, un ouvrage de Denis Pepin du centre « terre vivante » qui nous explique comment désherber naturellement en trouvant de vraies solutions préventives. Pour le verger et le jardin d’ornement, quelles sont les meilleurs vivaces couvre-sol, les plantations imbriquées et associées, quelles adventices garder ? Au potager, comment faire avec le paillage et la concurrence des engrais verts ? Je lui laisse la parole.

 *Note: la fin des cultures

Il est recommandé de ne pas arraché les racines des cultures terminées (excepté si présence de maladies cryptogamiques). Ces racines nourrissent les organismes du sol et laissent à leur place un sol poreux et aéré et enfin, de restituer au sol une partie des fertilisants que la plante a utilisé durant sa croissance.

 

Règles de plantations


 

A la mi-mai, les jeunes plants de tomates se plantent toujours en profondeur et en buttant, on peut mettre des feuilles d'orties ou de consoudes au font du trou.

A la mi-mai, les jeunes plants de tomates se plantent toujours en profondeur et en buttant, on peut mettre des feuilles d’orties ou de consoudes au font du trou. Notes: pour éviter de déranger les racines de la nouvelle plante, il est mieux de placer les feuilles 3 semaines avant la plantation, sans refermer le trou (afin de permettre à celles-ci de se décomposer avant la plantation).

En premier lieu, les plantes en conteneur peuvent être plantées sans préférence de saison, tant que le sol n’est pas gelé ou qu’il n’y a pas de très fortes chaleurs. Avant la plantation, on immerge la motte dans un sceau d’eau, on prévoit 1/3 de terreau ou compost et 2/3 de terre du jardin. Il faut bien mélanger en fond de trou, la terre et le terreau/compost pour que le végétal puisse bien prendre racine et ne pas végéter. On décharne les racines, pour une reprise et un ancrage plus rapide dans le sol. Le terreau/compost se répartit d’avantage autour de la motte, il faut tasser progressivement en finissant par la cuvette (arrosage : 3l d’eau minimum) pour continuer le tassement et éviter que l’air n’entre entre la terre et les racines (risque d’un dépérissement du végétal).

En deuxième lieu, les plantations de végétaux à racines nues doivent être trempées dans une boue de pralinage (1/3 terre végétale, 2/3 compost) avant plantation (laisser agir 30 min minimum). On rafraichie en coupant les grosses racines et on taille toute la partie aérienne  en laissant que 20-30 % du volume. Pour les plants en godets qui dessèchent très vite, il est bien de les réhydrater, donc on les bassines, c’est-à-dire qu’on met les jeunes plants au bain. Dans une bassine, on fait tremper les godets sans dépoter afin que la motte ne se délite pas, on observe les bulles qui remontent à la surface quand il n’y en a plus, c’est que le plant est prêt. Pour un bain plus dynamisant, on peut mettre du jus de compost ou du purin de consoude voire d’ortie.

*Notes : pour la plantation de gros sujet ou de plantes délicates, je conseille de préparer le trou de plantation 2 à 3 semaines avant pour bien ameublir la terre et éventuellement, mettre du compost, ou de la corne broyée, ortie/consoude au fond du trou pour une bonne reprise.

Un tuteur de maintien est toujours positionné en oblique pour les mottes et le long du tronc, pour les racines nues. Pour les gros sujets (futurs arbres de 8-10 à 14-16 de diamètre de tronc), on privilégie le tuteurage en bipode ou en tripode (la jonction se fait à 1m50). La technique du haubanage est idéale pour de très gros sujets (lien article abre en ville CSocio) Pour une future haie, on tuteure chaque plante à mi-hauteur par un fil de fer tendu sur toute la longueur.

Pour le substrat pour mini-jardins et balcons, comme indiqué sur cet article pour les cultures urbaines, Hervé Chabert conseille d’éviter des terres trop communes, elles sont lourdes pour les balcons et ne retiennent pas bien l’eau. Le mélange adapté est un mélange terreau biologique professionnel et lombricompost de 10 à 40 %. Toutefois, si on ne dispose pas de ces matériaux, on peut très bien commencer avec de la terre récupérée et avec la technique des lasagnes, l’améliorer avec ce qui sera disponible autour de soi.

 

 

Au potager, quelques bons gestes


 

Design d'un potager en permaculture. ©Nelly Pons pour Acte sud/Kaizen. Toutefois, la permaculture ne s’arrête pas au potager, comme expliqué au début de cet article.

Design d’un potager en permaculture. ©Nelly Pons pour Acte sud/Kaizen. Toutefois, la permaculture ne s’arrête pas au potager, comme expliqué au début de cet article.

 

  • En vrac

– Un potager n’est pas qu’actif entre le mois d’avril-mai à octobre. Dans un jardin cherchant la résilience, il n’y pas que les légumes courant cultivés au printemps qui ont leur place, comme les incontournables laitues, tomates et radis. On reste dans une logique de consommation du jardin à telle ou telle saison. Mais si l’on souhaite cultiver dans la pérennité, on privilégiera alors les légumes perpétuels qui pourront rester sur plusieurs années. C’est notamment le cas des plantes sauvages au jardin, à l’instar de les consommer en cueillette comme l’oxalis, l’ortie, la mauve, le rumex, le pissenlit, le chénopode en particulier, le « bon-henri », l’alliaire, le chardon marie, le gaillet grateron, le mouron des oiseaux, l’onagre, le plantain et la primevère mais aussi les fleurs comestibles avec agastache menthe, bourraches, cosmos, capucines, mauve et souci et les légumes perpétuels, ocas du Pérou, topinambour, rhubarbe, cerfeuil tubéreux, l’ai rocambole, le céleri, l’oseille. En hiver : la roquette, épinard perpétuel, les chicorées, la ciboule de Chine, la pimprenelle, etc. Voir les verdures asiatiques qu’évoque Joseph Chauffrey qu’on sème fin septembre mi-octobre et que l’on repique en pleine terre mi-novembre, couverts d’un voile de forçage ou en serre froide et qui pourront être bonnes à manger durant le mois de février. Seul hic : les limaces les adorent.

Par exemple, nous sommes à la mi-septembre et certains plants de tomates semés trop tard n’ont rien donné ou commence à donné des tomates vertes. On peut tenter de les gardez les à l’intérieur. On l’oublie trop souvent mais les tomates en climat chaud sont vivaces et peuvent se lignifiés pour certaines, d’où l’appellation « tomates en arbres ». Selon sa place dans une serre chaude, véranda : les tomates peuvent donner en continu et même l’hiver !

Préparer sa zone de culture (sans aucun motoculteur ou autres machines). À l’automne, on couvrira son sol et au début du printemps, on enlèvera le paillage. La terre bien meuble pourra recevoir aisément les premiers légumes de type : carottes, navets épinards. On pourra compléter avec la binette et un lâcher de poules et de canards pour nettoyer la parcelle des œufs de limaces et topins. Et, pour la dernière étape, on recouvrira avec un compost bien mûr. C’est à partir de la 2 à 3 semaines, qu’on réalisera les premiers semis ou repiquages et le paillage sera remis dès que les jeunes plants seront bien implantés. Une autre approche de préparation consiste à semer des engrais vert en août/septembre, qui couvriront la parcelle durant janvier  et qu’on fauchera en y disposant sur le dessus, un paillis de feuilles mortes (min 10cm) qui hâtera la décomposition, préservera du froid et enrichira la zone de culture.
En conclusion, l‘installation d’un potager se fait durant l’automne pour profiter du repos hivernal, qui permettra – grâce aux couvertures permanentes naturelles – d’avoir des zones de cultures avec une terre meuble et fertile dès le début du printemps, plus d’info chez Gilles Dubus.

– La rotation n’est pas obligatoire : pour les petits potagers et même les grands (à partir de 100 m2), elle n’est pas forcement pertinente. Justement, si le sol est riche et équilibrée, les épinards ne souffriront pas forcement de suivre d’autres légumes, feuilles… La rotation peut être utile si on alterne les familles botaniques quand il y a un problème de ravageurs ou de maladies de type cryptogamique touchant le sol, tels que les mildious pour la famille des solanacées, etc. Dans une serre, on peut semer des engrais verts, en particulier de la moutarde, qui à la capacité à désinfecter la terre quand le mildiou est installé. Un sol vivant, couvert et découvert au bon moment pour se réchauffer, suffira à alimenter en continu les plantes en éléments nutritifs.

– La succession donne plus de légumes dans de petits espaces. L’exemple du chevauchement des carottes et des tomates est facile à réaliser. Le but est de semer et repiquer un légume sous une culture qui s’apprête à être récoltée, la jeune plantule aura juste le temps de monter avant d’avoir toute son aise pour croître. Exemple : les carottes qui seront semées en février et récoltées courant juin, s’ensuivront des tomates repiquées à la mi-mai dans la même parcelle. Avec cette méthode, on gagne 60 jours.

– Ma sélection de plantes aromatiques en pot et non exigeante : la mélisse, le persil et la ciboule. Pour la pleine terre, je recommande la menthe, la livèche, le fenouil, le romarin et la sauge qui ont des puissants systèmes racinaires ayant besoin de place.

– Ma sélection de plantes « bio-masse » : la consoude, la bourrache, le sureau et la capucines, ces 4 plantes sont toutes comestibles et très attractives pour les pollinisateurs. Les deux dernières sont des plantes hôtes pour les surpopulations d’herbivores. Une plante de « bio-masse » donne régulièrement du paillage dans les interlignes du potager. Pour celles, qui se lignifient (donne aussi du bois), ces branches serviront au broyage, pour la création de bordures tressées, voire pour des fagots déposés au sol pour abriter des auxilliaires 

– Ma sélection pour pollinisateurs : le lierre laissé en boule dans certains coins du jardin, la bourrache, la capucine, le cosmos et la luzerne

– On sarcle toujours avant de pailler ou d’y mettre du compost, un sarclage (griffage) vaut deux arrosages.

– Les tomates et autres légumes exigent, à l’instar des aubergines, poivrons et piments, des paillages nutritifs comme celui du gazon (pas plus de 5 cm d’épaisseur, sinon fermentation)

– On peut profiter d’un potager après les vacances, en semant des courgettes à la mi-juillet pour les récolter fin août et début septembre ;

– Quand on repique : il est mieux « d’habiller » les plants avec un pralin (pralinage, comme pour les racines nues, chapitre ci-avant) pour une meilleure reprise, cela est commode pour les poireaux, salades par exemple.

– On butte les légumes racines : pommes de terre, haricots et fèves et on éclaircit tous les semis qui montent : radis, carottes, panais, betterave durant tout le printemps et le début de l’été.

– Pour les problèmes d’oïdium et de mildiou sur les légumes, en particulier les cucurbitacées, on privilégie des traitements naturels à base de bicarbonate de soude, lait de vache dilué à 1/10e et d’ail.

 

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– On fertilise à la fin du printemps et continuellement pendant l’été (toutes les 3 semaines) dans le but de favoriser la floraison et le grossissement des fruits, des racines et des tubercules : arrosez au pied (dilution à 10 %) ou pulvérisez sur le feuillage (dilution à 5 %) les légumes avec du purin d’ortie, de consoude ou d’arrosoir à l’urine (dilution à 5 % pour 10l)

– La gestion des limaces en temps humides est très compliquée. En attendant de retrouver dans son jardin un bon biotope et son précieux petit peuple d’auxiliaires, batraciens et  hérissons, il est conseillé de planter des légumes feuilles pour les limaces : rhubarbe, bourache, roquette, scaroles pour préserver vos laitues et batavia, par exemple. Et ajouter une poignée de granules à base de Ferramol à chaque repiquage et semis en pleine terre. On peut aussi faire des barrières avec des coquilles d’œuf émiettés.

 

Pour aller plus loin: échanges et formations


 

Les acteurs de la résilience

 

  • En ruralité

Avenir permaculture avec Pascal Depienne

Permaculture désign avec Benjamin Broustey

Permaculture, agroécologie, etc. avec Damien Deckarz

– Jardin résilient et autonomie: du jardin à l’assiette avec Christophe Köppel et David et Catherine Latassa pour terre vivante

– Le potager d’une curieuse avec Josiane Goepfert

– La permathèque

 

  • En ville

– Nicolas pour la chaine Autrement

– Ne pas rester seul, trouver des voisins jardiniers

– Parc à thème pour apprendre les fondamentaux du jardin bio : terrabotanica.fr

– En route, vers l’autonomie : émission radio « bon plan » au jardin

oasiscitadine.fr entre la ferme en polyculture et le jardin partagé

Réseaux permaculture Alsace : bons plans, annonce et articles « savoir faire » chez soi au jardin, les conserves, résiliences…

– Réflexions sur les villes résilientes

 

Les graines

Selon la FAO, en un siècle, 75 % des variétés comestibles cultivées ont disparu malgré la récente libération des semences anciennes. Pour disposer de graines, échanger sur la reconnaissance des plantes et agir, gratuitement, en faveur de la biodiversité, vous pouvez rejoindre Grainesdetroc.fr

 

Le recyclage

Pour le bac à compost, avant de passer au magasin, un grand nombre de municipalités fournit des bacs constitués en bois d’épicéa et construits en France localement et, souvent, dans des associations de réinsertion de type « jardin de cocagne » et dans les prisons. Pour mieux comprendre l’enjeu du tri – si possible à 100% – de ses biodéchets, Zérowaste France a lancé une campagne.

Le broyat dans une plate-forme de recyclage près de chez soi comme Bioyvelines.fr ou voir avec brfgénération.fr

 

Les outils

Le prêt d’outils de jardin peut aussi se faire entre membres d’une association ou dans un SEL (Système d’Echange Local) : annuairedessel.org

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