Retour au réel #2 – Non à l’humanité à deux vitesses

Cet article a été écrit par Braconnier du Cosmos, le 4 novembre 2019

Le bien se distingue des biens

Nous le constatons chaque jour : notre société post-moderne hyperconnectée, refusant ses limites, se réfugie dans l’hédonisme et la distraction. On fait ce qu’on peut pour sortir d’une réalité oppressante (réchauffement climatique, chute de la biodiversité…) et on se disperse dans le rideau de fumée hors-sol du bien-être technique. Et, imperceptiblement, on se déconnecte de l’entraide concrète et de la sauvegarde du bien commun, sources de relations et, par conséquent, de joie et de paix.

Journal de la Décroissance d'octobre 2019

Journal de la Décroissance d’octobre 2019

Les débats bioéthiques actuels sur la PMA-GPA – aiguise notre prise de conscience, au delà de l’émotionnel. Ce projet de loi, fille du mariage pour tous et petite-fille du PACS, ne peut qu’emmener à un meilleur des mondes relativiste, brandissant le drapeau d’un libéralisme sans contrainte, recyclant toutes contestations en « pourquoi pas »;

en voici ces conséquences :

=> Des exigences sociétales et économiques en vue du confort de certains : détente, tourisme, festivocratrie (l’homo festivus de Philippe Murray). Alors que la médecine de proximité et les urgences sont en crises et que certains des classes paupérisés et moyennes (distance géographique) sont souvent privés de certains soins, donner la priorité financière à ces conforts et transgressions éthiques est une aberration;

=> L’eugénisme: – « en est le mobile et le moteur dans les technologies reproductives […] Cette hygiène de la race «transhumaniste» ne résulte plus seulement de politiques d’État comme au XXe siècle et encore aujourd’hui en Chine et à Singapour; mais d’une filière technocratique «inversée» (Galbraith), ayant asservi l’État et le Capital à ses volontés de puissance pour imposer ses produits aux masses de consommateurs : Les choix «individuels» étant façonnés en amont par la «destruction créatrice» (Schumpeter) […] La rançon de l’émancipation du vivant et de ses contraintes naturelles, c’est la soumission aux contraintes techniques du monde-machine, et au pouvoir des machinistes. Des biocrates experts et spécialistes […] Non pas seulement d’éliminer les mâles de la reproduction, mais également les femelles et toute reproduction sexuée, pour leur substituer la race supérieure des Inhumains Génétiquement Modifiés. Leur objectif final, c’est la destruction de nos droits reproductifs, notre stérilisation, contrainte ou consentie, et notre disparition en tant qu’humains ordinaires, aptes à la reproduction naturelle, libre et sexuée. Et si nous rechignons à la stérilisation et à notre propre disparition, les Inhumains supérieurs sauront mettre en place des programmes d’euthanasie compassionnelle, comme l’Aktion T4, entre 1939 et 1941, en Allemagne » , par Pièces et main d’œuvre  et publié dans le journal la décroissance d’octobre 2019;

=> La fausse pluralité : la force redoutable du système (comme l’avait compris Guy Debord et bon nombre de situationnistes) est sa capacité à intégrer, digérer ses propres contestations;

=> Un progrès technique est un véritable progrès, s’il demeure réellement au service du bien commun.Un véritable progrès est en premier lieu le respect de la dignité de toute personnes humaine, une vraie écologie intégrale;

il y a un risque au relativisme : un acte intrinsèquement mauvais ne peut jamais devenir acceptable même si c’est pour une bonne perspective : « il n’est pas licite de faire le mal en vue du bien » (Rom chap. 3, 8);

 

=> La logique permissive de lois sociétales véritable greffon du libéralisme philosophique émancipant l’homme de Dieu et de l’ordre naturel et la toute-puissance du désir individuel qui fragilise le « bien commun »:

– la victoire de l’individualisme, comme une certaine théorie du genre confond homme et femme, le capitalisme néo-libéral confond famille et denrée périssable : le mondialisme est une véritable «babélisation» qui confond tout;

– Tout ne s’achète pas : la généralisation de la marchandisation du corps humain avec le cas PMA, la médecine est au service d’un droits à l’enfant qui devient une chose et un objet, la demande de gamète entrainera rapidement une pénurie de l’offre et une importation massive de sperme de l’étranger  et on le sait on triera et sélectionnera les bébés suivant des critères de qualité, la GPA suivra (qui fut introduite dans la nuit du 04 octobre, dans le projet de loi bioéthique contrairement à ce qu’affirmait le gouvernement, rien d’étonnant puisque la GPA est le corollaire de la PMA sans père) qui viendra, l’euthanasie suivra ; le polyamour et le statut de travailleur du sexe sera normal. Comme pour la pornographie dans sa brutalité marchande,  qui avilit l’homme et en même temps la femme;

– à l’inverse, nous devrions réapprendre à accueillir nos limites, dans le but de retrouver « l’entraide, l’autre loi de la jungle » comme l’exprime Pablo Servigne et éviter le délitement des solidarités locales.

 


Un autre cas révélateur : l’affaire Vincent Lambert qui a ouvert l’institutionnalisation de l’euthanasie.

 

Michel Houellebecq, avec honnêteté, titre une tribune du Monde, le jeudi 11 juillet :« Vincent Lambert, mort pour l’exemple » et avoue qu’il vivait dans un état mental particulier, dont le plus honnête serait de dire qu’on ne connaît à peu près rien. En parallèle, Michael Schumacher, cas médical tout proche de celui de Vincent Lambert, à la différence près que les médias ne s’en sont pas emparés, peut encore jouir de soins spécialisés en milieu privé. Le coût des soins est estimé à 56 000 euros par semaine (soit près de 3 millions d’euros par an).

Face à ces actualités troublantes, Mgr Michel Aupétit, dans cet article pose la question: une certaine partie de l’humanité serait-elle devenue de simples déchets ? Ici, la vie est davantage a préservé qu’a être amélioré au même titre que la perte de biodiversité. Dans l’histoire de l’église, un Saint Thomas d’Aquin a justement chercher à réconcilier en produisant une synthèse de la sagesse grecque qui intègre la vision de la nature dans la révélation de Dieu.

Sur l’euthanasie, reprenons un passage du livre prophétique de Robert-Hugh Benson, « le maitre de la terre » : « D’un consentement unanime, les êtres inutiles, les mourants spécialement réservés à l’euthanasie lui prouvaient assez combien un tel affranchissement était légitime. Et si d’autres y recouraient, pourquoi s’en priverait-elle, en présence de ce poids qu’elle se sentait incapable de porter ? » Dans ce roman, l’euthanasie est pratiquée à grande échelle. Dans ce monde imaginé par RH Benson, il n’y a plus que trois forces qui comptent : le catholicisme, l’humanitarisme et les religions de l’Orient. L’humanitarisme est en train de devenir lui-même une religion organisée, malgré sa négation du surnaturel. Il s’est associé au panthéisme : sous la direction de la franc-maçonnerie, il s’est créé des rites qu’il ne cesse point de développer et il possède, lui aussi, un Credo : « L’homme est dieu… ». Dans cette histoire s’ensuivra l’instauration d’un gouvernement mondial (dirigé par un certains M. Felsenburgh) et de la religion de l’Humanité, excluant comme criminelle toute spiritualité transcendante ; l’Église y subira sa dernière persécution.

Car quelle est la différence entre un tas de pierres et une cathédrale ? C’est la même différence qu’entre un amas de cellules et une personne humaine. Un tas de pierres et un amas de cellules ne sont qu’un amoncellement informe. Dans une cathédrale ou une personne humaine, il y a un principe d’organisation, un principe d’unité, une intelligence créatrice.

Mgr Michel Aupetit, homélie le 18 avril 2019 à Saint Sulpice, Paris.

La vie en société est plus qu’un fait, c’est un bienfait. Par conséquent, face à la barbarie et à l’entrée en matière universitaire de la collapsologie, la loi de l’entraide est un vaccin. Pour mieux vivre ces transitions, chacun doit porter son devoir d’état et tous ces états se complètent et s’ordonnent : nous avons des devoirs entre assistance et visite aux personnes pauvres, seules âgées, vulnérables, dépannages et aides diverses.


 

Un regard sur le bienheureux Frédéric Ozanam

 

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Un peu d’histoire

 

Frédéric Ozanam (1813-1853) appartient au tiers-ordre franciscain et lutte contre les critiques des Saint Simoniens[1] de son époque, lesquels, bons « matérialistes » et « positivistes », voient le catholicisme comme périmé et has been pour répondre aux problématiques de la pauvreté… Par bien des aspects, notre société partage et prolonge la déchristianisation de la France du XIXe siècle. Le Paris décrit par Victor Hugo dans Les Misérables est une ville bouillante et violente, avec des quartiers surpeuplés et insalubres, atteints de misères tant matérielles, que morale et spirituelle. Notre Paris contemporain n’a rien à envier à cette description : se juxtaposent aujourd’hui encore quartiers jouissant d’une grande réussite économique et technique et poches de misère de plus en plus criantes. Et, encore aujourd’hui, elle développe une ignorance profonde du christianisme et de son apport spécifique à la recherche du bien commun.

Frédéric Ozanam mène à la Sorbonne, acquise en son temps aux idées du laïcisme et du scientisme, un véritable combat intellectuel. Pour ne pas laisser la dimension sociale aux seules mains de ces penseurs très critiques qui opposent à l’Église ces idées sur la liberté, le progrès, la science, la raison; lui se battra pour concilier Foi et Raison : la Raison conduit à la Foi et la Foi accomplit la Raison. Actuellement, si certaines idées progressent sans regarder le « bien commun », elles peuvent s’emballer et devenir folles, pouvant faire surgir des idéologies hors sol, ce qui est toujours dangereux, l’Histoire nous l’a prouvé à maintes reprises.

L’entraide est donc autant une loi de la vie animale que la lutte réciproque, mais, comme facteur de l’évolution, elle a probablement une importance beaucoup plus grande, en ce qu’elle favorise le développement d’habitudes et de caractères éminemment propres à assurer la conservation et le développement de l’espèce.

Pierre Kropotkine, géographe, explorateur, anthropologue et théoricien du communisme libertaire.

 

Contemplation Parole-Action

 

L’enfance du B-X F.Ozanam est marquée par la souffrance qui forge en lui un regard clair et une grande maturité. Il fonde à 20 ans, en 1833, avec sept amis, une « société de charité » où il joint la parole à l’action. Il se met au service des pauvres, marqué par les paroles de Saint Vincent de Paul : « les pauvres sont nos maitres » et « quand on voit un pauvre, on se prosterne devant lui, comme le Christ présent dans le pauvre comme dans l’eucharistie ». Cette société de charité veut enserrer le monde dans un « réseau de charité ». Avec l’aide et sur les conseils de Sœur Rosalie, Fille de la Charité proche des pauvres du quartier Mouffetard, cette société devient, en 1835, la Société de Saint-Vincent-de-Paul.

La question qui divise les hommes de nos jours n’est plus une question de formes politiques, c’est une question sociale, c’est de savoir qui l’emportera de l’esprit d’égoïsme ou de l’esprit de sacrifice. Il y a beaucoup d’hommes qui ont trop et qui veulent avoir encore ; il y en a beaucoup plus d’autres qui n’ont pas assez, qui n’ont rien et qui veulent prendre si on ne leur donne pas. Entre ces deux classes d’hommes, une lutte se prépare ; et cette lutte menace d’être terrible : d’un côté la puissance de l’or, de l’autre la puissance du désespoir.

B-X F.Ozanam.

Toujours dans le sillage de Saint Vincent de Paul, qui avait ouvert les portes de ces églises et des cloîtres pour que les prêtres et les religieuses (les filles de la charité, le premier ordre de religieuses non cloitrées) puissent accueillir les pauvres, Frédéric Ozanam invite les laïcs à aller concrètement au contact de la pauvreté de leur temps, avec ces mots : « la question qui agite aujourd’hui le monde autour de nous […] est une question sociale ; c’est la lutte de ceux qui n’ont rien et de ceux qui ont trop ; c’est le choc violent de l’opulence et de la pauvreté qui fait trembler le sol sous nos pas. »

En cette période troublée de la révolution de février 1848, Frédéric Ozanam défend la situation des plus pauvres et des ouvriers. Selon lui, cette révolte engendrera : « un progrès qu’il faut soutenir. J’y reconnais l’avènement temporel exprimé par ces trois mots : Liberté, Égalité, Fraternité. Je veux donc la souveraineté du peuple. »

Écouter les paroles mais observer les actes

Confucius.

Atelier solidaire St Ouen

Atelier solidaire St Ouen

À son exemple, mieux vivre en société et éviter la barbarie

 

Notre société est le reflet des personnes qui la dirigent et la composent. En résulte une équation simple et logique : des hommes plus pervertis = une perversion des structures + une inversion des structures (Saint Jean Paul II parlait des structures de péchés). Un individu qui est déraciné et indifférencié ne se définit plus par des devoirs vis-à-vis de la société. Par conséquent, le cas des travailleurs sans-papiers est hélas, un exemple de l’histoire qui bégaie, sans critiquer les hommes plus qu’un système pervers. Les sans-papiers deviennent alors cette nouvelle armée de réserve de travailleurs d’un néo-libéralisme inscrit dans le marbre des traités européens ; ce qui n’est sans doute pas un hasard si, au même moment, le MEDEF veut faciliter le recrutement des étrangers ce qui impose à la France pour sauver l’Euro de faire constamment de la dévaluation interne, comme le montre la chaine de pizza Big Mamma, dans cet article du 6 novembre de Marianne.

Nous ne sommes ni interchangeables, ni jetables. Nous sommes appelés à vivre en société et pour cela, chaque membre doit grandir avec plusieurs critères que je mets dans un ordre précis : être un citoyen pacifié, savoir se dépasser (ne pas tout le temps rechercher son bien particulier), savoir se dévouer : chercher le bien des communautés auxquelles j’appartiens.

Au niveau écologique, ces deux images de sainteté nous aide à lutter contre notre vieil homme qui souvent, enorgueilli de sa science et de ses savoirs techniques, a perdu de sa candeur. Cela nous incite à repenser notre rapport au monde dans une juste sobriété, une frugalité du retour à la matière pour retrouver confiance, pour mieux servir et être attentif à l’autre, et déjà notre voisin de porte.

« il faut sortir de la société de croissance en allant vers une société de décroissance, non plus basée sur ce logiciel de produire/consommer/rejeter toujours plus, mais fondée sur l’autolimitation, retrouver le sens de la mesure et construire une abondance dans la frugalité : la décroissance, c’est décroître sur le plan matériel pour croître sur le plan de la joie et de la vie ».

Serge Latouche, économiste.

Dans une perspective chrétienne, la prière et la pénitence ne sont pas là pour mettre des freins, mais dans ce contexte de désespérance et d’insouciance nihiliste qu’est le notre, nous aide à pratiquer la modération et la sobriété qui sont des voies incontournables pour commencer à changer la situation. Dès lors, l’homme est vu comme le couronnement de la nature; il a la charge de l’accompagner en devenant co-créateur, comme Saint Hildegarde le suggère dans élan d’une écologie intégrale, déjà locale et concrète.

Son invitation

 

En ces temps troubles et confus, le BX F.Ozanam invite à garder la tête hors de l’eau et à ne pas inverser la fin et les moyens : commencer par reconnaitre la valeur et la grandeur de la personne humaine.

Ce précurseur de la Doctrine Sociale de l’Église (DES) s’est interrogé sur ce qui fait société. La DSE n’est pas un règlement juridique découlant d’une révélation mais un argument  conforme à la nature de tout être humain, à partir de la raison et du droit naturel, pour mettre en application la distinction des pouvoirs, la dignité de la personne, le principe de destination universelle des biens, la loi de la charité, le principe de subsidiarité, le principe de finalité et de gouvernement qui doit rendre plus facile l’accès à ce qui est bien et ce qui est vrai. L’Église en tant qu’experte en humanité présente donc les exigences de la nature des choses non comme un code civil ou des préceptes religieux mais surtout comme des vérités objectives et de bon sens.

Dans la déconstruction notable de la société actuelle, nous voyons bien que se dessine l’avènement d’une humanité à deux vitesses. Deux conceptions s’opposent : d’une part, l’homme qui reçoit sa nature de Dieu en cultivant du sens et en prenant soin ; d’autre part, l’homme qui prétend être la « mesure de toutes choses », qui veut tout maitriser, jusqu’à la libéralisation de la recherche sur l’embryon humain  : clonage, fabrication d’embryons transgéniques (la descendance est modifiée), chimériques (mélange homme/animal) et, dans le cadre de la PMA, renforcement du tri sélectifs des embryons pour éviter tout handicap (eugénisme). Bref, l’embryon, humain est devenu au cours de ces dernières années une chose moins protégée qu’un animal. L’eugénisme est devenu démocratique selon le plan d’un meilleur des mondes.

Tout homme peut se poser cette question : « Est-ce que ma dignité consiste à m’affirmer comme sujet autonome, indépendamment de toute loi transcendante ? » Le départ routier scout, répond : « Promets-tu de conformer tes actes et tes pensées aux exigences du réel ? », le routier scoute répond : « je le promets ». Je le promets car je n’ai pas le choix, je ne peux me révolter contre ma nature, contre la réalité et les événements, ce serait me prendre pour un Dieu et aller droit dans le mur, nous sommes entrés dans un temps du désir sans noblesse, nous devons le redécouvrir et redevenir souverainement libre comme disciple du Christ tient au cœur de sa faiblesse la force  et ne se corrompre avec rien de mondain pour vivre le présent et le concret.

Nos sociétés occidentales ont vu apparaître un nouveau type de misère : la solitude de nos aînés. D’aucuns envisagent de pallier l’isolement par la multiplication des robots de compagnie. Débrancher les robots et assurer une présence humaine auprès des plus fragiles, telle est la nouvelle mission de la Société Saint Vincent de Paul. Car dans charité, il y a chair.

Charité et révolution n’ont pas tou­jours fait bon ménage. Alors que les révolutionnaires se perdent dans des considérations matérialistes évacuant la question spirituelle, les tenants de la charité pêchent parfois par manque de volo­ntarisme politique. Et pourtant, le grand Fré­déric Ozanam nous rappelle que ces deux frères ennemis peuvent se réconcilier. Hom­me de lettres, Ozanam participe à la révo­lution de 1848 à travers son journal : L’Ère nouvelle. Cet apôtre de la charité – il fonde la Société Saint Vincent de Paul en 1833, pre­mière association caritative moderne – s’est révélé un farouche révolutionnaire ! Pour lui, seul un bouleversement politique majeur permettra l’instauration des mesures sociales contre l’exploitation de l’homme par l’homme. Révolutionnaire certes, mais cer­tainement pas au sens marxiste. Plutôt que la lutte des classes, il préfère la « fraternité universelle », laquelle préfigure ce que Paul VI appellera la « civilisation de l’amour ». Car Ozanam est un spiritualiste. Il en appelle d’abord à une conversion des cœurs pour qu’advienne ensuite une révolution sociale plus concrète : une révolution sans violence pour une société du partage.

Non à la charité assistée par ordinateur !

Pour la Revue Limite.

 

[1] C’est le prolongement de la Révolution française et de ses penseurs : il se développe des courants idéologiques radicalement matérialistes et athées, n’hésitant pas à prôner la violence. Il y a d’ailleurs 2 révolutions en 1830 et 1848 et 5 régimes politiques durant les 40 ans de la vie de Frédéric Ozanam. A l’opposé des théories révolutionnaires, une pensée libérale se développe : elle va contribuer au développement d’un capitalisme souvent indifférent aux questions sociales. En résumant, l’époque est favorable à un antichristianisme décomplexé mais aussi à un christianisme de façade, très conservateur et peu social)

 

 

 


Pour aller plus loin

 

Appel pour l’abolition de toute reproduction artificielle de l’humain « Contre l’eugénisme et l’anthropocide » par Pièces et main d’œuvre et resistenze al nanomondo

Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme par les mêmes, Pièces et main d’œuvre :  – «  Et encore, « ceux qui décideront de rester humains et refuseront de s’améliorer auront un sérieux handicap. Ils constitueront une sous-espèce et formeront les chimpanzés du futur. » nous dit un chercheur en cybernétique. Nous sommes les chimpanzés du futur et nous vous appelons à la résistance contre ce néo-nazisme surgi des laboratoires. »

– La politique au sens noble sert le bien commun et n’est pas que du management et du consensus à court terme; la grandeur de l’être humain tiens aussi dans sa fragilité, nous ne pouvons daigner notre humanité en pensant devenir des hologrammes d’homme augmenté… entretien de François Asselineau et Mgr Rey :

– La justice et la miséricorde sont identiques et consubstantielles dans leur absolu nous dit Léon Bloy dans son premier roman autobiographique le désespéré : – « que penseriez-vous d’une charité d’un homme qui laisserai empoisonner ces frères, de peur de ruiner, en les avertissant, la considération de l’empoisonneur ? Moi je dis qu’à ce point de vue, la charité consiste à vociférer et que le véritable amour doit être implacable. »

Livre : Bioéthique, quelle société voulons-nous pour aujourd’hui et demain ? de Mgr Pierre d’Ornellas. Il met ici en valeur la fragilité et la vulnérabilité de l’être humain, remises en cause par les progrès technique :  » la technique seule ne guérit pas de l’angoisse » nous dit-il. Par ailleurs, un être humain est par essence certes, un être de désir mais aussi un être limité, et son désir pour être responsable doit s’inscrire dans cette limite.

– Une belle initiative (sur ce lien) d’éloge de la faiblesse

Générations fragiles, une campagne de 10 propositions très concrètes lancé par Alliance Vita, dans le but de lutter contre l’eugénisme : sur la baisse de infertilité masculine, le tourisme procréatif avec la GPA, l’isolement des personnes des plus de 65ans, la promotion de la culture palliative au détriment de l’euthanasie, etc.

Rétablissons réellement nos communes et sachons distinguer la cité et la société civile, comme il est expliqué dans ce cahier. Le changement intrinsèque de finalité : la recherche du bien commun a été remplacée par la recherche des intérêts individuels que sont un grand nombre de piège de l’individualisme libéral. Les villages étaient les poumons économiques et démographiques du pays. La ville fait monde et c’est le monde entier qui raisonne en terme de marché de l’offre et de la demande.

Vie, mort, travail, défense, foi, volonté, intelligence, mémoire, rien n’a échappée à la perversion. Au point d’avoir presque réussi à nous faire admettre que le bien était mal et le mal un bien.

Stéphanie Bignon, dans son ouvrage: la chasteté ou le chaos

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