Retour au réel #1 – Se reconquérir soi-même

Cet article a été écrit par Braconnier du Cosmos, le 23 mai 2019

Actuellement, la conversion écologique est de mise et les universités et colloques se multiplient sur le sujets. Néanmoins comme tout changement de cap sur ces modes de vies et de retrouver un certain soin aux choses et donc à l’homme, il ne faudrait ne pas oublier en premier lieu de se reconquérir soi-mêmes pour devenir un homme complet qui sait dire oui et non, en particulier dans un contexte sociétal à bout de souffle, ou en prenant un peu de recul, on peut voir une société triste de son plaisir, dépressive et rejetant toujours ses limites en débouchant in fine sur des servitudes et des addictions.

Un retour au réel pour retrouver ses sources, les héritages : grec, latin et chrétien, comme des socles de civilisation face au « juvénisme » actuel, à une société festive enfantant le désespoir et son mouvement perpétuel : « je veux tout et tout de suite, je sors de nulle part, je n’ai que des droits et je cultive mon égo ». La redécouverte de la nature de l’homme comme hériter et constructeur devient palpable, comme constaté à l’incendie de Notre-Dame où l’attachement à des pierres a démontré à quel point, la décomposition post-moderniste ne pourra tout emporter, en particulier la fidélité à notre héritage humaniste et chrétien qui assurera seul la liberté de la véritable parole comme secours face à la barbarie qui est souvent issue d’une indistinction, d’un déracinement.

Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent; la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice. Ps 84


Se connaître soi-même est d’utilité publique !

Mais voilà, dans le concret, nos vies peuvent sembler infernale et l’enfer dans certains cas, ce n’est pas que les « autres » Monsieur Sartre mais notre système de pensée fixe. Il ne faut pas confondre ce qui est naturel avec ce qui est habituel comme le remarquait Gandhi, nous devons ainsi régulièrement réformer ces habitudes (ou affections) désordonnées et sortir des pièges que sont les automatismes, les programmations, nés de nombreux atavismes, etc. et ce malgré les bonnes intentions.

Toute vie familiale, communautaire et plus largement « avec les autres » est en effet formidable, mais parfois difficile.

Loin de tout moralisme, je vous conseille la lecture d’un livre illustré de terrain pour les gestions de crise et donnant quelques clés de connaissance de soi et une compréhension de ses émotions et des ses besoins :

 

Cessez-d'etre-gentil_soyez-vrai

Ce livre est une référence en communication assertive. Mais l’assertivité, qu’est-ce que c’est ?

Elle permet de comprendre ses besoins et les autres besoins qui en découlent en respectant son élan de vie, en d’autres mots : comment se positionner avec clarté et vigueur en ayant une juste empathie (charité) pour comprendre la position de l’autre, sans démission personnelle. On la nomme aussi CNV* (Communication Non Violente). D’autres parlent, d’écologie relationnelle en prenant exemple sur la permaculture appliquée au rapport humain.

La communication assertive permet d’améliorer considérablement notre vie relationnelle, notre compréhension de soi et des autres, et notamment notre capacité à traverser des conflits. Par conséquent, elle nous permet sur le moyen et long terme, de bien faire fonctionner ensemble le cœur et l’intelligence en gardant un cap :  la relation d’abord (l’ÊTRE) et le résultat ensuite (le FAIRE).

L’homme est l’animal dont la nourriture principal est la vérité parce que son Esprit est capable de saisir l’être. R.P de Bliginière

Comme nous l’explique avec justesse Thomas d’Ansembourg : bien souvent dans un parcours professionnel on n’apprend pas spécialement à mieux se connaitre, à mieux gérer son intelligence émotionnelle et à analyser les systèmes relationnels. En effet on est surtout formé dans l’habitude de FAIRE, plutôt que d’ÊTRE, on n’a pas les clés pour mieux ÊTRE. Malgré les diplômes et le bon « habitus » de sa vie d’enfant à jeune adulte, on ne reçoit pas forcément la clé de compréhension de la vie intérieure qui permet alors, à un certain moment de sa vie, de savoir si notre chemin correspond vraiment à nos priorités, si on n’est pas étouffé dans nos prêts-à-penser, nos gentillesses de façade de type : « Tout va bien » et à l’intérieur : « rien ne va plus », nos suradaptations aux attentes des autres et les fausses sécurités qui cassent notre élan de vie, notre vraie personne derrière le personnage. De ce fait, soyons réalistes, nous sommes tous potentiellement dangereux si notre vitalité n’a pas l’occasion de s’exprimer, la violence est de ce fait l’explosion d’une vie empêchée et étouffée !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En ces temps de RIC ou de RIP, nous avons peut-être besoin en priorité de conversion avant de révolution comme le souligne justement Stéphanie Bignon, la connaissance de soi et sa portée dans les communs est de santé publique : « un pays ou tous les citoyens auraient appris depuis la maternelle à bien s’écouter pour bien se connaitre, à s’apporter une juste reconnaissance et estime de soi, à gérer leurs émotions et leurs frustrations, à écouter l’autre avec empathie… N’avons-nous pas là un puissant outil de changement social ? » nous dit l’auteur.

Il n’est pas forcément évident de respecter la nature autour de soi si l’on n’a pas appris à respecter sa propre nature et cela n’a rien d’un repli narcissique bien au contraire c’est un service rendu à la communauté pour formuler des demandes négociables et ne pas vivre à la merci de ses sentiments, tomber dans l’analphabétisme émotionnel en restant « maître de soi » face au narcissisme barbare que subis, pas à pas, nos sociétés cheminant tranquillement vers l’idiocratie.

 

*Marshall B.Rosenberg, Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), initiation à la Communication Non Violente, éditions la découverte

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