Bâtir du durable en convivialité #5

Cet article a été écrit par Braconnier du Cosmos, le 17 décembre 2018

Mieux vivre la simplicité avant la facilité: Pharmacie naturelle adaptée au milieu


Une plante doit affronter tout au long de sa vie un environnement contrasté et parfois hostile à sa croissance, entre des températures extrêmes, des rayons UV, des microbes, des parasites, une pollution de passage, etc. Elle n’a pas le choix, du fait de sa stabilité en pleine terre, et c’est pour cela qu’en guise de défense, elle déploie toute une capacité de résilience en produisant une multitude de substances actives qui lui permettent de lutter contre différentes agressions chimiques, de cicatriser, de neutraliser les microbes et les parasites, etc. Par exemple, un jeune robinier pseudoacacia va dans les premiers mois, développer des épines d’importance et ceux, sur les tiges les plus jeunes pour se protéger des brouteurs. En effet, la plupart des « fruits » contiennent des sucres et des acides organiques hydratants et antiseptiques qui sont bons pour la peau. Les plantes « aromatiques » comme le thym, le romarin, la sauge contiennent de par leurs odeurs des substances antimicrobiennes qui vont entre autres assainir les aliments. Bref, les plantes et leurs organes ont toutes des facultés de guérison potentielle. Ici, nous privilégions le préventif avant de passer au curatif… Il ne s’agit pas d’accorder une puissance et une croyance excessive aux remèdes naturels capables de tout soigner sans demander l’avis d’un médecin si les symptômes persistent. Il y a parfois de funestes exemples, comme celui d’une personne souffrante d’un cancer qui avait entendu parler des vertus médicinales des feuilles d’If (Taxus baccata) mais dont les pouvoirs médicinaux étaient dépendants d’une extraction et d’un conditionnement particulier. Paix à son âme, cette personne décèdera intoxiquée après plusieurs inhalations et infusions de feuilles d’If. Les plantes ont toutes une capacité de guérison, toutefois elles peuvent devenir très toxiques si elles sont mal employées. Mais utilisées correctement, elles traitent une multitude de petits tracas du quotidien et sont bonnes à manger.  Que l’on soit convaincu ou sceptique, se soigner de façon naturelle sert autant à dénoncer un système qu’à réacquérir des outils pratiques nous aidant à mieux connaitre notre environnement et notre rapport à celui-ci, par un long apprentissage nous incitant à revoir certaines habitudes dans nos modes de vie, pour être davantage bienveillant, soigneux et prévoyant vis-à-vis de la nature et par ricochet, des hommes. Une juste naturopathie regardant la totalité d’un individu, on parle également d’un regard holistique sur l’individu, replace la « médecine d’urgence » dans son contexte, qui aussi efficace soit-elle par ces protocoles de médicaments de type antalgique et anti-inflammatoire, peut masquer les symptômes de maladies chroniques.1 L’industrie pharmaceutique a certes soigné des maladies jadis incurables, cependant ces médicaments nous laissent assister à notre impuissance sur le diagnostic préventif de certaines maladies civilisationnelles comme le cancer, le diabète, et le Lyme2 qui peuvent mieux se soigner avec des méthodes naturelles reconnues en complément, comme le jeûne thérapeutique. Dès lors, il n’est pas étonnant de voir naitre un climat de méfiance vis-à-vis de la chimie et ses dérives mercantiles, comme le montrent les scandales sanitaires, comme des effets indésirables parfois graves de certains médicaments et des vaccins. En outre, les infections courantes et mortelles sont de plus en plus difficiles à traiter du fait de la résistance et la mutation de souches bactériennes aux antibiotiques de synthèse. Certaines huiles essentielles sont peut-être plus efficaces pour certaines maladies, car elles ont un spectre plus large. Cela fait écho à une étude de L’ONU datant du 21 septembre 2016, qui stipule qu’il n’est pas à exclure qu’en 2050, on puisse mourir d’infections bénignes suite à plusieurs conjonctures et transitions climatiques, migrations, problèmes sanitaires complexes de mégalopoles. Par ailleurs, toujours la même année, Cyclamed a collecté près de 120 000 tonnes de médicaments non utilisés par les consommateurs ! Constituer une pharmacie naturelle a ainsi pour but de soigner les petits maux quotidiens sans passer d’emblée par la case paracétamol et autres antidouleurs aux nombreux effets secondaires, avant de rencontrer un médecin généraliste si besoin. De plus, ces petites pratiques seront complémentaires avec d’autres approches de régénération que peuvent apporter des thérapies de type « jeûne », à savoir un jeûne bien accompagné et d’autres thérapies alternatives non occultes, comme par exemple la rééducation psychosensorielle « Vittoz » ou le « training autogène » de Shultz, qui permet de mieux écouter son corps. Aussi, il est connu qu’en se concentrant sur une zone douloureuse, en prenant conscience de ses membres et ses points d’appuis et en respirant profondément, on peut voir la douleur s’atténuée.

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Faire sécher ses cueillettes de plantes permet de garder, une plante le plus longtemps possible tout en gardant ces priorités médicinales.

 

Des gestes simples


Si l’on s’est brûlé : on fait couler de l’eau fraiche et on formera par un cataplasme en malaxant avec les doigts, des feuilles qui sont très actives dans le domaine cutané comme celles de plantain, pourpier, souci, camomille. Mais avant de passer au registre botanique qui demande de la pratique, il y a une quantité d’ingrédients en cuisine qui sont des remèdes contre les brûlures : la tranche de pomme de terre, le miel, toutes les gelées de fruits, la feuille de chou vert ou blanc malaxé, le yaourt nature bien frais, la tranche écrasée d’abricot, le melon, la pastèque, le concombre, une tomate, une banane, etc.

Dans une cuisine, il y a une multitude de remèdes naturels, avant de passer par la case phytothérapie botanique, aromathérapie et urgence :

=> On peut mélanger du miel et de la cannelle (incontournable contre les maux de gorge) et
un citron dans de l’eau très chaude pour soigner les rhumes,

=> Le clou de girofle calme les maux de dents,

=> La banane malaxée soigne les gerçures,

=> Le persil apaise les piqûres d’insectes,

=> Le sel avec le gargarisme d’eau salée calme les maux de gorge, pour des abcès et autre furoncles tournant au violet, le sel avec de l’argile sont un association très efficace, ainsi dans un récipient on ajoute 2 cuillères à c de sel marin non raffiné si possible, on porte au feu en remuant l’eau et le sel et on ajoute l’argile en poudre pour donner consistance à un onguent; ensuite on étale sur une linge et on applique ce cataplasme bien chaud à même le mal. On le garde toute la nuit quand on l’applique le soir et inversement, le matin pour toute la journée.

=> Le vinaigre blanc et d’alcool calme les brûlures, désinfecte les plaies et soigne les maux de
gorge en gargarisme,

=> Les feuilles de choux soignent les plaies et calment les entorses,

=> le gingembre soulage les nausées, et bien d’autres remèdes qu’on peut trouver dans des
vieux livres et almanachs de grands-mères, chaque région de France a son lot de chroniques
en la matière qu’on peut trouver dans des vides greniers.


  •  Sélection de remèdes de secours à la cuisine


Sylvie Hampikian, pour Kaizen© dans « je passe à l’acte »

Sylvie Hampikian, pour Kaizen© dans « je passe à l’acte »

 


  • Le grog urgence

C'est surtout le thym qui agira contre l'infection

C’est surtout le thym qui agira contre l’infection

 

 

Ce grog est sans alcool, en effet c’est moins drôle, mais ce n’est pas moins efficace. On fait une décoction de 33 cl d’eau avec un bâton de cannelle concassé, après 5 min de frémissement (on ne fait pas bouillir) on ajoute 2-3 branches de thym et on laisse infuser 5 minutes en couvrant la casserole (pour éviter l’évaporation trop rapide des essences de la plante) ; après on filtre avec un « chinois » en versant dans une tasse. Dans celle-ci se trouvera le jus d’un ½ citron et 1 cuillère à soupe de miel (idéalement sapin et artisanal)  et on boit bien chaud !

 

 

 

 

L’herbalisme3


En France, on peut largement rapprocher cette pratique au métier d’herboriste. Ce métier est encore menacé et peine véritablement à retrouver une reconnaissance suite à la loi de 1941 du gouvernement Pétain qui mettait fin à l’enseignement du métier d’herboriste, un gouvernement interventionniste et planificateur qui dans ce domaine et dans d’autres se révéla être des planificateurs d’avant-garde, notamment dans l’agriculture, de par la création de la « ferme des 1000 vaches ». Pour pallier cette non reconnaissance, je vous invite à lire et à suivre les travaux d’herbalistes reconnus dans le domaine comme Patrice de Bonneval, Claudine Luu, Michel Pierre et Thierry Thévenin.

Les plantes médicinales aussi appelées « les simples » sont, comme leur nom l’indique, des plantes familières faciles à trouver et aussi faciles à utiliser, et demandent juste un peu d’organisation au niveau du séchage. Dans ce domaine très large et riche, je vais juste évoquer les infusions nourrissantes pour des remèdes de fond et l’application de cataplasme pour quelques urgences.

Les « infusions nourrissantes »


L’eau a une grande capacité d’extraction de nutriments : vitamines et minéraux, protéines et flavonoïdes, etc. et les rendent ainsi bio-disponibles à l’organisme car notre corps est constitué en majorité d’eau, comme les plantes, et c’est pour cela qu’il assimile parfaitement et mieux les nutriments sous forme liquide que sous forme de gélules, ampoules, etc. Tout compte fait, une infusion nourrissante, c’est une plante qui macère dans une grande quantité d’eau durant quelques heures, ce n’est donc pas une tisane. Au moment de la cure, on compte 4 tasses par jour et 2 tasses pour un adulte en dessous de 70kg, et pour des enfants, c’est 1 tasse pour un poids compris entre 30 et 50kg. Les infusions nourrissantes se préparent dans les bocaux en verre. On y dispose 25g de plantes séchées (environ une tasse) de plantes séchées pour un bocal de 1L de ce type qu’on remplit avec de l’eau bouillante, toutefois il faut couvrir pour empêcher les essences et les vitamines de
s’échapper et la durée d’infusion selon l’organe de la plante est comprise entre 4 et 10 heures. On boit cette infusion en dehors des repas (15-20 min avant le repas et 2h après la digestion pour une utilisation optimale). Elle peut être bue chaude, froide ou à température ambiante, sucrée ou salée, avec du lait ou autre selon votre goût. Il est intéressant de savoir que ce type d’infusions peut également être utilisé pour des usages externes : nettoyant pour visage, pour cheveux, dans le bain, etc. et même comme engrais pour les plantes d’intérieur avec la consoude et l’ortie, quand on n’a pas de place pour disposer des citernes pour fabriquer du purin.


  • Quelques règles

– Comme pour tous remèdes à base de plantes, il est conseillé sur 7 jours de faire des pauses de 2 jours.

– Le séchage est important

Le séchage des plantes par bouquet. Illustration "Kaizen©"

Le séchage des plantes par bouquet. Illustration « Kaizen© »

Je croyais le contraire, en effet les principes actifs des plantes sont plus concentrés dans des plantes séchées. La saison idéale pour cueillir et faire sécher des plantes est le mois de septembre, et durant une journée sèche car on ne récolte pas en temps humide pour éviter les moisissures. On suspend les bouquets de fleurs à un fil ou un crochet dans un endroit sec, frais et obscur en  pendant les fleurs/feuilles, la tête en bas. On peut aussi étaler celles-ci dans des cagettes entre des feuilles de « papier kraft », toujours dans un endroit frais, sec et obscur. Pour la durée de séchage : 2 à 4 semaines, selon son toucher et son regard.

– Temps d’infusion, selon l’organe de la plante et pour une quantité moyenne de 30g et dans 1L dans un bocal en verre résistant de ce type :

⇒ Pour les feuilles, on compte 4 heures en moyenne ;

⇒ Les fleurs un peu moins solides (de type tilleul, achillée, etc.), pour 2 heures;

⇒ les fruits et baies (églantier, aubépine), pour 5 heures ;

⇒ les racines qui sont plus coriaces (bardane), le temps sera bien plus long en mettant un peu moins d’eau : 500ml pour 8 heures de macération ;

⇒ et pour les petites graines (de type Plantain), on laisse infuser 30min.
Les infusions se gardent au frais durant plusieurs jours. En cas d’odeur suspecte, la macération servira au jardin. Ces breuvages au gout prononcé peuvent s’accompagner par une pincée de menthe, de prèle et d’écorce d’agrumes.

D’autres conseils, ici.

 

Les favorites, (action complète et garantie sur l’organisme)


 L’incontournable Ortie, Uritca dioica (grande ortie ou petite ortie brûlante)


Reconnaissance et pratique: la récolte de tous les organes de la plante se fait de mai à octobre, la meilleure période reste le printemps pour les feuilles.

Dans son originalité, l’ortie contient 40% de protéine et elle est aussi considérée comme une plante dite adaptogène. Les feuilles fraîches sont bonnes à consommer pour l’alimentation : salade, soupe, pesto, et à titre médicinal comme un apport revitalisant et régénérant. Les graines sont récoltées à l’automne et agissent en cas d’épuisement chronique et de « burn-out » pouvant entrainer un effondrement du système immunitaire. Les racines en décoction des propriétés qui permettent d’enrayer la chute des cheveux et de soulager la prostate. Elle vaut l’équivalent de tous les compléments alimentaires en cas de fatigue, de plus elle a presque tout pour elle en minéraux : calcium, magnésium, zinc, fer, protéine, vitamines A, C et K. En outre, elle solidifie les os et prévient
l’ostéoporose, et elle a encore d’autres priorités au niveau de la glycémie, stress, etc. Enfin, elle a bien d’autres secrets à révéler.


L’abondant trèfle rouge, trifolium pratense


Reconnaissance et pratique : la récolte des fleurs est de mai à octobre.

Le trèfle agit sur les constipations chroniques, les toux sèches, la bronchite et la coqueluche, mais il est aussi actif sur les dystonies d’origine nerveuse en réduisant l’anxiété chronique et aide à mieux gérer le sevrage du tabac. On évite de l’utiliser durant de longues périodes (max 2 à 3 semaines) au quotidien parce qu‘il peut fluidifier le sang. Les feuilles peuvent être utilisées en cataplasme pour les problèmes de peau de type acné, psoriasis et eczéma.


Le généreux sureaux, sambus nigra


Reconnaissance et pratique : on prélève les fleurs et les fruits sur l’arbre et non sur la plante herbacée qui elle est toxique. La récolte des fleurs se fait de mai à juillet et les fruits en septembre et octobre;

Les fleurs sont plus adaptés pour les problèmes de fièvres, grippes, rhumes, bronchites, toux, et sur les enfants elles agissent sur les maladies infantiles comme la rougeole et la varicelle, mais aussi pour les congestions des sinus et les rhinites.


  • Autres recettes « au jardin et au champ », glanées ici et là

– Ail des Ours : Tout se mange dans les feuilles, on en fait souvent un très bon pesto. Après la floraison, les petites inflorescences contenant des graines noires* se consomment et se conservent comme des cornichons.

*On les brosse et on les place dans un gros bocal pour les recouvrir de gros sel, on secoue et on laisse reposer tout une nuit. Le lendemain on rince les graines, on les sèche et on les repartit dans d’autres bocaux pour les recouvrir totalement de vinaigre. Les bocaux doivent être hermétiques.

– Sirop de Rose : On exploite les pétales de roses bien ouvertes et non traitées qu’on mélangera dans un grand bocal avec 2 citrons coupés en rondelles. A côté, dans une casserole on mélange dans 1L d’eau 1kg de sucre et 1 c. à soupe d’acide citrique (équilibre le PH et aide à la conservation), on fait chauffer en remuant, et dès que le sucre est bien dissous, on porte à ébullition et on retire du feu pour verser directement dans le mélange du bocal qui sera refermé hermétiquement et on le laisse là toute la nuit. La dernière étape sera de verser l’ensemble dans une casserole qu’on porte à ébullition, de filtrer et de verser dans des bouteilles en verre de 75cl.On privilégie les roses sauvages et les roses anciennes parfumées mais il n’existe pas de roses toxiques, les botaniques sont tout à fait comestibles s’il n’y a pas de trace de traitement.

La pimprenelle qui se transplante et de divise facilement, à toute saison.

La pimprenelle se transplante et se divise facilement et à toute saison.

Pimprenelle : un goût de concombre qui se glisse dans une salade

Cardamine hérissé : Des feuilles croquantes et légèrement piquantes qui ressemblent au
cresson.
La paquette : comme les fleurs de marguerite, les fleurs se mangent et ont un léger got de
noisette.
L’égopode podagraire : Des jeunes feuilles au goût de carotte, persil et cèleri qui se cuisent
comme les épinards, mais les feuilles crues relèvent très bien une soupe ou un taboulé.

 

 

 

 

 


Le tout terrain plantain, Plantago lanceolata


Reconnaissance et pratique : La récolte des feuilles se fait toute l’année. On privilégie les plus jeunes qui renferment un mucilage qui favorise la digestion et on récolte les graines avant le brunissement sur la tige.
Dans la nature, on l’utilise en cataplasme et en compresse4, elle cicatrise toutes formes de plaies ou d’inflammations comme les ampoules des marcheurs, les échardes des cueilleurs, les piqûres d’insectes et soulage toutes irritations malencontreuse, dues à la cueillette de plantes, comme l’ortie par exemple.

En utilisation interne, le plantain en infusion nourrissante5 (pour 30g, en feuilles séchés) est efficace contre un grand nombre de maux relatifs aux problèmes respiratoires chroniques comme les rhumes, les rhumes des foins, les allergies, les maux de gorge, les angines, les aphtes, la toux sèche mais aussi les sinusites, les ulcères, la diarrhée et la constipation et autres pathologies urinaires et liées à la digestion. De surcroit, le plantain avec le thym sont deux plantes à allier en cure d’automne, avant de rentrer dans l’hiver pour renforcer le système immunitaire mais aussi pour éliminer les toxines et les métaux lourds. Les graines de plantain sont comestibles et se mélangent dans une salade, et sont riches en omega-3. Pour revenir sur les feuilles, elles sont bien plus riches en calcium, en vitamine, en protéine et en zinc que les feuilles de batavias et autres laitues.


La joyeuse aubépine, Crataegus spp, monogyna et oxyacantha


L'aubépine, tant courante et fidèle dans les haies bocagères

L’aubépine, tant courante et fidèle dans les haies bocagères

Reconnaissance et pratique: les feuilles, les fleurs et les fruits. La récolte des fleurs se fait en mai et celle des fruits de septembre à octobre ;

La plante est plus que reconnue pour lutter contre les problèmes du rythme cardiaque (elle est un régulateur du rythme) : arythmie, tachycardie, etc. et plus largement sur les problèmes nerveux : anxiété, insomnie, troubles de la mémoire et de la concentration, Alzheimer. Ce sont les sommités fleuries qui sont principalement utilisées et qui peuvent décorer les salades. Les baies appelées « cenelles » sont utilisées en premier lieu pour être transformées en purée et ajoutées à de la farine afin de confectionner des biscuits et des galettes car elles sont farineuses et fades  mais particulièrement antioxydantes et bonnes en confiture, comme le sureau et le cynorhodon (fruits de l’églantier, Rosa canina ; la récolte des fruits en septembre et octobre) ; et enfin pour les préparations à base de miel.

Comment faire un cataplasme dans la nature, « je passe à l’acte » chez Kaizen©

Comment faire un cataplasme dans la nature, « je passe à l’acte » chez Kaizen©


La vénérable achillée millefeuille, Achillea millefolium


Reconnaissance et pratique: Toute la plante est comestible. On mange crues les jeunes feuilles que l’on découpe très finement et qui font de bons ornements pour les assiettes (salades et omelettes). Au bout de quelques mois, elles deviennent plus coriaces et plus amères et sont meilleures après une petite cuisson. Toutefois, ce sont surtout les fleurs qu’on fait infuser pour leur usage médicinal. Celles-ci se récoltent entre mai et septembre.

Un feuillage unique très découpé et les tiges ne partent pas de la même base, à la différence des plantes de la famille des Apiacées dont la grande ciguë en faisant et qui est très toxique

Un feuillage unique très découpé; les tiges ne partent pas de la même base, à la différence des plantes de la famille des Apiacées dont la « grande ciguë » en fait partie.

Si vous vous coupez ou que vous saignez du nez, on peut prendre une feuille ou une fleur: l'écraser pour sortir le jus (cataplasme, les molécules actives sont dans le jus), vous l'appliquez sur la plaie et le sang s’arrête de couler immédiatement, c'est assez miraculeux

Si vous vous coupez ou que vous saignez du nez, on peut prendre une feuille ou une fleur: l’écraser pour sortir le jus (cataplasme, les molécules actives sont dans le jus), vous l’appliquez sur la plaie et le sang s’arrête de couler immédiatement, c’est assez miraculeux.

 

Les vertus de l’Achillée sont très nombreuses, notamment par ses feuilles, découpées en fines lanières courtes et en grand nombre (dit millefeuille), qui renforcent le système immunitaire en cas d’infection. C’est une antibactérienne majeure, anti-infectieuse, cicatrisante, anti-fatigue. Elle soulage les rhumes, bronchites et tous problèmes ORL, elle aide les problèmes de circulation sanguine et favorise tous types de convalescence. On peut utiliser ces feuilles pour tous cataplasmes d’urgence pour cicatriser les coupures, ces mêmes feuilles à l’odeur si particulière qu’on obtient en broyant entre ses doigts est répulsive contre les moustiques et les tiques.
Attention, à ne pas confondre avec la Grande Ciguë au tout début du printemps, on évite les infusions nourrissantes et les tisanes avant la puberté, les périodes de grossesse/allaitement et pendant des traitements anticoagulants.


La coriace consoude, symphytum officinale


 

La consoude de Russie

La consoude de Russie

Reconnaissance et pratique: Tout est comestible dans cette plante. Les feuilles jeunes peuvent être ajoutées dans les salades, mais elles sont assez rudes et selon « l’éveil sauvage », il ne faudrait pas dépasser la dose de 69 g/jour de feuilles fraîches pour une personne de 60 kg, du fait d’une grande présence d’alcaloïdes pouvant être toxiques pour le foie. Ainsi, elles sont surtout bonnes cuites pour tout type de recettes de beignets et non en grosse quantité pour les salades, de par leur rudesse et leur côté râpeux. Les boutons floraux se cuisinent à la façon des « asperges ». Le goût de la plante est très iodé, à forte odeur de poisson.

C’est pourquoi on l’utilise surtout en cataplasme et en baume. Comme son nom l’indique, elle a la capacité de ressouder les fêlures et les cassures de par sa richesse en allantoïne et en silice. En cas de foulure et entorse durant une randonnée, elle est un bon complément avec l’huile essentielle d’Helycrise italienne; la feuilles à poser sur la peau est efficace contre toutes sortes de contusions, hématomes, élongations, acné, brûlures, mais aussi sur les plaies quand on pas d’achillée millefeuille autour de soi.


Voici une liste non exhaustive, d’autres plantes aux actions spécifiques


– Les fleurs du très généreux tilleul, Tilla cordata


– les feuilles et les fleurs de la douce molène, Verbascum thapsus ;

– les sommités fleuries du rustique avoine, Avena sativa ;

– les feuilles du rugueux  framboisier, Rubus spp ;

– les racines de la grande bardane, Arctium lappa ;

– les feuilles de l’équilibré mouron des oiseaux, Stelleria media ;

 

La potion d’hiver : miel et plantes


Le miel, en plus d’être un désinfectant remarquable, est hygroscopique, c’est-à-dire qu’en absorbant l’eau des plantes, il extraie en parallèle les composants solubles et les huiles essentielles (molécules actives) des plantes.

La potion d'hiver

On remplit un bocal (image ci-contre) de plantes et on le remplit avec du miel qu’on chauffera légèrement pour le liquéfier et recouvrir les plantes, et on mélange bien avec une baquette pour homogénéiser. On laisse infuser de 24h à 6 semaines pour une efficacité optimale, à chacun de tester. Avant consommation, on re-liquéfie le miel. Les herbes réceptives à ce type d’infusion sont : l’anis (galactagogue), la camomille (diarrhées), les graines de fenouil (constipation), la mélisse (nerveux, insomnie) mais encore la lavande, la menthe, les pétales de rose, la monarde, les fleurs d’aubépine, le romarin, la sauge, le millepertuis, la verveine, l’achillée, le thym, l’hysope, le radis noir et enfin, l’ail (image ci-dessus), qui soignent toutes les infections ORL, grippes (en cas de fièvre et excès de mucus). Pour cela, on remplit un petit bocal jusqu’au ¾ d’ail non coupé et non épluché. On ajoute le miel pour tout recouvrir et on ferme. On peut le consommer 24h après si urgence.

D’autres formules, plus rapides en préparation en ce qui concerne les maux d’hivers.


  • Un sirop anti-rhume « notre Pin quotidien »

Selon les forêts environnantes près de chez vous, sachez que tous les conifères, comme tous les arbres, produisent des « phytoncides »7. Chez les conifères, ils sont plus parfumés et sont appelés « les terpènes ». Ils ont plusieurs facultés, dont le pouvoir de renforcer le système immunitaire et d’être expectorantes. En aromathérapie, les HE de conifère ont tout un pouvoir de tonicité et sont toutes potentiellement « antitussives ». Ici, c’est toute la famille des Abies (sapin), des Pinacées (mélèze, épicéas et pin) qui sont actives et cela fait déjà environ une quarantaine d’arbres ! Je ne conseille pas d’utiliser d’autres familles sans l’avis d’un spécialiste, certaines comme les taxacées avec l’If pouvant s’avérer dangereuses, voire mortelles. Pour 3-4 poignées de jeunes pousses, un citron et 1 kg de sucre => on lave les jeunes pousses au vinaigre blanc et on les met à cuire avec 80cl d’eau jusqu’à ce que la couleur des pousses s’éclaircissent. On filtre le liquide dans une autre casserole. Ensuite, on ajoute le jus du citron et le sucre dans cette casserole, en remuant jusqu’à ce que le sucre fonde. On laisse frémir à feu très doux pendant 1 heure, jusqu’à épaississement du liquide qui deviendra un sirop. A la fin, on verse dans des pots à confitures propres, on ferme et on les place à l’abri de la lumière. Conservation = 1 an. Ce sirop s’utilise dans les tisanes avec 1 c. à soupe de ce sirop.

La différence entre infusion et décoction, « je passe à l’acte » chez Kaizen©

La différence entre infusion et décoction, « je passe à l’acte » chez Kaizen©

 

L’argile : la terre qui nourrit et qui soigne


Je voudrais davantage évoquer ici les utilisations internes des argiles avant de parler des applications cutanées. D’une part, il est préférable de distinguer l’argile blanche « kaolinite » pour les plaies et l’argile verte « Montmorillonite ».

En interne, l’argile verte est bonne à boire pour les transitions de saison, elle détoxifie et reminéralise (ses propriétés se retrouvent particulièrement dans l’Ortie), elle est une bonne « chambre à air » dans les pays tropicaux en cas d’infections intestinales de type « tourista ». Quant à l’argile blanche, elle agit en interne pour soigner ballonnements et brûlures gastriques. En pratique : C’est un verre, 1 fois par jour. On laisse reposer 3 heures minimum, ou mieux, toute la nuit et on boit le matin, à jeun. Selon l’avis d’un thérapeute, les cures de détoxification se font sur 15 jours en faisant une pause de 2 jours. En application externe, les deux argiles nettoient la peau, mais on privilégiera la verte, plus pour les hématomes, contusions, foulures et entorses, tendinites… La blanche est plus adéquate pour nettoyer les plaies, les panaris, les furoncles, les aphtes, etc. En pratique : On prépare toujours l’argile dans un récipient en verre (pas en métal) ou en bois. L’apport en l’eau se fait au fur et à mesure. De là, le mélange est bon quand on obtient une pâte onctueuse de type dentifrice. Venons-en à l’application du cataplasme, qu’il est mieux de poser avec une compresse, et qu’on laisse poser quelques heures en le renouvelant 2 à 3 fois par jour. Finalement, tous ces remèdes ne remplacent pas une bonne alimentation dégagée d’idéologie Végan ou de prescriptions religieuses. Il s’agit aussi d’acquérir l’esprit du sacrifice (effort) bien compris par la pratique du jeûne qui peut permettre de mieux être avec soi et donc avec les autres. Vous trouverez ici d’autres clés.

Pour aller plus loin, quelques ouvrages de référence


– Phytothérapie, la santé par les plantes de 2007 de Paul Geote, Michel Paris ;

– Sylvie Hampikian, cueillette sauvage sans risque, terre vivante ;

– Michel Pierre, la bible des plantes qui soignent, édition du chêne, paris 2017 ;

– Jean Marie Pelt, les nouveaux remèdes naturels, quand la nature guérit… ;

– Mes créations d’huile essentielles sur terre vivante… ;

– Claudine Luu, 250 remèdes à faire soi-même chez terre vivante;

 

=>Sur internet, on peut trouver des informations fiables sur l’usage de plantes médicinales :

– Connaitre et fabriquer des remèdes avec les plantes avec Christophe Bernard;

– Les stages de terrain de Christophe de Hody pour le chemin de la nature.

– vulgaris-médical.com, onglet encyclopédie de phytothérapie,

– le site collaboratif wikiphyto.org,

– le petit herboriste.net

– phytomania.com

Cet article dépend du thème Terrain.

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